Bilan

Olsen est la "personne parfaite" pour diriger le futur groupe LafargeHolcim

Eric Olsen, qui a été nommé directeur général (CEO) du futur groupe fusionné LafargeHolcim, est "la personne parfaite" pour diriger la nouvelle entité, a affirmé jeudi le président de Holcim.

La nomination du franco-américain, actuel directeur adjoint des opérations de Lafarge, est nécessaire pour finaliser le mariage entre les deux géants du ciment, a-t-il ajouté.

Crédits: AFP

Lafarge et Holcim ont franchi jeudi une étape majeure en nommant Eric Olsen, un cadre dirigeant du cimentier français, au poste de directeur général (CEO) du futur groupe fusionné. Le nouveau patron aura la lourde tâche de rapprocher les deux groupes aux cultures bien différentes. La nouvelle organisation devra aussi convaincre les actionnaires qui auront à approuver le mariage entre le suisse et le français.

Les conseils d'administration de Holcim et de Lafarge ont approuvé la nomination d'Eric Olsen en tant que CEO de la future entité fusionnée LafargeHolcim. Il prendra ses fonctions dès la finalisation du projet, ont précisé les cimentiers dans un communiqué conjoint.

Cette nomination a été faite sur proposition de Bruno Lafont, président-directeur général (PDG) de Lafarge. Eric Olsen, âgé de 51 ans, est actuellement directeur général adjoint chargé des opérations chez Lafarge. Il est membre du comité exécutif depuis 2007. M. Olsen détient la double nationalité américaine et française et travaille pour le cimentier hexagonal depuis 1999.

"Je suis très confiant qu'avec son expérience internationale, Eric Olsen est la personne parfaite pour diriger la société à l'avenir", a dit le président de Holcim, Wolfgang Reitzle, lors d'une conférence de presse à Zurich, ajoutant "pleinement soutenir cette nomination".

La nomination de M. Olsen est "une étape importante pour compléter la fusion", a souligné M. Reitzle, qui coprésidera avec Bruno Lafont LafargeHolcim. L'Allemand s'est félicité d'avoir trouvé un accord avec Lafarge seulement 18 jours après avoir décidé de revoir les termes de l'accord de fusion.

Pour M. Lafont, le CEO fraîchement nommé "est prêt pour son nouveau poste". Il est "la bonne personne pour diriger les opérations", a-t-il insisté.

CONVAINCRE LES ACTIONNAIRES

Revenant sur son futur poste de coprésident - alors qu'il aurait dû devenir CEO de l'entité fusionnée - M. Lafont a estimé qu'il apportera son réseau et son expérience sans interférer avec la direction opérationnelle. "Mon objectif est de faire aboutir cette opération et qu'elle soit un succès", a-t-il ajouté.

Selon les responsables français et suisses, une étape importante a été accomplie avec cette nomination. Mais le plus dur reste à faire, car il faut encore convaincre des actionnaires récalcitrants.

M. Reitzle a ainsi admis qu'il "devra faire plus ces prochaines semaines pour communiquer les avantages" de la fusion aux conditions actuelles, en prévision de l'assemblée générale extraordinaire du 8 mai, où les actionnaires de Holcim devront notamment valider l'augmentation de capital préalable à la fusion.

L'actionnaire Eurocement, de l'investisseur russe Filaret Galchev, devra ainsi encore être convaincu du bien-fondé de l'opération. Ce dernier, qui détient 10,8% de Holcim, veut notamment des conditions de fusion plus avantageuses. M. Reitzle a réitéré sa proposition d'offrir au Russe un siège au futur conseil d'administration du groupe réuni. Cette proposition est actuellement examinée, a-t-il dit sans plus de précision.

Le mariage entre Holcim et Lafarge, contesté du côté suisse, avait été remis sur les rails par un accord sur une nouvelle parité d'échange d'action plus favorable au groupe saint-gallois. Les conditions des échanges de titres ont été fixées à 9 actions Holcim contre 10 titres Lafarge au lieu d'une parité.

PAS DE RETOUR EN ARRIÈRE

Wolfgang Reitzle a totalement exclu la possibilité de revoir les conditions de la fusion, lors de la conférence de presse.

D'autres actionnaires d'Holcim ont exprimé leur opposition en lançant mardi un site internet baptisé "Pro Holcim" invitant à voter contre le rapprochement.

Annoncée il y a un an, la fusion doit donner naissance à un colosse mondial du ciment pesant 32 mrd EUR de chiffre d'affaires et comptant près de 130'000 salariés. La finalisation de la fusion est désormais anticipée pour juillet, contre "vers le milieu de l'année" initialement.

La future entité aura son siège social à Zurich, mais gardera ses principales structures en France. L'objectif est d'éviter les doublons et la direction mise sur une structure mince. Les responsables n'ont cependant pas voulu préciser si cette réorganisation sera suivie de réductions de postes. Eric Olsen a pour sa part réitéré l'objectif de réaliser des synergies de 1,4 mrd EUR.

Malgré les récents aménagements, il n'est pas certain que les actionnaires du cimentier st-gallois vont souscrire à la fusion, a fait remarquer Helvea Baader.

La banque Vontobel a quant à elle estimé que les chances de succès de cette fusion n'étaient que de 50%, contre 75% dans une évaluation précédente.

A 12h46, l'action Holcim gagnait 2,7% à 75,00 CHF dans un SMI en hausse de 1,24%. Le titre Lafarge prenait 3,7% à 62,57 EUR, dans un CAC 40 en progression de 0,87%.

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