Bilan

Roche et Novartis, une lutte sans merci dans l'oncologie

Les deux géants pharmaceutiques bâlois Roche et Novartis font partie des firmes les plus puissantes du secteur.

Quand Novartis a préféré Frank Gehry.

Crédits: Dr

Chacune sur sa rive du Rhin. Les géants de la pharma Roche et Novartis se toisent et rivalisent en architecture de prestige. Culminant à 178  mètres, une hauteur qui en fait la plus haute de Suisse, la tour Roche, signée Herzog & de Meuron, sera inaugurée en 2015. En face, chez Novartis, Daniel Vasella a créé un campus – fermé au public – alignant comme des petits pains les réalisations de gagnants du Prix Pritzker, dont le clou est un oiseau de verre étincelant réalisé par Frank Gehry.

Côté affaires, la rivalité se déplace vers l’oncologie. Depuis le départ de Daniel Vasella début 2013, la société a effectué un virage à 180 degrés sous la houlette du président Joerg Reinhardt et du CEO Joe Jimenez. L’homme fort de la fusion Ciba-Sandoz (1996) avait mené une politique agressive de rachats diversifiés. Novartis a maintenant entrepris de concentrer ses forces sur ses positions dominantes.

Il s’agit des produits ophtalmologiques Alcon, des génériques avec Sandoz et des médicaments dans les pathologies des sociétés postindustrielles comme le cancer et les maladies cardiovasculaires.

«Cette concentration permettra à l’entreprise de générer une progression de ses marges. Ce mouvement est renforcé par la création récente de la division Novartis Business Services qui doit améliorer la profitabilité en interne», considère Agathe Bouché, analyste chez Bordier.

Ce printemps, les vaccins et les médicaments vétérinaires ont ainsi été cédés respectivement à la britannique GlaxoSmithKline (GSK) et à l’américaine Eli Lilly, tandis que Novartis rachetait à GSK sa division oncologie. Cette transaction propulse Novartis numéro deux dans ce secteur, juste derrière le leader Roche. 

Deux sociétés ultraperformantes

«Depuis la restructuration, Novartis a fait un bond de 25% en bourse. Sur les deux dernières années, les deux compagnies ont gagné 62%, une évolution extraordinaire face à un SMI en hausse de 34% seulement», indique Michael Nawrath, analyste à la Banque Cantonale de Zurich.

Roche affiche également un profil de haut niveau, selon Agathe Bouché: «Focalisée sur la pharma et les diagnostics, Roche présente un pipeline dense et innovant. Les synergies entre les deux divisions sont visibles. L’utilisation de tests de diagnostic dans le cadre des développements cliniques de traitements permet à la firme de mieux cibler les patients et d’optimiser le taux de succès.»

De son côté, Michael Nawrath a le cœur qui penche pour Novartis. «Cette compagnie est plus diversifiée que Roche et présente ainsi un risque plus faible que sa rivale.» Agathe Bouché se refuse à désigner un favori: «Les firmes se traitent sur des niveaux relativement équivalents. Je les recommande les deux, car ce sont des «best in class» au sein du secteur en Europe.»

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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