Bilan

Startup Weekend, le succès d'un marathon entrepreneurial

Créer son entreprise en trois jours: la dixième édition suisse du Startup Weekend s’est tenue samedi et dimanche derniers à Genève. Immersion dans un univers d'innovation.
  • L'équipe "Braddme".
  • L'équipe "Follow me".
  • L'équipe "Monkey Team".

Une plateforme de rencontres, une marque de bière pour les femmes ou encore un site de journalisme d’investigation. Voici quelques-uns des projets nés lors du dernier Startup Weekend qui s’est achevé dimanche soir à Genève. Les participants avaient 54 heures pour monter leurs entreprises. 54 heures de discussions intenses, de rires, d’échanges et surtout de travail. Retour sur un véritable marathon entrepreneurial.

Ils s’appellent Nader, Yue, Leila, Marina, ou encore Geneviève. Tous ont choisi de rejoindre l’équipe de Brady. Son projet: un site de rencontres qui met en avant les défauts des gens plutôt que leurs qualités. «L’idée m’est venue cet été, confie ce jeune informaticien de 26 ans. Une amie m’a raconté qu’elle avait testé plusieurs sites, mais qu’aucun d’entre eux ne lui avaient vraiment plu.» Leurs problèmes? «Ils proposent des profils lisses, loin de la réalité. Et ce que les gens veulent, ce sont de vraies rencontres avec de vrais gens qui ont, par conséquent, des défauts bien réels. Pourquoi ne pas en jouer?»

L’importance du brainstorming

Samedi 09h00. Comme les onze autres équipes, celle de Brady qui s’est formée la veille a maintenant jusqu’à 16h30 dimanche – heure du pitch devant le jury – pour monter un projet qui tienne la route. L’effervescence est palpable. Les suggestions fusent. On se tient la tête entre les mains, on se contredit, on soupire et finalement on parvient à se mettre d’accord. Pour un instant du moins. «Je sais que je suis de nature stressée. Mais là, j’ai vraiment l’impression qu’on n’y arrivera jamais. On part dans tous les sens», s'inquiète Yue, 27 ans, active dans le consulting. «C’est comme ça quand on est aussi nombreux, c’est un avantage car on a beaucoup d’idées mais il est difficile de se canaliser.»

Samedi 15h00. Plusieurs groupes sortent pour faire remplir des questionnaires dans la rue. «Les projets seront jugés en fonction de la validation client, de ce qui a effectivement été produit durant le week-end, du business model et du potentiel de l’idée», a rappelé Alexis Moeckli, coorganisateur de l’événement, aux coachs. Ces derniers, présents pendant les trois jours, ont la tâche d’aiguiller les équipes et de les accompagner, si possible, jusqu’à la victoire. «Pour cette dixième édition, on a décidé de revenir aux fondamentaux des Startup Weekend, à savoir favoriser la débrouillardise. Aucun outil n’est donc imposé.»

En fin de journée, Yue, Leila et les autres discutent toujours. A l’étage inférieur, l’ambiance est tout autre, plus calme. L’équipe «drone data» s’est rapidement divisé les tâches. Elle travaille en silence.

Si le brainstorming est crucial dans la création d’une entreprise, chacune des équipes s’y prend très différemment. Mohamed Koujili, ingénieur en électronique, fait partie du team des drones. C’est sa deuxième expérience à un Startup Weekend: «La dernière fois, j’étais dans un groupe avec des personnes venues du marketing. Ils ont discuté le concept jusqu’à la dernière minute, c’était totalement différent», se rappelle-t-il. «Nous les ingénieurs, nous prenons une décision et après nous fonçons. Ces week-end sont super déconcertants. Tu te prends une gifle. J’adore ça. Tu te rends compte que les gens ne fonctionnent pas comme toi, ça ouvre l’esprit.»

L’idée ne fait pas tout

Dimanche matin 09h00. La nuit a été longue et la journée qui attend les participants va l’être plus encore. La fatigue se fait sentir, certains manquent à l’appel, probablement encore plongés dans des rêves remplis de business plan. Pour ceux qui sont déjà présents, c’est reparti. Objectif: préparer la présentation. Brady a repris son rôle de leader. «Hier nous nous sommes dispersés,» commente Leila, 31 ans, avocate. «Aujourd’hui nous sommes plus au clair.» Au fil de la journée, la tension monte. Certaines équipes semblent plus sûres que d’autres, mais rien n’est encore joué. On répète une dernière fois son pitch, on règle les derniers détails et il est déjà l’heure.

Les présentations s’enchaînent: une application pour pouvoir s’habiller en fonction de la météo, un treuil pour les sports de glisse, un projet de tourisme équitable. Malgré le stress de certains participants et quelques problèmes techniques, l’ambiance reste bon enfant. Les groupes sont solidaires. Pendant que le jury délibère, les équipes peuvent enfin souffler.

Verdict? La première place revient à Brady et son équipe pour le site «Braddme». Ils sont suivis de la «Monkey Team» avec son treuil pour le wakeboard et autres sports de glisse. En troisième position arrive le projet «Follow me» qui propose d’utiliser des drones pour filmer des exploits sportifs.

«Les présentations des équipes gagnantes étaient très bonnes, confie le coach Laurent Perruchoud. L’idée a beau être très bonne, si elle est mal amenée elle ne convaincra pas.» Un autre élément entre en jeu, c’est la capacité de collaborer. «Il faut trouver une entente au sein des groupes. Dans une équipe qui se constitue, des leaders vont apparaître, chacun va avoir un rôle différent. Le dialogue pour connaître les besoins et les motivations de chacun est nécessaire et essentiel», ajoute Wouter van der Lelij, fondateur du site d’emploi JobUP et parrain de la manifestation.

Et après?

«Génial,» Brady n’a qu’un mot pour résumer le week-end qu’il vient de vivre. «J’étais venu ici pour tester mon idée. Maintenant, je suis plus convaincu que jamais. Je veux mener plus loin mon projet.»

Sur les onze éditions qui ont déjà eu lieu en Suisse, dix startup sont nées. «En moyenne, une entreprise par édition est lancée», commente Alexis Moeckli. Mais le but de l’événement, rappelle-t-il, est surtout et avant tout «d’éduquer les entrepreneurs par la pratique.»

Leila Ueberschlag

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