Bilan

Nu au travail: l'expérience menée dans une startup de la Silicon Valley

Après le casual friday, place au naked friday: les employés d'une startup de la Silicon Valley et d'une PME britannique ont testé la nudité au bureau. Selon un psychologue qui prône cette pratique, le stress diminuerait et l'efficacité au travail pourrait augmenter.
  • Selon les observateurs de l'expérience, la gêne initiale a rapidement disparu entre les salariés de l'entreprise.

    Crédits: Image: Sierra Hartman/Bold Italics
  • Pendant une journée, les employés de Bold Italics ont travaillé nus et ont posé devant l'objectif de l'appareil photo de leur collègue Sierra Hartman.

    Crédits: Image: Sierra Hartman/Bold Italics
  • Les employés sont venus habillés jusqu'au bureau, puis ont laissé leurs vêtements au vestiaire pour passer la journée en open space dans leur plus simple appareil.

    Crédits: Image: Sierra Hartman/Bold Italics
  • La période d'adaptation avec une certaine gêne n'aurait pas excédé une heure, selon les collaborateurs de l'entreprise.

    Crédits: Image: Sierra Hartman/Bold Italics
  • Selon le récit de l'expérience fait par une des collaboratrices, les collègues ont très vite vu leurs liens se renforcer, partageant des moments de convivialité pendant le shooting.

    Crédits: Image: Sierra Hartman/Bold Italics
  • La créativité aurait été largement renforcée lors de cette expérience, selon le récit fait par l'une des employées participantes et publié... le 1er avril.

    Crédits: Image: Sierra Hartman/Bold Italics
  • L'expérience a duré le temps du shooting, sur une journée, avec des employés qui se sont pris au jeu.

    Crédits: Image: Sierra Hartman/Bold Italics
  • Une première expérience sur une journée a été tentée en début d'année par une agence de communication/marketing à Newcastle, au Royaume-Uni.

    Crédits: Image: The Telegraph

Le concept du Friday Wear (venir au travail en tenue décontractée le vendredi) s'est répandu en Europe voici une quinzaine d'années. Et si le prochain phénomène était le Naked Friday, soit venir nu au travail le vendredi? C'est en tout cas ce que suggère le psychologue britannique David Taylor. Et une startup de la Silicon Valley ainsi qu'une PME britannique ont suivi ses recommandations.

En février en Angleterre puis en mars en Californie, les employés de Onebestway et The Bold Italic sont venus au bureau habillés, mais ont retiré tous leurs vêtements et les ont laissés au vestiaire, avant de passer la journée dans leur plus simple appareil au beau milieu de l'open space.

Dépasser les inhibitions

L'idée vient de David Taylor, selon qui la nudité sur le lieu de travail permet aux collaborateurs de dépasser «les inhibitions et de se parler plus ouvertement et honnêtement. C'est la plus forte expression de confiance en soi et envers les autres». Selon lui, retirer ses vêtements au travail libère les employés et leur permet de libérer toute leur créativité sans retenue. C'est la PME anglaise, Onebestway, implantée à Newcastle, qui avait tenté l'expérience en premier sur une journée en février. L'expérience des différents employés, invités à venir en tenue d'Adam (ou d'Eve) mais laissés libres de leur choix, est observée et recueillie dans cette vidéo réalisée le jour-même.

Fin mars, c'est donc The Bold Italic, agence d'événementiel et de création de contenus située aux portes de San Francisco, qui a pris le relais, posant devant l'objectif du photographe maison (le seul à n'avoir pas joué le jeu) pour un compte-rendu évoquant un mois complet de nudité publié le 1er avril (la durée étant volontairement exagérée pour gonfler le poisson d'avril). Dans cette société-ci, toute l'équipe a choisi de jouer le jeu à fond, sans échappatoire comme dans l'entreprise britannique où certains avaient choisi de garder des dessous ou un cache-sexe pour masquer leur intimité.

Des hésitations rapidement balayées

Réunions, déjeuners, meetings, séances de brainstorming ou tout simplement travail individuel derrière un bureau: toutes les étapes ont été photographiées sans le moindre vêtement sur la peau. Une expérience dont l'idée est venue en début d'année suite à une réflexion collective: «Nous avons réalisé que ce n'est pas l'absence de parois dans l'open-space qui bloquait notre travail au bureau, mais qu'il y avait simplement des barrières qui demandaient à être déboutonnées», relate Jessica Saia, qui raconte cette "expérience" sur le site web de l'entreprise

Elle ne cache pas que de nombreuses hésitations ont émergé au moment où l'idée a pris forme. Certains ont voulu savoir s'ils pouvaient être dispensés de cette nudité en cas de gêne le moment venu. Mais elle note avec satisfaction et amusement que tout le monde a joué le jeu. «Je peux honnêtement dire que la gêne n'a pas duré plus d'une heure», constate Jessica Saia.

Communication et créativité améliorées

Ambiance de «camaraderie», mais aussi communication améliorée et créativité accrue: voilà les principaux bénéfices constatés par les collaborateurs eux-mêmes, qui ont accepté que l'un des leurs les photographie tout au long du mois pour immortaliser l'expérience.

Avec humour, l'auteure du témoignage note que «la facture de chauffage augmente indéniablement un peu et que nous avons peu récolter assez de poils pour fournir la chevelure d'une poupée», mais contrebalance en assurant que «c'est un prix dérisoire à payer pour atteindre un tel niveau de satisfaction au travail».

David Taylor prône la nudité au travail depuis 2009

Au-delà de ces deux exemples isolés (dont l'un réalisé à l'occasion du 1er avril), pour le psychologue David Taylor, qui a théorisé cette pratique et ses bienfaits depuis 2009, la nudité entre collègues permet de renforcer la cohésion de groupe, de libérer les énergies créatives et de pacifier les relations au sein de l'entreprise. Il propose des thérapies individuelles et de groupes, y compris au sein des entreprises, pour prouver que la nudité, loin de bloquer les collaborateurs et d'instaurer une gêne, permet, après un rapide temps d'adaptation, de renforcer l'efficacité au travail.

Les deux expériences menées ces dernières semaines semblent aller dans sa direction. Mais pas sûr que de nombreuses entreprises et que des milliers d'employés soient disposés à retirer leurs vêtements en présence de leurs collègues.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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