Bilan

Plus d’un Suisse sur deux fournit un CV imprécis ou faux

Indispensable dans presque toutes les postulations, le curriculum vitae se doit d’être un document précis et impeccable. Pourtant, seuls 43% d’entre eux sont parfaitement conformes. C’est ce que démontre l’étude d’Aequivalent, publiée ce vendredi 18 juin.

Les Suisses romands seraient globalement plus intègres que les Suisses alémaniques, mais moins que les Allemands.

Crédits: Unsplash/Evangeline Shaw

Les éventuels conflits d’intérêt, la probité financière ou les dates de l’emploi sont autant d’éléments facilement vérifiables par les ressources humaines, pour peu qu’elles fassent leur recherche. Aequivalent, entreprise spécialisée dans la vérification d’antécédents, a publié son étude annuelle sur les dossiers qu’elle a vérifiés pour ses clients.

Sur l’année 2020, l’échantillon représente 3269 dossiers. Parmi eux, 43% étaient totalement conformes à leurs vérifications. La moitié des dossiers (50%) étaient quant à eux inexacts, en raison d’une déclaration partiellement fausse par exemple. 7% des dossiers contenaient des fausses déclarations ou encore des points de non-conformité. Globalement, ces chiffres suivent les tendances des années précédentes. Les Suisses romands sont globalement plus intègres que les Suisses alémaniques, mais moins que les Allemands.

De plus en plus d’omissions financières

Parmi les CV non conformes, la probité financière demeure un problème majeur. Crédits: Aequivalent.

Quelles sont les fautes commises par les 7% de dossiers non conformes ? De plus en plus de candidats ont tendance à rester silencieux sur leur probité financière. Ils omettent de déclarer une poursuite ou une faillite liée à la société qu’ils dirigaient. Ce nombre de cas a augmenté de 6% par rapport à 2019, pour représenter presque la moitié des fausses déclarations (48%).

Le mensonge par omission se poursuit également au niveau des activités annexes. Les entreprises qui procèdent aux vérifications des informations soulignent les potentiels conflits d’intérêt.

Enfin, parmi ces CV non conformes, un sur cinq affichait la mauvaise adresse. Dans un article pour travailler-en-Suisse.ch, David Talerman estime que mentir dans son CV est un véritable harakiri professionnel. Il énonce par ailleurs ce que le candidat risque:

• Figurer sur la blacklist d'un marché, sachant que les services des ressources humaines peuvent communiquer les uns avec les autres.

•Licenciement avec effet immédiat ou non.

• Indemnisation de l'entreprise, en cas de préjudice.

Inexact, mais pas faux

L’entreprise basée à Yverdon-les-Bains évoque également les points d’attention dans son étude. Un candidat qui ne présente pas de certificat de travail amène avec lui des interrogations. La majorité des problèmes relevés dans les expériences professionnelles provient de petites inexactitudes. Le titre d’un poste est inexact, les dates ne sont pas celles inscrites sur le certificat de travail ou le taux d’occupation n’est pas le bon.

Pour Aequivalent, l’âge joue un réel rôle dans l’exactitude du CV. 53% des CV sont conformes chez les personnes nées dans les années 70. Les années 80 comptent 43% de dossiers conformes. La génération des années 90 se place en mauvais élève avec seulement 23% des dossiers conformes.

Quid de la réputation en ligne?

L’un des paramètres mis en exergue par l’étude est celui de la réputation en ligne. Cette dernière figure parmi les points d’attention. Chaque année, une proportion de plus en plus grande présente des contenus en ligne néfastes pour la candidature. En tout, sept éléments sont vérifiés:

•Incohérences avec le CV

•Divulgation d'informations confidentielles

•Critiques sur l’employeur

•Remarques discriminatoires

•Groupes controversés

•Divulgation de contenu problématique

•Une présence média négative

Les profils en ligne qui basculent en point d'attention augmentent année après année. Crédits: Aequivalent.

L’e-réputation peut être négative pour plus de la moitié des candidats. L’étude compte 38.5% de profils internet parfaitement neutres pour les employeurs. 61.5% soulignent l’un ou l’autre problème. Les années précédentes montraient moins de problèmes de ce côté-là. Aequivalent n’a pas d’explication parfaite pour expliquer ce phénomène. Une des hypothèses est que le passage au télétravail a multiplié l’utilisation des réseaux, et a donc poussé à davantage d’erreurs.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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