Bilan

Pékin dénonce les subventions d'Uber et son rival chinois Didi

Pékin a déclaré que les subventions versées par les services de réservation de voitures en ligne aux chauffeurs et passagers entraînaient une "concurrence déloyale" pour l'industrie des taxis.

Uber et Didi ont levé plusieurs milliards de dollars l'an passé afin d'asseoir leur présence sur un marché chinois ultra-concurrentiel.

Crédits: AFP

Pékin a déclaré lundi que les subventions versées par les services de réservation de voitures en ligne entraînaient une "concurrence déloyale", à l'heure où l'américain Uber et le n°1 chinois Didi s'affrontent à coups de sommes colossales pour fidéliser leurs utilisateurs.

Le ministre chinois des Transports Yang Chuantang n'a ni nommé les deux firmes ni évoqué de sanctions, mais les autorités chinoises ont déjà infligé de lourdes amendes dans le passé, et ces nouvelles déclarations constituent assurément un avertissement au secteur.

Les applications mobiles de réservation de véhicules avec chauffeurs (VTC) menacent l'industrie traditionnelle des taxis -- souvent génératrice de revenus pour les autorités locales -- et ont entraîné des grèves de chauffeurs en Chine.

Uber et Didi ont levé plusieurs milliards de dollars l'an passé afin d'asseoir leur présence sur un marché chinois ultra-concurrentiel.

"Les subventions versées par certaines entreprises (aux chauffeurs et passagers) sont des mesures à court terme pour ravir des parts de marché et créent une concurrence déloyale pour l'industrie des taxis traditionnels", a déclaré M. Yang lors d'une conférence de presse.

"Sur le long terme, (elles) nuiront au développement sain et durable du marché", a-t-il indiqué en marge de l'Assemblée nationale populaire, la chambre d'enregistrement parlementaire du régime.

L'emblématique et controversé patron d'Uber, Travis Kalanick, avait reproché à Didi de dépenser près de 4 milliards de dollars en subventions chaque année, des accusations que la firme chinoise -- soutenue par les géants de l'internet Alibaba et Tencent -- avait qualifiées de "sorties d'une imagination folle".

En février, M. Kalanick avait déclaré que son entreprise perdait 1 milliard de dollars par an en Chine. Une porte-parole d'Uber avait refusé de révéler le montant des subventions versées à ses utilisateurs dans le pays, où la compagnie affirme être active dans 22 villes.

Le ministère des Transports a dévoilé en octobre un projet de réglementation bien plus sévère pour ces applications mobiles.

Le texte déclarait notamment ces services illégaux, mais selon les médias chinois, véhicules et chauffeurs pourraient en fait être contraints de s'enregistrer auprès des autorités.

Les détails de la nouvelle réglementation sont toujours "en cours de révision et d'ajustement", a assuré lundi le ministre chinois des Transports, sans annoncer de date pour son introduction.

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