Bilan

Signa-Terre ausculte l’efficacité énergétique du domaine bâti

La PME sise à Genève analyse annuellement près de 4800 immeubles. Et développe des solutions informatiques.

«Au rythme actuel, il faudra cent ans pour rénover entièrement le parc immobilier suisse. Or nous ne pourrons pas nous payer le luxe d’attendre autant. Mais si tout le monde veut rénover en même temps, ce sera la panique», prévient Laurent Isoard, 45  ans, cofondateur et directeur général de Signa-Terre. Ce dernier est un passionné des questions environnementales et énergétiques. «Notre objectif est d’éviter que les gens passent à côté de leur rénovation.» Après dix-sept ans dans l’immobilier, il crée Signa-Terre en 2008 avec Olivier Ouzilou, ancien directeur du Service cantonal de l’énergie à Genève. La start-up, soutenue dès juillet 2008 par l’association d’aide à la création d’entreprises Genilem, reçoit un coup de pouce décisif de la régie Brolliet qui accepte d’être le premier client-test. D’emblée, le programme informatique mis au point par Signa-Terre tourne sur les 500 immeubles gérés par cette régie. En trois ans, ce chiffre va décupler.

Sensibles aux enjeux énergétiques, les clients régies et grands propriétaires ne se sont pas fait attendre. Actuellement, la PME travaille pour 15 régies et 7 fonds institutionnels (dont Rentes Genevoises et La Foncière). «Les régies viennent nous voir pour obtenir un diagnostic, des étiquettes énergétiques. Cela sert de comparatif.» La start-up traite l’ensemble des flux: électricité, chauffage et eau. Le contrat de base s’étend sur trois ans.

Des audits de plus en plus poussés

Au démarrage, Signa-Terre ne proposait que son produit ImmoLabel, une solution automatisée qui produit des étiquettes énergétiques des bâtiments en fonction de leur consommation et permet d’envisager un processus de certification ISO 50 001. Chaque immeuble est contrôlé annuellement afin de déceler les dérives et garantir l’évaluation de l’impact des actions d’assainissement entreprises. Ce prédiagnostic d’immeuble détermine les enjeux et les potentiels d’actions à mener. Il peut être complété d’un audit énergétique avec ImmoDiag, de recommandations relatives aux rénovations primaires avec ImmoParc et d’une analyse financière ImmoFine pour faciliter l’impact économique d’une éventuelle rénovation et de ses rendements.

En quatre ans, Signa-Terre a investi un million de francs pour développer un ensemble de solutions informatiques dédiées. ImmoLabel reste en quelque sorte le produit d’appel, peu coûteux. Seuls 10% des immeubles font l’objet d’un audit avec ImmoDiag. «Nous en avons réalisé environ 350 à ce jour. Les régies peuvent également mandater d’autres sociétés. Nous développons et travaillons en partenariat avec Bonnard & Gardel (BG) pour les audits énergétiques.» Aujourd’hui, la start-up genevoise salarie 10 personnes en direct, mais 7 autres emplois chez ses partenaires sont liés à son succès. Enfin, Signa-Terra a développé ImmoConcept, un audit encore plus poussé, pour lequel elle collabore avec un architecte spécialisé et avec un bureau d’ingénieurs. «Nous avons développé ensemble un concept cohérent. Par exemple, si l’architecte propose de vitrer les balcons pour créer des loggias, cela débouche sur une mesure énergétique validée par l’ingénieur.» Signa-Terre s’est également illustrée avec le «smart metering» avec les solutions Green E-Value. Cette technologie permet aux locataires et aux propriétaires de connaître leur consommation énergétique en temps réel, avec des outils d’alerte. Realstone, le fonds immobilier lausannois, s’est associé à Neo Technologies et avec Signa-Terre pour lancer cette innovation à Lausanne en équipant six immeubles. Des discussions sont en cours pour mener d’autres projets de ce type.

Crédit photo: Dr

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Du même auteur:

Le capital-investissement connaît un renouveau en Suisse
Le Geneva Business Center de Procter & Gamble récompensé pour ses RH

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."