Bilan

Novartis dépasse les 50 milliards de recettes en 2018, mais déçoit

Novartis a enregistré plus de 50 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2018. Le bénéfice net s'élève lui à 12,6 milliards, mais les recettes ainsi que la rentabilité sont inférieures aux attentes.

Le laboratoire a notamment souffert de la compétitivité des médicaments génériques.

Crédits: Keystone

Le laboratoire Novartis a franchi l'an dernier le cap des 50 milliards de dollars de chiffre d'affaires, grâce à une croissance de 3% à 51,90 milliards (presque autant en francs). Le bénéfice net s'est envolé de près de deux tiers à 12,61 milliards, sous l'effet des mutations opérées dans le portefeuille de la multinationale.

La cession des parts dans une coentreprise avec le britannique GlaxoSmithKline (GSK) avait généré un produit net de 7,7 milliards. Tant les recettes que la rentabilité sont toutefois demeurées en deçà des attentes. L'excédent d'exploitation (Ebit) a essuyé un recul de 5% à 8,17 milliards, sous l'effet notamment d'un tassement de 37% sur le dernier trimestre. L'Ebit de base - apuré de tout élément jugé exceptionnel - a progressé de 8% à 13,82 milliards et le bénéfice net de base de 5% à 11,94 milliards.

Le département Innovative Medicines, qui concentre le coeur de métier du colosse pharmaceutique, a enregistré une croissance de 8% à 34,89 milliards. La rentabilité a suivi une courbe deux fois moins marquée, dégageant un excédent de 7,87 milliards. Sandoz, centré sur les génériques et les biosimilaires, a essuyé une érosion de 2% de ses recettes à 9,86 milliards et de 3% de son produit d'exploitation à 1,33 milliard.

En voie d'externalisation, Alcon a étoffé sa contribution de 6% à 7,15 milliards. L'unité ophtalmique a par contre accusé une perte de 194 millions, contre un déficit de 3 millions en 2017, attribué au retrait volontaire du CyPass et à des investissements intensifs.

Légère déception sur tous les fronts

Les analystes consultés par AWP anticipaient un chiffre d'affaires de 52,15 milliards de dollars, un Ebit de base de 13,93 milliards et un bénéfice net de base de 12,00 milliards. Les recettes d'Innovative Medicines devaient atteindre 34,84 milliards, celles de Sandoz 9,85 milliards et celles d'Alcon 7,15 milliards.

Le conseil d'administration proposera le versement d'un dividende de 2,85 francs au titre de 2018, contre 2,80 francs pour 2017 et 2,90 francs anticipés en moyenne par les analystes. Les actionnaires seront aussi invités à se prononcer sur un nouveau programme de rachat d'actions, doté de 10 milliards de francs.

A périmètre constant, soit sans tenir compte de l'autonomisation en cours d'Alcon et de la cession d'activités de Sandoz aux Etats-Unis, la direction plafonne ses ambitions de croissance pour l'année en cours à 5%. L'éventuel lancement de génériques du Gilenya pourrait mettre à mal ces ambitions.

La principale unité Innovative Médicine doit afficher une progression autour de cette marque, alors que Sandoz risque de subir un déclin de quelques points de pourcentage.

La croissance d'Alcon doit s'aligner sur celle du groupe, mais la rentabilité de l'actuelle unité chirurgico-ophtalmique doit prendre l'ascenseur. L'autonomisation de cette division, ainsi son introduction en Bourse à Zurich et New York, demeure agendée au premier semestre de l'exercice en cours.

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