Bilan

Lundin Petroleum pense «à changer de nom»

Le groupe Lundin Petroleum pourrait être rebaptisé Lundin Energies selon son président Ian Lundin, rencontré à l’occasion de la réouverture de son hôtel cinq étoiles.

Situé dans le Pays de Gex (F), le Jiva Hill Resort a été agrandi et rénové l’an dernier.

Crédits: Roy Cruz

Situé dans l’Ain, à 15 minutes de l’aéroport de Genève, l’Hôtel Jiva Hill Resort a rouvert ses portes en mai dernier après plusieurs mois de travaux. Ce cinq-étoiles, où l’on peut pratiquer du golf, de l’équitation et du ski nautique sur 40 hectares, veut attirer une clientèle de loisirs mais également d’affaires. Bilan a rencontré son propriétaire, l’homme d’affaires Ian Lundin, qui détient également de nombreux projets immobiliers en Suisse.

Le Jiva Hill a fait peau neuve en 2019. Qu’offre-t-il de plus qu’auparavant?

Nous avons réalisé un nouveau bâtiment avec 20 chambres supplémentaires. Nous avons aussi réaménagé le lobby et les deux restaurants. Mais également les extérieurs pour en faire un lieu proche de la nature, zen, avec une piscine et un pool house.

Racontez-nous l’histoire de cet hôtel... Pourquoi l’avoir ouvert si proche de la frontière suisse?

Nous l’avons ouvert en 2007, au départ autour du ski nautique car je pratiquais ce sport et il y avait ce lac artificiel au pied du Jura qui était vraiment magique. J’ai eu un coup de cœur pour cet endroit. Nous avons ensuite construit l’hôtel, puis des écuries car ma femme est une grande cavalière. Nous organisons, par ailleurs, depuis trois ans, un concours international de dressage. Cette année, nous lançons une compétition 4 étoiles, du 28 au 30 août, ouverte au public, qui attirera parmi elle les meilleurs cavaliers du monde.

Quel genre de clientèle ciblez-vous?

Pendant la semaine, nous avons beaucoup d’entreprises et durant les week-ends, plutôt une clientèle individuelle, principalement genevoise, mais aussi de toute la région.

Avez-vous d’autres projets?

La famille possède un portefeuille immobilier qui comprend plusieurs projets en construction pour un montant total de 500 millions de francs, soit à Genève (57 appartements et villas à Conches), à Yverdon (centres commerciaux, bureaux à Y-Parc), à Crans-Montana (Hôtel Six Senses, un projet qui se monte à 200 millions de francs), à Orbe et à Jongny (Vaud).

L’homme d’affaires Ian Lundin détient de nombreux projets immobiliers en Suisse. (Crédits: Stéphanie Chermont)

Pouvez-vous nous expliquer votre attachement à la Suisse?

Nous sommes arrivés en 1966, avec mes parents, mon frère et mes deux sœurs. Après avoir beaucoup voyagé et habité dans le monde entier, nous sommes aujourd’hui, étrangement, tous de retour en Suisse. Quant à la troisième et la quatrième génération, elles sont éparpillées en Suisse, Suède, Canada et Grande-Bretagne.

Vous avez deux fondations, Lundin Foundation et AHL Charitable Foundation. Que soutiennent-elles?

Lundin Foundation est active dans tous les pays où le groupe Lundin a des opérations (une vingtaine en tout). Tandis que AHL Charitable Foundation fait de l’impact investment, avec un bureau à Nairobi. Elle fait des investissements dans de petites entreprises, notamment en Afrique de l’Est.

Comment se porte le groupe Lundin?

Les compagnies se portent très bien. Nous pensons peut-être à changer le nom de Lundin Petroleum en Lundin Energies car nous investissons de plus en plus dans les énergies renouvelables. Nous avons, par exemple, de nombreux actifs en Norvège, pays qui développe le plus grand nombre de solutions écologiques. Outre notre activité principale de production et d’exploration pétrolière dans ce pays, nous y développons aussi un projet hydraulique. A terme, nous aimerions être la première société pétrolière neutre en carbone. Le monde a besoin d’énergie, mais il faut la produire à l’avenir de manière moins gourmande.

Une procédure légale a été lancée par le Ministère public suédois contre Lundin Petroleum, son CEO Alex Schneiter et vous-même, vous soupçonnant d’avoir soutenu des groupes armés durant la guerre civile au Soudan. Comment le vivez-vous?

La procédure dure depuis dix ans, ce qui est très long. Mais je vais bien et je pense que tout cela sera bientôt derrière nous. Toutefois, les autorités suédoises auront à répondre à de nombreuses questions sur leur comportement quand tout cela sera terminé et classé.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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