Bilan

Nosh Pots inscrit la Romandie à son menu

En lançant Nosh Pots en Suisse romande, Marion Argi et Danny Golubev espèrent rencontrer le même succès que le concept a rencontré en Suisse alémanique. Des repas équilibrés, sains, bio ou locaux, et dans des contenants en verre, livrés le lendemain de la commande: les premières semaines semblent indiquer que l’idée trouve son public.

Marion Argi et Danny Golubev développent en Romandie le concept Nosh Pots, né à Zurich.

Crédits: DR

Bilan: Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le concept Nosh Pots?

Marion Argi: Nosh Pots, ce sont des repas sains, naturels, équilibrés et livrés dans des bocaux en verre. Tout le projet est né autour du concept de recyclage, même les pots de sauce sont en plastique recyclé. Les couverts sont en amidon de riz. L’autre idée motrice, c’est de pouvoir livrer des repas sains en entreprise et dans les salles de sport, pour que les gens qui travaillent, ou ceux qui s’entraînent à midi ou le soir puissent manger de manière saine et rapide. Et sans plastique.

Danny Golubev: La société existe à Zurich depuis trois ans. Ralf, le fondateur, a fait un tour du monde et a décidé de changer de vie. En Californie, il a vu un concept plus ou moins similaire. Quand il est rentré à Zurich, il a fait des bocaux pour ses amis qui allaient faire du sport. Au bout d’un moment, il a passé ce hobby en métier. Nosh signifie «snacking» et donc Nosh Pots sont des snacks dans des bocaux. Nous avons repris le concept pour la Suisse romande. En un an à Zurich, une tonne de plastique a été économisée. Pour ne pas que le verre remplace le plastique dans les poubelles, une consigne de deux francs, avec marquage du bocal, a été adoptée. Pour le moment, nous proposons cinq menus par semaine, y compris des menus à réchauffer pour l’hiver ainsi qu’une soupe. Nous proposons une option pour tous les régimes alimentaires.

Vous évoquez des repas sains. Comment sont-ils élaborés?

Des bocaux en verre, pour éviter le plastique. (DR)
Des bocaux en verre, pour éviter le plastique. (DR)

DG: Nos repas sont établis par des diététiciens et nutritionnistes, pour des gens ayant une activité sportive ou non. Chacun(e) choisit le plat selon sa préférence. Mais certaines salades sont plus riches en carbo-hydrates pour les sportifs. Et d’autres en comportent moins pour les non athlètes. Selon la taille du bocal, les proportions vont changer. Nous sommes parmi les plus grands fournisseurs de protéines, offrant d’importantes quantités de protéines animales ou végétales, couvrant ainsi les besoins quotidiens de nos clients. La grande majorité des aliments sont locaux et de saison. Nous suivons les productions suisses pour les aliments.

Qu’est-ce qui vous distingue d’autres offres similaires?

MA: Contrairement à d’autres sociétés qui proposent cela, nous installons des réfrigérateurs dans les entreprises, avec une boîte de retour pour les bocaux vides en dessous. Le but est d’avoir un service clefs en main. Il faut commander la veille sur notre site web. Nous produisons ainsi les bocaux le matin même et livrons les repas chez nos clients avant midi. Nous proposons également des offres spéciales pour les PME et les grandes entreprises paient un petit prix, offrant ainsi frigo, boites et livraisons.

DG: mais il n’y a pas de frais cachés. Souvent, d’autres sociétés demandent une forme de comptabilité et suggèrent de partager le profit. Nous ne demandons pas à ce qu’une personne tienne une caisse. Nous faisons tout, avec un service de comptabilité en ligne, et tous les paiements passent par le site.

MA: Par contre, nous proposons des formules assez flexibles avec des comptes particuliers ou des comptes entreprises. Le particulier peut éventuellement se faire livrer dans des points de retrait, dans une entreprise, un espace de coworking, une salle de sport,... A Lausanne, nous avons une série d’entreprises publiques, du secteur immobilier, des physiothérapeutes, ou des centres de sport,… Nous livrons sur l’ensemble de la Suisse romande. Et nous constatons qu’il y a davantage de demande dans des villes périphériques car il y a moins d’offre. On a déjà une bonne trentaine de pick-up points, 5 semaines après avoir démarré l’activité.

Quels sont les premiers chiffres de votre activité?

DG: A Zurich, Nosh Pots écoule 3400 unités par mois en moyenne. Nous avons débuté à 500 le premier mois, en septembre 2019, et espérons atteindre le millier en 2020. Nous avons recruté un chef avec quatre collaborateurs à proximité de Lausanne. Notre chef, Grégroy Norris, a un service traiteur depuis plus de 15 ans et a suivi un cursus à l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL). Les gens qui effectuent les livraisons et moi-même avons aussi fait l’EHL.

MA : Pour ma part, je suis en train de terminer un cursus de formation en nutrition-santé, afin d’apporter ma plus-value au projet. Mais je travaille aussi sur le marketing, le réseau des points de dépôt, les accords avec les entreprises et les espaces de fitness,…

Quels sont vos projets de développement?

MA : Notre capacité actuelle nous permettrait d’aller jusqu’à 3000 salades par mois. Actuellement, nous proposons des livraisons du mardi au vendredi, mais très prochainement ce sera du lundi au vendredi. Il n’y a pas d’activité le week-end pour le moment, mais les salades restent bonnes pendant trois jours, grâce à des boîtes tempérées qui gardent le froid pour les livraisons. Cela permet de couvrir l’ensemble des besoins hebdomadaires. Nous proposons déjà des desserts sains, tels que les « power cookies », cookies sans gluten, vegan et sans sucres raffinés. Cela est un plus pour le consommateur, mais nous tenons à rester sur un concept d’alimentation saine, donc il n’y aura pas de gâteau au chocolat avec du sucre, de la farine et du beurre. Nous pensons aussi proposer des petit-déjeuners dans un deuxième temps, avec des flocons d’avoine et du lait d’amande. Mais nous voulions commencer avec des salades. Le core-business devrait rester le repas.

DG : Et nous insistons sur la démarche responsable qui est dans notre philosophie. Il n’y a pas de stock car nous ne voulons pas gaspiller ou jeter de nourriture. Ce qui est commandé doit être acheté et mangé. L’idée c’est de grandir et d’arriver à prévoir les quantités pour faciliter l’activité, car pour le moment on peut commander jusqu’à la veille à 13h, afin justement de ne pas risquer les achats excédentaires et donc le gaspillage.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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