Bilan

Novartis veut investir 150 millions à Nyon-Prangins

Dix-huit mois après l'annonce de licenciements massifs et d'une fermeture à terme du site, le géant pharmaceutique va investir massivement sur les bords du Léman.
Novartis va massivement investir dans le site de Nyon-Prangins (VD). Le géant pharmaceutique va mettre 60 millions de francs sur les trois prochaines années. D'ici 2020, il prévoit un montant supplémentaire de 90 millions, ont indiqué jeudi les responsables du groupe.

Dix-huit mois après l'annonce de licenciements massifs et d'une fermeture à terme du site, le vent a complètement tourné sur les bords du Léman. Novartis va aller «au-delà» de ses engagements déjà révélés après l'annonce du maintien de l'usine. «Notre intention est de moderniser le site», a affirmé Pascal Brenneisen, président de Novartis Suisse.

L'usine va être complètement transformée. «Une nouvelle dynamique de croissance» est à l’œuvre à Novartis Nyon-Prangins, a poursuivi le responsable. La production est en hausse, les effectifs progressent et les nouveaux produits fabriqués à Nyon augmentent leurs parts de marché. Actuellement, le site abrite 730 postes, c'est-à-dire déjà 15% de plus qu'il y a un an et demi.

Conseiller fédéral enchanté

«C'est une bonne et belle journée pour la place industrielle suisse», s'est félicité le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann. Il a rappelé «le choc et la déception» lorsque le 25 octobre 2011 la mauvaise nouvelle a été connue. «J'ai immédiatement initié des entretiens» avec toutes les parties, a-t-il affirmé.

Dans ce moment de crise, l'ancien président de Novartis Daniel Vasella a joué un rôle crucial, selon le conseiller fédéral. «C'est lui qui a ouvert la possibilité à Novartis Suisse de revenir sur sa décision. Une phrase a suffi. Daniel Vasella a dit: «J'ai un rêve, le rêve que Prangins puisse être sauvé». Cette phrase a complètement changé la dynamique».

«Tout va changer»

«Tout va changer» pour Novartis à Nyon, a détaillé Pascal Brenneisen. C'est vraiment une nouvelle usine qui va être construite. Novartis va ajouter des nouvelles lignes de production notamment pour les médicaments OTC (auto-médication en vente libre) Theraflu, Otrivin et Voltaren.

Novartis va investir également dans la qualité afin de répondre aux normes les plus élevées, selon Pascal Brenneisen. L'usine pourra ainsi augmenter sa productivité de 70% d'ici 10 ans. Nyon-Prangins devrait pouvoir assurer un quart de la production mondiale de la division OTC.

Emploi sécurisé

L'emploi sera sécurisé et Novartis va maintenir ses effectifs dans la production les trois prochaines années. Ces changements spectaculaires sont le résultat «d'un travail équipe», a souligné le CEO de Novartis, Joseph Jimenez. «Nous nous engageons à long terme pour le développement du site», avec une production de 300 millions d'unités prévues en 2023.

«Les produits d'automédication sont en pleine expansion et nous anticipons une poursuite de cette croissance mondiale», a relevé Joe Jimenez. «Notre ADN est suisse», a encore lancé le CEO en promettant que Novartis continuerait à s'engager en Suisse, même si la concurrence est forte de la part des autres places industrielles.

Une preuve de force

Le président du gouvernement vaudois Pierre-Yves Maillard a tenu pour sa part à remercier tous les acteurs qui ont su transformer une mauvaise nouvelle en une bonne. Novartis «a osé changer d'optique, ce n'est pas une preuve de faiblesse, mais de force», a-t-il déclaré à Joe Jimenez.

Il faut savoir écouter ceux qui produisent et prendre au sérieux les procédures de consultation, a poursuivi Pierre-Yves Maillard. Il a remercié les diverses communes et départements vaudois qui se sont impliqués dans les négociations.

Le chef du Département de la santé et de l'action sociale a aussi remercié les salariés et les syndicats. «Ils ont su négocier, proposer et accepter un compromis, c'est parfois plus difficile que la lutte». Le conseiller d'Etat a relevé que «rien n'était jamais acquis, qu'il n'y avait pas de fatalité et que cette histoire n'était pas un conte de fées», mais le fruit du travail et de la négociation.

Interrogé sur les avantages fiscaux que le canton avait octroyés à l'époque pour favoriser le retournement de décision, Pierre-Yves Maillard a assuré que Vaud n'avait fait qu'appliquer la loi qui permet de tels avantages limités dans le temps s'il y a une extension d'activités.

Ce qui a été réalisé à Nyon-Prangins est «tout à fait conforme» à la nouvelle politique économique vaudoise qui veut mettre l'accent sur le secteur secondaire, a-t-il conclu. Les salariés avaient aussi accepté des concessions sur les horaires et les conditions salariales.





Jérémy Santallo

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