Bilan

«Nous avons racheté Cellap Laboratoire»

La PME vaudoise de cosmétiques change de propriétaires. Le coronavirus ne pénalise pas les ventes de l’entreprise. Bien au contraire. Elle s’attend à une forte hausse de son chiffre d’affaires.

  • Alexandre Chappuis reprend avec un associé la PME créée par ses parents.

    Crédits: Cellap
  • Ses marques phare: Cellmen et Cellcosmet, vendues dans le monde entier.

    Crédits: Cellap

Au Mont-sur-Lausanne, la PME vaudoise Cellap Laboratoire élabore depuis trente ans les produits cosmétiques Cellcosmet et Cellmen qu’elle vend à travers le monde. Roland et Edith Pfister, ses fondateurs, ont vendu en février dernier leur entreprise à leur fils, Alexandre Chappuis, allié à l’entrepreneur Olivier Glauser. Rencontre avec la seconde génération.

Pour quelles raisons vos parents ont-ils quitté la société?

Mon beau-père et ma mère voulaient prendre leur retraite. Agés de 76 ans, ils ont beaucoup investi dans Cellap Laboratoire qui représente toute leur vie. Afin de pérenniser son avenir, différentes options ont été étudiées avec l’objectif ultime de préserver notre indépendance et notre savoir-faire helvétique.

De mon côté, je n’avais pas les moyens de racheter seul l’entreprise familiale. Il y a dix ans, un ami d’enfance, Olivier Glauser, m’avait contacté pour développer nos marques Cellcosmet et Cellmen en Chine. Ce partenariat s’est avéré fructueux. Nous sommes parvenus à y construire un important marché. Olivier Glauser est un investisseur et entrepreneur dans les médias, internet, et les nouvelles technologies. Avec sa femme chinoise, il est cofondateur de Shankai Sports, une société leader dans la gestion et la commercialisation du sport pour le marché chinois. Il a aussi travaillé dans le capital-risque.

Nous avons la même vision, celle de construire une entreprise pérenne pour les années à venir. Ensemble, nous avons décidé de reprendre Cellap Laboratoire en début d’année avec des investisseurs privés. Olivier Glauser et moi-même possédons désormais la majorité du capital. Je continue d’assurer la direction opérationnelle alors qu’Olivier est président du conseil d’administration.

Quels seront vos nouveaux objectifs par rapport à ceux de vos parents?

Nous allons davantage travailler sur la notoriété des marques en renforçant notre département marketing et nos liens avec les distributeurs. Nous ne voulons pas révolutionner l’entreprise mais assurer une continuité, avec des produits de qualité, et en proposant chaque année des nouveautés à la pointe de la science cosmétique. Aujourd’hui, nos marques comptent une soixantaine de produits qui s’adressent aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Il s’agit de perpétuer un modèle qui marche. Notre société connaît en effet une croissance importante de ses ventes. Celles-ci se sont multipliées par trois entre 2016 et 2020. Et les effectifs ont doublé durant cette période. Aujourd’hui, la société compte plus de 100 collaboratrices et collaborateurs. Nous prévoyons de renforcer nos effectifs d’ici à la fin de l’année à près de 120 personnes.

Votre société n’est-elle pas affectée par la crise du coronavirus?

Notre modèle verticalisé nous permet de maîtriser la recherche. Cellap Laboratoire travaille avec 30 distributeurs exclusifs dans 30 pays. Nos produits ne sont pas présents dans les duty free des aéroports. Cette stratégie s’avère aujourd’hui payante, étant donné la diminution drastique du nombre de voyageurs.

Nous nous attendons à une très grosse reprise d’ici à la fin de l’année en matière de vente de produits cosmétiques. Je suis très optimiste. Même si nous ne dévoilons pas nos chiffres, nos ventes devraient continuer de progresser. Actuellement, nous travaillons sur des formulations qui seront commercialisées dès 2024. Notre principale difficulté réside dans notre capacité à produire suffisamment pour répondre à la demande. Avec Olivier Glauser, nous partageons la même vision. D’importants projets d’expansion de nos marques sont en discussion.

Comment assurez-vous la production en respectant les mesures de distanciation sociale?

Nous respectons évidemment les normes de l’OFSP. Nous avons réussi à dégager de nouveaux locaux pour assurer la distanciation sociale dans toute la division liée à l’expédition et à la distribution de produits. Notre société est actuellement active sur 5500 m2, mais nous avons déjà gagné 1000 m2 supplémentaires. Nous allons encore augmenter nos surfaces pour assurer la production et le conditionnement de nos produits.

Vos employés ne sont ainsi pas touchés par le chômage partiel?

Certains collaborateurs ont dû réduire leur temps de travail car ils doivent s’occuper de leurs enfants qui ne vont plus à l’école. Nous avons fait appel au chômage partiel pour ces collaborateurs, mais nous veillons à compléter leur salaire pour qu’ils soient toujours payés à 100%. Nous avons de la chance de travailler avec des équipes solides et très fidèles à notre entreprise.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

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