Bilan

Réorientation La Fondation Sandoz abandonne l’imprimerie

Avec la vente des PCL, la fondation de famille sort du domaine graphique. C’est la première fois qu’elle se sépare d’un pôle entier de son patrimoine.

Les Presses centrales de Lausanne (PCL) appartiennent désormais à deux de ses directeurs: Steve Burnier (gauche) et Lionel Delacoste.

Crédits: François Wavre/lundi13

«La Fondation de famille Sandoz aurait pu vendre l’imprimerie à des acquéreurs soucieux de faire une bonne affaire, mais elle a préféré une solution assurant la pérennité de l’entreprise vaudoise», confie Me François Carrard, ancien président des imprimeries fondées en 1777 et qui publiaient la Gazette de Lausanne, qui fut absorbé en 1991 par le Journal de Genève, avant que celui-ci fusionne avec le Nouveau Quotidien pour donner naissance en mars 1998 au Temps.

Pour répondre aux visions de la jeune génération de la Fondation de famille Sandoz, le pôle graphique a perdu sa dernière entreprise avec la vente des PCL à deux de ses directeurs. Une opération de «management buy-out» qui s’est concrétisée le 15 décembre dernier à un prix non communiqué. Steve Burnier, 49 ans, et Lionel Delacoste, 50 ans, sont les nouveaux propriétaires de cette imprimerie qui emploie encore 50 personnes: «Malgré les difficultés du secteur de l’industrie graphique et de la presse papier, nous croyons en l’avenir. Nous sommes persuadés d’avoir une carte à jouer dans l’impression», assure Steve Burnier, nouveau président des PCL qui impriment divers magazines et la Feuille des avis officiels du canton de Vaud (FAO).

Nouvelle génération à la barre

«Compte tenu des changements fondamentaux que connaît l’industrie de l’imprimerie au niveau national et international, la Fondation de famille Sandoz a procédé en 2018 à une analyse approfondie de ses activités dans l’imprimerie, complète Jörg Denzler, porte-parole de la fondation. Elle a considérablement investi au cours des deux dernières années dans toutes ses entreprises d’impression afin de les renforcer et de les préparer pour leur avenir. L’analyse a montré qu’à long terme la fondation n’est pas le meilleur propriétaire de ces entreprises. Par conséquent, ce changement de propriété était l’étape logique et finale de cette réorientation stratégique.»

Après Cornaz Impressions à Yverdon-les-Bains rachetée par sa direction en 2019, deux autres imprimeries ont été cédées cet été: l’entreprise Genoud Arts Graphiques au Mont-sur-Lausanne et l’italienne Musumeci à Aoste, aux portes du Valais. La Fondation de famille Sandoz a cédé ces deux entreprises à une holding conseillée par la société Allegra Capital à Munich et active dans l’acquisition et le développement d’entreprises «axée sur les cessions dans des situations particulières», précise-t-elle. Fondée en 1957, Genoud est une société d’impression de haute qualité qui fournit toutes formes de médias imprimés pour l’horlogerie et l’industrie de luxe. Musumeci, à Aoste, est spécialisée dans la production d’impressions d’art sophistiquée, de livres d’art et de photos haut de gamme et de catalogues et magazines du luxe. La qualité de Genoud a un prix, souvent compensé par un subside aux clients de la part de la fondation. L’un sans l’autre risque de poser problème.

Au sein de la fondation de famille, le leader Pierre Landolt a été poussé vers la sortie et s’est retiré au Portugal, un pays accueillant pour les grosses fortunes et pour celui qui parle couramment le portugais pour avoir résidé longtemps au Brésil. Son successeur désigné par la nouvelle génération de onze neveux et nièces de la fratrie Pierre, François, feu Marc-Edouard et feu Monique de Meuron est Fritz Schiesser. Cet avocat et notaire à Glaris (canton d’origine des Landolt) est un ancien président du Conseil des Etats et préside le conseil des EPF. Il est secondé par une avocate bernoise, CEO du Family Office, ancienne juriste du DFAE et de Novartis, au caractère bien trempé qui ne semble pas faire l’unanimité, à entendre plusieurs interlocuteurs.

Et l’horlogerie, et l’hôtellerie?

Après la presse, d’autres secteurs vont-ils être touchés, telles l’horlogerie (Parmigiani, Vaucher, etc.) ou l’hôtellerie (Beau-Rivage Palace (Lausanne), Lausanne Palace, Palafitte à Neuchâtel, Riffelalp à Zermatt, etc.)?: «Cette question ne se pose pas», assure le porte-parole Jörg Denzler. Quid du volet philanthropique qui soutient notamment le Béjard Ballet (BBL), l’Opéra de Lausanne, etc.? «Le risque est nul. Le volet philanthropique a été augmenté depuis 2018», assure Jörg Denzler.

Reste qu’une page se tourne au sein de la famille, classée parmi les 300 plus riches de Suisse avec une fortune estimée par Bilan entre 8 et 9 milliards. Jamais elle ne s’était séparée d’un pôle entier de son patrimoine. L’une des héritières est sortie du groupe à Genève pour se lancer avec son mari dans le cinéma et l’immobilier. Les relations entre cousins et cousines ne sont pas des plus sereines et personne ne semble prêt à assurer la relève de Pierre Landolt.

Créée en 1964, la Fondation de famille Sandoz repose sur un pactole: 3,49% des actions Novartis. Au cours de 85 fr. avec un dividende de 2,95 fr. versé par le géant bâlois de la pharma, c’est une manne de 300 millions par an. Même divisée par onze, il reste quelques miettes.


Qui veut partager un bœuf?

Des Genevois proposent d’acheter de la viande bio à plusieurs, pour consommer mieux.

(Crédits: Meaty)

Environnement, santé, bien-être animal… Depuis quelques années, la consommation de viande fait polémique. C’est en discutant de cette problématique que le jeune développeur Ruben Magnin (à droite) et son ami boucher, Yann Flores (à gauche), ont conçu Meaty. Lassés de ne trouver que de la viande importée et très rarement genevoise en ville, ces deux citadins ont créé une plateforme de partage de bêtes automatisée. «Nous sélectionnons un bœuf avec un éleveur bio de Meinier (GE) et le mettons ensuite à la vente sur notre site. Puis les consommateurs choisissent les morceaux qui les intéressent et lorsque la bête est majoritairement commandée, nous pouvons l’abattre en présence du vétérinaire cantonal et enfin livrer les clients», précise Ruben Magnin. Un concept préexistant mais qui s’avérait très complexe sur le plan logistique jusque-là. «Un bœuf abattu doit reposer au minimum dix jours. Afin qu’il soit de meilleure qualité et tendre, nous triplons ce délai, le client doit donc patienter», poursuit le cofondateur.

Ayant démarré en septembre 2020, quatre ventes ont déjà eu lieu. Sachant qu’un bœuf est divisé en 29 morceaux et représente 60 à 70 personnes livrées, le roulement se met en place peu à peu mais devrait s’accélérer très vite, comme l’indique Ruben Magnin: «Nous sommes à la recherche de locaux pour diversifier nos animaux et perfectionner ce processus de proximité.» Egalement jusqu’à 40% moins cher que dans les supermarchés, Meaty espère ainsi faire consommer de la viande aux Genevois de façon plus responsable. JM

www.meaty.ch


Une solution face aux fongicides dans l’eau potable

(Crédits: Meaty)

TECHNOLOGIE Le chlorothalonil, produit pulvérisé dans les champs de Suisse durant près de cinquante ans, est présent dans l’eau de nos robinets sous forme de résidus considérés comme cancérigènes probables. Observé en quantités trop importantes, il a été interdit l’an dernier par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire, qui a chargé les cantons d’ordonner des mesures aux distributeurs dont l’eau ne serait pas en conformité.

Fondateur et directeur de Sonatec, société active dans le traitement de l’eau, Gilbert Sonnay se penche sur la question depuis 2010. Plusieurs fois récompensé en Suisse ainsi qu’à l’étranger pour ses systèmes sans produit chimique, l’inventeur issu de la Broye vaudoise affirme avoir finalement trouvé la solution: «Nous avons créé Natur’Ô, un appareil de filtration-purification totalement naturel qui permet de débarrasser l’eau de ces fameux métabolites et de restituer les sels minéraux dont notre corps a besoin. Il suffit de le fixer sous le robinet de la cuisine.» Producteur de son système 100% suisse, il n’opère pour le moment qu’en Romandie. Une simple question de temps selon lui: «Je suis prêt à distribuer Natur’Ô côté alémanique et dans les pays émergents.» JM

www.sonatec.com

Grivatolivier
Olivier Grivat

JOURNALISTE

Lui écrire

Olivier Grivat est journaliste indépendant après avoir été rédacteur en chef adjoint de 24 Heures et travaillé 30 ans chez Edipresse. Licencié en droit, il s’est spécialisé dans les reportages et les sujets économiques (transports, énergie, tourisme et hôtellerie). Il a écrit plusieurs ouvrages, notamment sur la jeunesse suisse du roi de Thaïlande et la marine suisse de haute mer.

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