Bilan

«Nous devons revenir à des circuits courts»

L’entrepreneur Jean-Jacques Ghelfi démarre la commercialisation d’un concept innovant de constructions: des bâtiments sur mesure, à l’impact carbone réduit et fabriqués hors site par une main-d’œuvre locale.

L’usine OneLiving de Gingins (VD).

Crédits: DR

Construire efficacement et localement des bâtiments à énergie positive, un pari que s’est lancé le chef d’entreprise Jean-Jacques Ghelfi il y a tout juste deux ans et qui porte désormais le nom de OneLiving. En construisant hors site sur la base d’un mélange bois-béton, ce nouveau produit présente de nombreux avantages et se veut disruptif.

Des bâtiments à base de bois et de béton

Jean-Jacques Ghelfi dans l’usine OneLiving de Gingins (VD). (François Wavre/lundi13)
Jean-Jacques Ghelfi dans l’usine OneLiving de Gingins (VD). (François Wavre/lundi13)

Le secteur de la construction pourrait ainsi devenir lui aussi flexible et écologique avec OneLiving. Depuis l’usine fraîchement inaugurée de Gingins (VD), une dizaine d’employés s’attellent à produire 70 m2 de bâtiment par jour à base de bois et de béton, alliant isolation et durabilité. De la façade à la salle de bains, tout est manufacturé en amont, à l’abri de la chaleur et du froid, puis transporté et assemblé directement sur chaque chantier dans un rayon maximum de 50 kilomètres. Plus rapide, la méthode ferait gagner environ 40% de temps par rapport aux méthodes de construction usuelles. «Moins de temps sur place, ce qui implique moins de nuisance, deux fois moins d’employés et des économies non négligeables», souligne Jean-Jacques Ghelfi.

Mais contrairement aux apparences, le patron ne cherche pas à diminuer les coûts à tout prix. Main-d’œuvre issue de la région, matière première provenant des forêts avoisinantes et limite de distance pour le transport de la marchandise, tout est pensé pour limiter son impact carbone. «En tant qu’entrepreneur, je dois faire vivre l’économie locale. Comme l’a montré la crise du Covid-19, nous ne faisons plus rien nous-mêmes. Nous devons revenir à des circuits courts et à du qualitatif», ajoute Jean-Jacques Ghelfi.

Les grandes familles de la construction ayant déjà montré leur intérêt pour le concept, reste désormais à convaincre les acteurs à la base de tous projets: les architectes. «Ces derniers pourraient craindre une standardisation ainsi qu’une diminution de leur charge de travail, mais nous proposons du manufacturé sur mesure, pas du préfabriqué. Tout est donc modulable et personnalisable», assure l’entrepreneur

Convaincu que son dernier projet peut profiter à tous, il espère à moyen terme convaincre d’autres acteurs du domaine de devenir des franchisés et ainsi développer OneLiving en Suisse.

Il faut dire que l’homme n’en est pas à son premier lancement. Après une carrière de vingt années dans le béton armé, cet ingénieur a voulu en finir avec la pollution générée par le secteur de la construction. En 1996, il saute le pas et fonde Batiflex, un concept de pavillons en bois démontables. Un succès qui engendrera par la suite la création de nombreuses autres marques, toutes réunies sous l’égide de sa société mère: Batineg.

Passionné de peinture et de gastronomie

«Pour y arriver, il a fallu que je sois exigeant envers moi-même, mais aussi avec mes collaborateurs. Une rigueur que j’applique également dans mes passions», décrit Jean-Jacques Ghelfi.

Ce touche-à-tout, Toscan d’origine et artiste peintre depuis son plus jeune âge, a d’ailleurs ouvert le restaurant genevois Tosca, dans le quartier animé des Eaux-Vives. Ce restaurant étoilé Michelin, orné de toutes parts d’œuvres d’art italiennes et mené en cuisine par une jeune équipe, privilégie une fois de plus les produits locaux. Du chevreuil à l’écrevisse revisités, les passions de l’entrepreneur, qu’il s’agisse de peinture, de sculpture ou de gastronomie, y sont dignement représentées.

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Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

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