Bilan

Servette: le bonheur retrouvé

Les sponsors répondent présent, les spectateurs aussi. Servette fait un retour très attendu en Super League de football pour la saison à venir. Didier Fischer, le président du club genevois, se réjouit «comme un fou».

Le retour de Servette dans l'élite du football suisse s'accompagne d'une remontée des ambitions autour du club.

Crédits: Keystone

Après des années de purgatoire, où il a frôlé la disparition  à plusieurs reprises, Servette est enfin de retour en Super League, l’élite du foot suisse, la place qu’il n’aurait jamais dû quitter. Mieux: le club a regagné la confiance des Genevois. L’engouement est là, ça se sent.

 Le président Didier Fischer, entrepreneur et vigneron, qui en 2015 a repris un club au bord du gouffre, a réussi son pari avec le soutien de la Fondation 1890, fort de mécènes aussi généreux que soucieux d’anonymat.

«Servette est une marque qui appartient à Genève»

Didier Fischer. (Keystone)
Didier Fischer. (Keystone)

N’a-t-il pas peur à quelques jours du premier match contre l’ogre YB, double champion en titre? Il sourit. «Pas de crainte, mais de l’anxiété, oui. On va vite voir si l’on a fait juste ou faux dans la gestion du contingent. Mais on se réjouit comme des fous. C’est comme lorsqu’un vigneron goûte le premier vin après les vendanges.»

Est-il fier de ce qui a été accompli? Réponse avec l’humilité qui ne le quitte jamais: «Fier des autres, de tous ceux qui m’entourent. Ils ont tous bossé, ils n’ont rien lâché, ils ont cru au projet, avec résistance et acharnement malgré les écueils, les problèmes.»

Fin mai, plus de 20'000 spectateurs dans un stade de la Praille en folie ont porté Servette lors du match crucial contre Lausannne. Genève croit à nouveau en son Servette. Didier Fischer n’est pas étonné. «Servette est une marque qui appartient à Genève. A un moment, les Genevois avaient presque honte d’en parler avec tout ce qui s’est passé. Aujourd’hui, ils ne veulent plus d’effet d’annonce, de gens parachutés, ils veulent des résultats. Servette est un vrai projet à la sauce genevoise.»

Le nombre de sponsors a doublé

Et d’ajouter que «si à Genève on sait créer l’événement, les gens viennent. Ils veulent vivre une expérience avec de vrais enjeux. En plus, alors que les affaires plombent la politique, l’ascension arrive à un moment où les gens ont un vrai besoin de s’enthousiasmer.»

Les chiffres témoignent de cet enthousiasme retrouvé. 700 nouveaux abonnés, 240 business seats vendus, 32 loges VIP à 40'000frs louées. «Des familles genevoises fortes souvent de trois générations, des entreprises de la finance, de l’immobilier.» Plus révélateur encore: le nombre de sponsors qui a doublé. On s’est bousculé pour décrocher sa place sur le maillot, la meilleure vitrine, autour de Balexert, le partenaire principal: Transvoirie, Ochsner Sport, Berney Associés, m3 Groupe immobilier. Kentucky Fried Chicken s’affichera sur la cuisse gauche, Ace & Company, une société internationale d’investissement basé à Genève, sur la gauche.

A parler avec les sponsors, on sent cette confiance retrouvée, cette envie de faire partie d’une belle aventure. «Malgré les montées et les descentes que j’ai vécu comme supporter, l’image de Servette est restée très forte, souligne Adam Said, jeune patron d’Ace & Company. Le club est important pour le tissu et la cohésion sociale et on sent aujourd’hui un vrai engouement derrière. Genève est une ville qui rayonne à l’international, pourquoi Servette n’y contribuerait pas? C’est une fierté pour une société comme la nôtre de s’engager dans un si beau projet même si en Super League, le pari n’est pas gagné d’avance.»

L'ambition sans limite

Analyse partagée par Ivan Haralambof, directeur de Balexert, plus grand shopping center de Suisse romande. «Si riche en tradition, Servette fait partie de l’ADN des Genevois. Genève mérite une équipe au plus haut niveau. Jusqu’ici, les joueurs ont fait le boulot, avec une attitude exemplaire, du beau jeu, aux supporters de suivre. Il y a quatre ans, il n’y avait plus rien. Or, Servette a regagné la confiance et la sympathie des Genevois, merci à Didier Fischer et son équipe.» Et Vincent Chapel, patron de Transvoirie, d’ajouter: «Nous avons envie de nous impliquer dans la renaissance du Servette, d’accompagner ces jeunes surtout que le projet est solide et sérieux. Ce qui se passe en ce moment est vraiment chouette.»

«Enormément!»: la réponse fuse quand on demande à Didier Fischer s’il éprouve du plaisir dans son rôle de président. «On est une entreprise de spectacles et les retours sont très directs. «Vous nous avez redonné un morceau de fierté. Vous avez refermé des blessures. Je reconnais enfin mon Servette. C’est génial d’entendre cela.» Vivier unique de talents en Suisse, Servette, ces dernières saisons, a vu ses plus grands talents (Mbabu, Bua, Zaccharia) s’exiler. La Super League devrait freiner l’hémorragie. «On va pouvoir leur offrir un vrai plan de carrière. On est en haut et ça change tout.»

Dans les objectifs affichés par le président, pas question de simple maintien: «Si vous parlez maintien, les joueurs vont péter de trouille. Or, ils doivent avoir du plaisir, s’arracher, faire envie.» Servette, comme par le passé, rivalisera-t-il un jour avec les ténors, YB et Bâle? «Il n’y a aucune raison de dire que c’est impossible, conclut le président. Genève compte 64 clubs, des joueurs de 150 nationalités, des entreprises de haut niveau Tous les éléments sont réunis. Pourquoi ne pas être ambitieux?»

Bertrand Monnard*

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