Bilan

Petrobras ne devrait plus être le seul opérateur du brut pré-salifère

Les députés brésiliens ont voté une loi qui annule la participation obligatoire de Petrobras dans l'exploitation des immenses réserves pétrolières pré-salifères en eaux très profondes.

Le groupe a produit en 2015 un total de 2,128 millions de barils par jour, dont 767.000 extraits des puits pré-salifères.

Crédits: AFP

Les députés brésiliens ont voté mercredi une loi qui annule la participation obligatoire du géant public Petrobras dans l'exploitation des immenses réserves pétrolières pré-salifères en eaux très profondes.

La nouvelle loi modifie une mesure adoptée en 2010, selon laquelle Petrobras était obligé d'avoir une participation d'au moins 30% dans tout consortium pour ces gisements.

Dans la pratique, le texte, voté par 292 voix contre 101, permettra à des entreprises étrangères de participer seules à des appels d'offres d'exploitation de blocs pétroliers.

Plusieurs amendements doivent encore être discutés, en principe la semaine prochaine, avant que la loi ne soit promulguée par le président conservateur Michel Temer, qui veut mettre en place un programme de coupes budgétaires sévères et de privatisations pour relancer l'économie brésilienne.

Ces riches gisements pré-salifères, de 149.000 km2, sont enfouis dans l'océan Atlantique à environ cinq kilomètres de profondeur sous une épaisse couche de sel, sur le littoral des Etats de Rio de Janeiro, Sao Paulo et Espirito Santo (sud-est).

Leur extraction requiert des opérations complexes et parmi les plus coûteuses de l'industrie.

Petrobras, en proie à des difficultés financières liées au scandale de corruption qui le secoue et à la chute des cours du pétrole, a annoncé récemment une réduction de 25% de ses investissements sur la période 2017-2021.

Le groupe a produit en 2015 un total de 2,128 millions de barils par jour, dont 767.000 extraits des puits pré-salifères.

En juillet, le géant pétrolier a annoncé la vente de son premier champ pré-salifère en eaux très profondes au norvégien Statoil pour 2,5 milliards de dollars, dans le cadre de son plan pour payer sa dette et financer des investissements.

Les défenseurs de la réforme affirment que Petrobras n'a pas la capacité financière d'exploiter ces ressources comme le définissait la loi précédente. L'opposition soutient au contraire que la nouvelle mesure revient à livrer ces richesses à des capitaux étrangers.

L'enquête sur Petrobras, lancée en 2014, a mis au jour un système de trucage systématique des marchés passés entre l'entreprise pétrolière et ses sous-traitants, donnant lieu à des commissions de 3% sur chaque contrat dont une partie était reversée à des élus de la coalition au pouvoir.

Ce scandale, ajouté à la récession économique, a considérablement affaibli la présidente de gauche Dilma Rousseff, destituée fin août par le Sénat au bout d'un procédure d'impeachment pour maquillage des comptes publics.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."