Bilan

Plombé par la crise du Covid, Société Générale creuse ses pertes au 2e trimestre

Après un premier trimestre déjà agité, le groupe bancaire Société Générale a subi au deuxième trimestre une perte nette de plus d'un milliard d'euros, conséquence de la crise du Covid-19 qui l'a contraint à garnir massivement son stock de provisions et passer diverses charges comptables.

Crise économique oblige, l'activité commerciale chez Société Générale a été fortement ralentie entre avril et fin juin.

Crédits: Keystone

Au total, la perte du deuxième trimestre se monte à 1,26 milliard d'euros exactement, à comparer avec un bénéfice d'un peu plus d'un milliard d'euros engrangé sur la même période en 2019.

Ce résultat négatif vient s'ajouter à la perte déjà enregistrée au premier trimestre, de 326 millions, et porte au total les pertes à 1,6 milliard sur les six premiers mois de l'année.

En cause ? La crise sanitaire mondiale du Covid-19 et ses répercussions économiques", et ce en dépit d'un redémarrage constaté de l'activité "depuis mi-mai", souligne la "Générale", comme la surnomme parfois les financiers.

Du côté des autres banques françaises, BNP Paribas a quant à elle dévoilé vendredi un bénéfice net certes en recul, mais atteignant 2,3 milliards d'euros. Les publications des groupes BPCE et Crédit Agricole sont quant à elles attendues respectivement lundi et jeudi.

Provisions en hausse


"Au delà de la perte importante, la baisse des recettes ce trimestre est compensée par un fort contrôle des couts. Par rapport aux concurrents, nous continuons à considérer les provisions comme trop faibles", réagissaient dans une note les analystes de la banque Barclays.

À la Bourse de Paris, le titre Société Générale cédait presque 3% en milieu de matinée. Il perdait 2,91%, à 12,61 euros vers 10H48 (8H48 GMT).

Crise économique oblige, l'activité commerciale chez Société Générale a été fortement ralentie entre avril et fin juin: le produit net bancaire, équivalent peu ou prou du chiffre d'affaires, a ainsi dégringolé de 13,5%, la plus forte baisse se situant dans la banque dite de "grande clientèle", où sont logées notamment les activités de marchés.

Société Générale explique avoir notamment fait face à des "conditions de marché défavorables aux produits structurés en avril et mai".

Mais surtout, la banque au logo rouge et noir a, comme la plupart des autres acteurs du secteur, considérablement augmenté ses provisions pour faire face à d'éventuels accidents de crédit, encore non avérés mais susceptibles de se produire en cas de dégradation de la conjoncture. Dans ce contexte, le coût du risque, l'indicateur qui mesure l'évolution globale des provisions, a quadruplé, passant de 314 millions d'euros au deuxième trimestre 2019 à presque 1,3 milliard sur la même période en 2020.

Le groupe a par ailleurs inscrit dans ses comptes deux grosses dépréciations, l'une de près de 700 millions d'euros dans ses activités de marchés et l'autre de 650 millions liée à aux effets de la crise sur certaines réductions d'impôts dont la banque pourrait bénéficier à l'avenir.

Ces dépréciations d'ordre essentiellement comptable n'ont toutefois pas toutefois pas dégradé l'assise financière, fait valoir la banque dont le ratio de fonds propres "durs", indicateur crucial au sein du secteur, pointait fin juin à 12,5%, contre 12,6% fin mars.

Adaptation au nouvel environnement


En gommant les divers effets exceptionnels, le groupe explique terminer le deuxième trimestre sur un bénéfice net de 70 millions d'euros, contre 1,35 milliard un an plus tôt.

"Le groupe va poursuivre l'adaptation de ses activités au nouvel environnement post crise du Covid, prolongeant notamment les efforts de réduction de ses coûts", a-t-il expliqué.

Société Générale se félicite en effet d'avoir réduit ses frais de gestion de presque 10% au deuxième trimestre, par rapport à la même période en 2019. À l'issue de l'année 2020, ces frais devraient être ramenés à 16,5 milliards, contre plus de 17 milliards en 2018 et 2019, et l'établissement prévoit de continuer à les réduire à moyen terme.

En outre, la banque annonce avoir finalisé la revue de ses activités de produits structurés et a décidé de se retirer de certains produits structurés de crédits sophistiqués. Cette décision, synonyme de perte de revenus à court terme, devrait notamment lui permettre de se concentrer sur les structurés actions, son coeur de métier historique, et d'améliorer la rentabilité de ses activités de marchés via une réduction de ses coûts, fait-elle valoir.

"Le groupe travaille d'ores et déjà sur de nouvelles initiatives pour bâtir sa nouvelle étape stratégique 2021-2023 articulée autour de trois objectifs prioritaires, la centricité client, la responsabilité sociale et environnementale et l'efficacité opérationnelle s'appuyant sur les technologies numériques", a par ailleurs prévenu M. Oudéa.

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