Bilan

Novartis très critiqué par les syndicats et les politiques

Suite à l'annonce de plus de 2000 suppressions d'emplois en Suisse, la multinationale est critiquée de toutes parts. Synthèse des réactions.

Unia n'a pas été informé à l'avance des mesures annoncées par le groupe bâlois, alors qu'une information préalable des partenaires sociaux est prévue dans la convention collective de travail. Le syndicat entend agir en conséquence contre cette violation de la convention.

Crédits: keystone

Les représentants des autorités cantonales et les syndicats n'ont pas caché leur décéption, voire leur colère, suite à l'annonce de restructuration de Novartis en Suisse, qui comprend la suppression de plus de 2000 emplois. Le syndicat Unia exige que Novartis mette immédiatement un terme à sa stratégie de démantèlement de ses sites suisses. Au lieu de se préoccuper de rentabilité pour les actionnaires, le groupe devrait s'efforcer de garantir des emplois sûrs à ses collaborateurs. "Le groupe pharmaceutique bâlois veut une fois de plus optimiser son bénéfice sur le dos du personnel, écrit mardi la section d'Argovie et du Nord-Ouest de la Suisse d'Unia. Les employés payent pour les erreurs de management de la direction du groupe", souligne le syndicat.

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En outre, Unia n'a pas été informé à l'avance des mesures annoncées par le groupe bâlois, alors qu'une information préalable des partenaires sociaux est prévue dans la convention collective de travail. Le syndicat entend agir en conséquence contre cette violation de la convention.

"Nous ne laisserons pas Novartis détruire la place industrielle bâloise"

De son côté, Employés Suisse demande à Novartis de renoncer à cette suppression massive de postes en Suisse. La multinationale rhénane infligerait à l'économie suisse, ainsi qu'à elle-même, des dommages considérables, assure l'association dans une prise de position. "Nous ne laisserons pas Novartis détruire la place industrielle bâloise", a tonné Christof Burkard, responsable des partenariats sociaux d'Employés Suisse, cité dans le communiqué. L'association entend "tout mettre en oeœuvre" avec les représentants du personnel et de la direction de Novartis "afin de conserver et d'ancrer les activités de Novartis en Suisse".

Employés Suisse exprime par ailleurs ses doutes quant à l'efficacité des mesures annoncées par le laboratoire bâlois. Comme beaucoup d'investisseurs exigent désormais de la responsabilité sociale de la part des entreprises, un comportement contraire à l'éthique risque à terme de constituer un désavantage concurrentiel sur le marché des capitaux. Par ailleurs, la délocalisation de postes de travail ne se traduit pas automatiquement par une amélioration de la structure de coûts, souligne l'association. A cela s'ajoute la démotivation des collaborateurs et le dégât d'image pour le groupe.

Le gouvernement bâlois surpris et déçu

Le gouvernement de Bâle-Ville est "surpris par l'ampleur" des suppressions d'emplois et a pris connaissance "avec regret et déception" de la décision de Novartis. Les autorités cantonales constatent avec inquiétude la tendance à la délocalisation au détriment des sites en Suisse, a indiqué mardi le gouvernement de Bâle-Ville, qui salue toutefois la mise en place d'un plan social.

Le gouvernement argovien critique de son côté la délocalisation du site de production de Stein dans des pays à bas salaires. Il demande que cette décision soit reconsidérée. Son objectif est de préserver le plus d'emplois possible à Stein, où Novartis a investi environ un demi-milliard de francs il y a quelques années.

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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