Bilan

Migros: le bénéfice recule mais la rentabilité augmente

475 millions de francs, c'est le bénéfice net de Migros en 2018. Le numéro un du commerce de détail en Suisse a dévoilé ses résultats mardi. Si son bénéfice net est en baisse de 5,5% sur un an, sa rentabilité a elle augmenté de 7,8%.

Le groupe emploie 106'622 personnes au niveau mondial, dont 89'671 en Suisse.

Crédits: Keystone

La restructuration en profondeur de la filiale de grands magasins Globus a pénalisé les résultats de Migros l'année dernière, même si le groupe est parvenu à afficher pour la première fois en quatre ans une progression du résultat opérationnel.


Face à une concurrence exacerbée, le géant suisse du commerce de détail continue d'investir dans ses canaux de distribution numériques, mais également dans ses échoppes, a indiqué mardi la direction du groupe lors d'une conférence de presse à Zurich.

"Migros est en bonne voie, mais nous devons faire des efforts en raison de la pression constante de la concurrence", a constaté le président du directoire Fabrice Zumbrunnen. Selon ce dernier, le géant helvétique du commerce de détail "affiche une santé resplendissante" et a réussi à augmenter sa part de marché de 0,3 point à 22,1%.

Cette bonne situation "n'est pas évidente", le commerce en ligne changeant les habitudes de consommation des clients, a ajouté le patron. En quatre ans, Migros a quasiment doublé ses recettes sur internet à 2,1 milliards de francs, grâce principalement à sa locomotive Digitec-Galaxus (953 millions de chiffre d'affaires). Sur cette période, la part des ventes dégagées sur le web est passée de 4% à 7,3%.

En 2018, le groupe a cependant réalisé une performance mitigée. Le chiffre d'affaires, déjà dévoilé mi-janvier, a progressé de 1,4% à 28,5 milliards de franc et le résultat opérationnel (Ebit) s'est amélioré de 7,8% à 651 millions de francs. La marge afférente a légèrement progressé de 0,2 point à 2,3%.

Si des correctifs de valeur de 90 millions inscrits par la filiale Globus ont pesé sur la rentabilité globale, le commerce de détail et de gros ainsi que la banque Migros ont gonflé l'Ebit du groupe, qui est cependant encore loin des 1,1 milliard de francs réalisés en 2014.

Le bénéfice net est par contre ressorti en baisse de 5,5% à 475 millions de francs. Le recul du profit net s'explique notamment par une charge fiscale plus élevée et les turbulences sur les marchés financiers en fin d'année dernière qui ont pénalisé les placements à hauteur de 30 millions.

La stabilité financière du groupe, qui emploie 106'622 personnes au niveau mondial dont 89'671 en Suisse, n'est cependant "pas une raison de se reposer", a averti le directeur financier Jörg Zulauf.

Hormis le vaste chantier de la numérisation, Migros doit aussi gérer ses activités en difficulté. La filiale Globus, qui a vu son chiffre d'affaires se contracter de 5,7% à 808,1 millions de francs en 2018, se trouve ainsi dans une situation délicate notamment en raison de la concurrence du portail de prêt-à-porter Zalando, a ajouté M. Zulauf.

Selon ce dernier, la chaîne de grands magasins devrait atteindre l'équilibre opérationnel en 2021. Quant à sa plateforme en ligne Digitec-Galaxus, cette dernière devrait franchir cette année la barre du milliard de chiffre d'affaires.

Rester en pleine forme

En 2019, le distributeur s'attend "à ce que le résultat opérationnel (Ebit) et le bénéfice net augmentent", a dit à AWP M. Zulauf.

Alors que le bénéfice net de 475 millions de francs réalisé en 2018 "se trouve à limite inférieure" des objectifs du groupe, ce dernier compte atteindre ses objectifs financiers d'ici deux à trois ans. Le géant orange cible une marge sur le bénéfice net de 2% à 4%, contre 1,7% l'année dernière.

En matière de marge opérationnelle (Ebit), qui a atteint 2,3% en 2018, Migros cible entre 3% et 5%.

Malgré les efforts déployés en matière de numérisation, la direction a assuré non seulement investir dans le commerce sur internet mais aussi dans la présence régionale et la modernisation des filiales. Le développement d'autres secteurs d'activités, comme la santé avec son réseau Medbase et les centres de remise en forme, doit apporter sa pierre à l'édifice.

Si la direction a confirmé qu'elle allait poursuivre en 2019 son processus de transformation pour "rester en pleine forme", elle a aussi assuré qu'elle allait continuer à transmettre ces efforts aux clients, notamment au niveau des prix.

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