Bilan

Marc Biver, précurseur du marketing sportif

Dans un ouvrage paru ces jours aux Editions Slatkine*, le manager neuchâtelois revient sur son parcours unique, ses succès comme ses revers. Sans langue de bois.

Marc Biver gérait l’equipe Astana avec les coureurs Savoldelli et Kashechkin (de g. a dr.).

Crédits: Sébastien Féval

Sa carrière commence presque par accident. Omega cherchait un assistant de direction dans le service chronométrage. Comme il avait prévu de partir aux Etats-Unis, sac à dos, il se rend à son entretien d’embauche pas très motivé. Au final, il est recruté, mais en plus son employeur accepte qu’il ne commence son job qu’à son retour de voyage. Marc Biver va décrocher des mandats de chronométrage pour diverses courses de ski. Il couvre des Jeux olympiques et divers championnats. «Ce fut les plus belles années de ma vie. J’étais arrivé pratiquement sans bagage et au final, j’étais responsable du département de chronométrage.» En 1978, Fritz Ammann devient le directeur marketing d’Omega. Rapidement, il donne davantage de responsabilités au jeune homme qui ne manque pas d’idées audacieuses. C’est ainsi que les horlogers ont fait leur apparition dans les coins des courts de tennis.

A la suite de la démission de son mentor, Marc Biver quitte Omega et crée Marc Biver Development (MBD). Un des six membres de l’équipe marketing d’Omega, Jean-Marc Jacot, était devenu directeur marketing d’Ebel. Il propose à Marc Biver de l’aider. Ce dernier commence par acheter les droits de la course de ski de St. Anton, en Autriche, la seule disponible sur le marché. MBD devient l’agence marketing d’Ebel. «A l’époque, les entreprises ont réalisé et compris que le sport était une fantastique plateforme marketing et de relations publiques (…). Les années 80 étaient des années bénies, avec une haute conjoncture, où l’argent était disponible.» En 1984, il commence la gestion des carrières de sportifs et démarre avec le skieur Pirmin Zurbriggen.

Sentant que MBD n’était ni assez grande et ni assez petite, il accepte une offre d’acquisition d’IMG, le leader mondial. «Grâce à IMG et à son assise financière, nous avons pu obtenir les droits des Championnats du monde de ski alpin par exemple.» Le cyclisme devient progressivement la carte de visite d’IMG Suisse. La société reprend le Tour de Romandie et le Tour de Suisse.

Burn-out et dopage

Un livre retrace plus de quarante ans de carrière. (Crédits: Sébastien Féval)

Mais, diagnostiqué burn-out par son médecin, Marc Biver quitte IMG en 2004. En été 2006, le coureur cycliste kazakh Alexandre Vinokourov souhaite le rencontrer, car son pays veut créer une équipe professionnelle de cyclisme et cherche un directeur général. Comme cela a toujours été son rêve de gérer une équipe cycliste, Marc Biver accepte. Il s’en mordra les doigts… «Kash (le cycliste Andrey Kasheschkin, ndlr) me dit: Tu sais, nous, les coureurs kazakhs, nous sommes tranquilles. Tous les produits interdits arrivent par voie diplomatique! Sur le moment, j’ai rigolé, j’ai pris cette boutade pour une blague. L’avenir me contredira quelques mois plus tard», raconte-t-il. Vinokourov découvert positif, toute l’équipe Astana sera exclue du Tour de France.

En 2008, il reprend la présidence de l’association faîtière du triathlon helvétique, obtient que Parmigiani Fleurier soutienne Swiss Triathlon et contribue activement à remettre à flot les comptes de cette fédération. En parallèle, courant 2009, il rejoint deux anciens d’IMG pour fonder l’agence Tridem où il restera jusqu’en 2016. A ce titre, il a géré la carrière de Dario Cologna, champion olympique de ski nordique.

Enfin, alors qu’il pensait prendre une retraite bien méritée, Marc Biver accepte une proposition de son frère, Jean-Claude, qui avait repris la direction générale de TAG Heuer, tout en étant directeur du pôle horloger de LVMH. L’objectif était de mettre sur pied une équipe cycliste au nom de TAG Heuer. Finalement, le projet ne trouva pas grâce auprès du conseil de LVMH, mais TAG Heuer s’associa néanmoins à l’équipe cycliste BMC.

* «Marc Biver, un pionnier authentique», rédigé par Corinne Druey, Editions Slatkine, oct. 2020

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin 2019.

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