Bilan

Michel Robadin, un homme direct

L’ancien tennisman professionnel a fondé son propre média à 60 ans. Direct News couvre les événements sportifs et entrepreneuriaux sans aucun montage. Retour sur un parcours atypique.

Direct News, «c’est l’aventure de ma vie», affirme Michel Robadin.

Crédits: Magali Girardin

A l’instar de Marc Rosset qui joue les consultants pour la RTS, l’ancien joueur de tennis Michel Robadin a choisi le monde des médias après avoir arrêté sa carrière de tennisman. «J’ai joué les qualifications à Roland-Garros, Wimbledon, Bâle», se souvient-il. Le sportif a depuis longtemps troqué sa raquette pour un micro. Il a fondé Direct News – plateforme de vidéo en ligne – en 2016. La particularité? Il n’y a que du direct. «C’est dans l’air du temps, il y a une question de proximité et un côté vrai», plaide Michel Robadin. Du direct et rien que du direct, pour une plateforme qui diffuse à la fois sur le site et sur Facebook, YouTube, LinkedIn, Instagram et Twitter. Il se spécialise dans les événements sportifs, là où son réseau est particulièrement développé.

La crise du Covid-19 a toutefois passablement chamboulé ses plans. «Tout d’un coup, tous mes tournages ont été annulés, mon agenda s’est vidé», se souvient-il. Il a alors décidé de proposer des multiplex avec des chefs d’entreprise, qui pouvaient alors discuter de leurs difficultés et de leurs solutions. «J’ai pu compter sur le soutien de la Fédération des entreprises romandes, mais aussi sur beaucoup d’autres entités qui ont sponsorisé le contenu», confie-t-il.

Sponsors

Le modèle économique de Direct News est bien celui d’un contenu sponsorisé. Est-ce du publireportage? «Oui, en quelque sorte», admet-il. Il critique toutefois une certaine hypocrisie dans le milieu. «Lors de mes passages dans différents médias, les journalistes avaient souvent peur de faire des reportages chez des sponsors. Mais au final, ce sont eux qui vous font manger.»

Michel Robadin compte plus d’une centaine de partenaires plus ou moins réguliers, dont une grande marque horlogère, ou encore Cornland Studio. La société d’audiovisuel est prestataire technique depuis trois ans. Son équipe parle de Michel Robadin comme de «quelqu’un de spontané qui sait mettre les gens à l’aise lors d’interviews ou de rencontres». Les sponsors paient une certaine somme en échange d’une couverture en direct. Le modèle économique fait ses preuves et lui permet de travailler avec une dizaine de personnes, même s’il est le seul à plein temps.

L’envie de faire sa propre cuisine

Le Genevois est passé par d’autres maisons avant de fonder sa propre société. «Je suis devenu consultant pour la RTS à 40 ans. Quand ils n’ont plus pu me garder, je suis parti chez Léman Bleu», explique-t-il. La télévision genevoise sera rythmée par les émissions de Michel Robadin pendant une vingtaine d’années. «En tant qu’ancien joueur professionnel, il a énormément inspiré les jeunes journalistes sportifs», note Laurent Keller, qui souligne au passage le ton jovial et «toujours de bonne humeur». Jusqu’à ce que les finances de la chaîne poussent le conseil d’administration à restructurer. «Les trois directeurs ont été débarqués, et Laurent Keller a pris ma place», glisse le fondateur de Direct News. Il ne le cache pas, les rapports se sont passablement dégradés, si bien qu’il parle d’un grand manque de reconnaissance de la chaîne genevoise. Michel Robadin accuse l’émission Léman Bleu Live d’être une copie de son propre concept. «Nous avons opéré une transition vers le journalisme mobile dont Michel Robadin s’est inspiré», commente de son côté Laurent Keller.

Direct News était peut-être le meilleur chemin possible. «C’est l’aventure de ma vie», commente l’intéressé. Il y a investi tout son temps ainsi que ses fonds. Il n’a pas pris de vacances depuis plusieurs années et préconise un travail passionné pour parvenir à ses fins. Il dénonce notamment une génération qui, selon lui, a davantage «un poil dans la main qu’un couteau entre les dents».

Garciarebecca1
Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

Du même auteur:

A chaque série Netflix son arôme de cannabis
Twitch: comment devenir riche et célèbre grâce aux jeux vidéo

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."