Bilan

Novae doit procéder à des licenciements

Malgré le gain de nouveaux contrats, le groupe Novae, important acteur de la restauration collective, va se séparer d’environ 10% de ses effectifs.

Les équipes de Novae souffrent depuis le début de la crise du coronavirus.

Crédits: DR

La situation est difficile dans le secteur de la restauration collective à l’heure où les élèves étaient à domicile et les salariés en télétravail. La totalité des quelque 800 salariés du groupe Novae a été mise au chômage partiel dès le mardi 16 mars. Mais cela n’a pas permis d’éviter de devoir procéder à des ajustements.

En avril, Novae Restauration constatait une perte de 90% de son chiffre d’affaires (lequel s’est élevé à 130 millions de francs sur le dernier exercice comptable couvrant la période septembre 2018 à fin août 2019). Dès avril, la direction n’a eu d’autres choix que de se séparer d’une vingtaine de salariés sur les sites et de quelques personnes au siège également. Avec un chiffre d’affaires inférieur de 60% en juillet, il a fallu encore annoncer 25 autres licenciements.

En parallèle à cela, d’importants efforts ont été fournis pour parvenir à réduire les coûts de structure de 50%, notamment avec des baisses de salaire volontaires. «Nos clients font face à des salariés qui craignent de revenir en présentiel, la situation est compliquée», explique-t-on du côté de Novae. Parfois ce sont les clients eux-mêmes qui ont fermé leurs restaurants d’entreprise.

20 à 25 nouveaux licenciements attendus

Christian Volmerange, CEO de Novae. (DR)
Christian Volmerange, CEO de Novae. (DR)

Anticipant une baisse sur le prochain exercice fiscal d’au minimum 30%, Christian Volmerange, le CEO du groupe, prévoit de devoir procéder encore à environ 20 à 25 licenciements secs. Cependant, il continue d’engager quelques personnes du fait que Novae a réussi à gagner de nouveaux contrats: Lombard Odier, TESA, Litasco, les écoles de la commune genevoise de Chêne-Bougeries, la Ville de Morges, le Musée Chaplin, UCB Farchim à Bulle ou encore le nouveau siège européen d’Incyte à Morges.

Ces bonnes nouvelles sont cependant ternies par la situation sanitaire. Ainsi, le restaurant du Château de Chillon a fini par ouvrir, mais avec beaucoup moins de couverts que prévu. «Alors que le secteur de la restauration scolaire représente environ 30% de notre chiffre d’affaires, nous savons que nous devrons faire avec 25 à 30% d’étudiants en moins dans les campus», relève le CEO. «Il faut tenir et être agiles. Nous continuons à payer à 10 jours nos fournisseurs», insiste avec fierté ce dernier. A ce propos, Novae continue de miser sur la qualité et donc d’être très actif dans le sourcing de fournisseurs locaux. Lorsque le CEO a pris le relais de Maxime Ballanfat, suite à l’arrivée de Sodexo au capital, Novae s’appuyait sur 62 partenaires locaux. Actuellement, ils sont 85!

Novae a gagné le mandat pour le château de Chillon. (DR)
Novae a gagné le mandat pour le château de Chillon. (DR)

L'événementiel plombe les perspectives

Autre élément compliquant la situation: la perte de l’activité événementielle. Dans cette catégorie, on ne parle pas seulement d’un Salon de l’Auto, mais aussi des centaines de réunions de travail en présentiel, des fêtes internes, y compris celles de fin d’année.

Si ce type de contrats ne représentent «que» 10 à 15% du chiffre d’affaires de Novae, c’est néanmoins 20% de leurs marges. Christian Volmerange confirme: «Dans ce secteur, nos marges sont généralement de 2%, sauf sur l’événementiel où elles sont meilleures.» Pour certains sites, l’annulation d’une multitude de petits mandats se fait ressentir. Résolument orienté sur l’avenir, Christian Volmerange est ravi d’avoir obtenu en mars la certification EcoVadis, puis en juillet ISO9001, ISOI 14001 et ISO 45001. «Cela vient renforcer nos engagements et nous permettra de mieux rebondir.»

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin 2019.

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