Bilan

Planted, reine du poulet sans poulet

Les produits de la startup zurichoise ont le goût et la texture du poulet, mais ne contiennent pas de viande. Beaucoup d’acteurs de l’agroalimentaire lorgnent cette innovation.

  • L’équipe de Planted: Lukas Böni, Pascal Bieri, Eric Stirnemann et Julia Schmucki.

    Crédits: www.kiliankessler.ch
  • Crédits: Peter Fischer, Planted
  • 25 restaurants proposent leurs produits, composés de fibres et protéines de pois, d’eau et d’huile.

    Crédits: Peter Fischer, Planted
  • Crédits: Peter Fischer, Planted
  • Crédits: Peter Fischer, Planted

Quand Pascal Bieri parle de la genèse de son projet, tout paraît logique. C’est en mangeant un burger sans viande aux Etats-Unis qu’il a voulu faire de même avec du poulet. A son retour, il cocrée une startup avec Eric Stirnemann et Lukas Böni, baptisée Planted. Basée à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, son équipe de doctorants dispose d’une partie d’étage pour travailler sur le développement des produits, et même d’un site de production. «Nous nous sommes un peu étalés», rigole le cofondateur, titulaire d’un master en management de l’information, médias et technologie. Aujourd’hui, Planted compte une douzaine d’employés à temps plein et 26 à temps partiel.

Du poulet sans poulet? «Vous verrez, c’est juste incroyable. Leur produit a vraiment la texture du poulet», s’enthousiasme Camille Bossel. La cofondatrice du réseau FoodHack, spécialiste des entrepreneurs du secteur de l’agroalimentaire, estime que Planted est une pépite helvétique. Les géants de la distribution Coop et Migros ont montré de l’intérêt pour Planted, dont l’équipe zurichoise se montre présente sur la scène de la foodtech. Mais les fondateurs ont aussi reçu d’autres propositions. «C’est difficile», admet Pascal Bieri. D’un côté, le marché américain se développe rapidement avec plusieurs acteurs puissants et intéressés par ce produit suisse. De l’autre, le marché suisse est certes petit, mais les prix restent intéressants. Actuellement, 400 grammes de ce produit à base de plante coûtent 22 fr. 50 sur le site. «Ce n’est pas beaucoup plus que les prix de la vraie viande», estime Pascal Bieri.

Pour l’instant, les membres de l’équipe tiennent à leur indépendance. Ils viennent de boucler une levée de fonds durant laquelle ils ont récolté environ un million de francs. Camille Bossel explique ce succès: «Les outils mis à disposition par les institutions et le milieu académique suisse sont un réel avantage. Ils leur ont permis d’expérimenter des recettes et de tester leur produit jusqu’à un niveau «commercialisable». Je dirais que la Suisse n’est pas un marché à proprement parler, mais un écosystème propice au développement.»

Comme pour toute startup du milieu alimentaire, Planted se heurte à un problème de mise à l’échelle. «Nous pouvons produire 30 kilos par heure», affirme le cofondateur. A terme, ce chiffre devrait être multiplié par dix, une fois les nouveaux locaux acquis. Car Planted a racheté un bâtiment appartenant autrefois à Nestlé et va en faire son principal site de production. Quant à l’argent investi, il provient autant de prix remportés lors de concours comme Venture Kick que de privés. Environ 25 restaurants proposent les produits de la startup zurichoise. A l’avenir, d’autres produits vont s’ajouter à la gamme de Planted.

Imiter plutôt que créer?

En termes de composition, le faux poulet de Planted présente des valeurs nutritionnelles similaires à celles du poulet classique. Les doctorants ont planché sur une recette à base de protéines et fibres de pois, de l’huile de tournesol et de l’eau. Recréer du poulet, c’est d’une part permettre aux consommateurs d’utiliser les mêmes recettes en remplaçant simplement le poulet. «Les gens pourraient manger des lentilles tous les jours mais choisissent de manger de la viande», explique Pascal Bieri.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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