Bilan

Seabubble veut se profiler pour la ligne Anières-Versoix

Après le refus des citoyens d’installer un shuttle de la CGN entre Anières et Versoix, l’entreprise Seabubbles souhaite proposer ses hydroptères non polluants pour relier les deux rives en 8 minutes.

  • Seabubble a voulu installer de manière provisoire un dock design pour recharger ses bulles électriques. Le projet a été, pour l'heure, refusé par les autorités.

    Crédits: Francis Demange
  • Les deux fondateurs du projet Seabubble: Alain Thébault et Anders Bringdal.

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  • Le Prince Albert de Monaco, très soucieux de proteger l'environnement, souhaiterait une version plus grande du Bubble pour sa cité Etat.

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  • L'entreprise cherche des partenaires dans la technologie pour industrialiser son projet.

    Crédits: Francis Demange

Genève, ville parmi les plus embouteillée au monde, pourra-t-elle enfin exploiter son lac pour améliorer la mobilité terrestre devenue infernale, autant pour les utilisateurs des transports publics que pour les automobilistes ou encore les cyclistes ? Après les lenteurs et les blocages concernant la future construction d’une traversée de la rade, les habitants d’Anières ont refusé en majorité, ce week-end, d’installer une navette lacustre entre leur village et Versoix, prétextant des coûts non maîtrisés et des nuisances au niveau des véhicules venant se parquer pour embarquer sur le lac.

Alain Thébault et Anders Bringdal, fondateurs de l’entreprise Seabubble, qui ont réalisé des tests de ligne et des tests techniques concluants sur le Léman durant tout l’été, veulent proposer une alternative aux bateaux de la CGN, avec des bulles électriques non polluantes. L’équipe espère pouvoir installer rapidement un prototype des hydroptères volants entre Anières et Versoix, permettant ainsi aux habitants de joindre les deux rives en 8 minutes, alors qu’actuellement il faut compter 1h15 – lorsqu’il n’y pas de bouchons - pour une traversée terrestre.

Blocages administratifs

Cet été, Seabubble a mené des tests sur le lac afin de répondre aux différentes normes administratives et recevoir les autorisations nécessaires à son déploiement. L’entreprise a également construit un dock design, qu’elle souhaitait aménager de manière provisoire en face du jardin anglais (GE). La station solaire de recharge financée par l’entreprise pour un montant d’ 1,5 millions de francs n’a pourtant pas pu être installée. En effet, la demande d’autorisation de construire faite au canton via son mandataire EDMS a été refusée par le service cantonal des monuments et sites, estimant que le projet dénaturait le paysage et nuisait aux pêcheurs. L’écrin des Bubbles ira dès lors s’installer à Paris au printemps prochain, où les autorisations ont enfin été délivrées.

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La société a également un projet à Ramatuelle pour le fameux établissement le Club 55, qui a commandé deux bulles pour ses clients privés, ainsi qu’à Monaco ( le Prince Albert s'interesserait à une version à 12 places) et à Dubaï. La cité des Emirats, tout comme d’autres villes d’Europe et des Etats-Unis, souhaite des modèles sur-mesure, parfois autonomes, pouvant accueillir jusqu'à 100 personnes. 

Malgré les longs processus d’autorisation propres à chaque pays Alain Thébault et Anders Bringdal ne désespèrent pas : « Comme avec tous les produits disruptifs, il faut que nous soyons patients. Les normes doivent êtes mises en place pour accueillir les nouveaux acteurs de l’innovation ». Ainsi, grâce à son systèmes à foils, les Bulles, contrairement aux bateaux traditionnels, ne polluent pas, ne font pas de vagues, ni de bruits et sont résistantes aux catastrophes naturelles. Dès lors, la réglementation traditionnelle lacustre doit être modifiée pour ces sortes de « tapis volants » sur l’eau.

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Une série de 5 Bubble Taxi pilotes pouvant accueillir 5 personnes ont déjà été construits sur le chantier Décision à Ecublens. Pour les nouveaux prototypes, l’entreprise a collaboré avec ABB pour tout ce qui concerne la technologie et surtout les solutions de recharge électrique, voulant faire de leurs bulles les TOSA du lac. Aujourd’hui, Seabubbles aimerait industrialiser son projet en trouvant des partenaires et des investisseurs prêts à collaborer avec eux. Et puis, il y a l’ambition d’aller plus loin en proposant à terme des bulles à hydrogène, « une technologie qui succèdera aux batteries ».

Lignes pilotes

Pour l’heure, les deux entrepreneurs aimeraient commencer par mettre en place trois lignes pilotes, l’une à Paris et les deux autres à Ramatuelle et Genève. « Il y a encore des blocages administratifs et des homologations à obtenir mais nous sommes très confiants, commente Alain Thébault, car il existe une véritable volonté populaire et une volonté de la part des politiques de mieux circuler sans polluer ». A préciser que Seabubble n’a pas la vocation d’être un opérateur tel qu’Uber mais met uniquement à disposition ses navettes et ses docks. Les deux entrepreneurs rappellent également quelques chiffres: 266 milliards, c'est le coût annuel des bouchons dans les 30 plus grandes cités du monde. Et 2,5 milliards de personnes supplémentaires vivront dans les villes d'ici 2050, alors que 72% de la planète est constituée d'eau et qu'une grande partie des villes sont constuites autour. D'où l'urgence de développer des solutions de transports sur l'eau écologiques!

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

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Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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