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Manger au bureau ou dehors: quel impact sur le travail?

Prendre son repas devant son écran d'ordinateur, sans réelle coupure au milieu de la journée de travail, aurait un impact négatif sur le stress et la créactivité, selon une étude de l'Université Humbolt de Berlin.
Une salade, un sandwich ou un plat préparé la veille et réchauffé au four à micro-ondes, le tout devant son écran d'ordinateur: depuis quelques années, la pause du repas de midi s'est sensiblement transformée. Nombre de salariés ne quittent pas leur poste de travail et grignotent un repas à la va-vite.

Mais ces nouvelles habitudes ne seraient pas sans conséquence pour les salariés, selon une étude menée par des chercheurs allemands de l'Université Humbolt de Berlin et publiée dans la revue PLOS ONE: le stress serait augmenté et la créativité diminuée.

Entre casse-croûte et vraie pause repas

Les universitaires berlinois se sont penchés sur les conséquences psychologiques d'un repas et comment celui-ci peut affecter la pensée et l'émotion.

L'échantillon étudié comportait 32 femmes: seize d'entre elles avaient l'habitude de manger seules au bureau, tandis que les seize autres s'accordaient une réelle pause, afin de prendre un repas à table avec d'autres personnes.

Logiquement, ce constat posé, les conditions du repas de midi devenaient fort différentes: solitaire et rapide, sans réelle attention aux aliments ingurgités. A contrario, celles qui optaient pour une pause repas réelle prenaient davantage de temps, sélectionnaient attentivement leur menu et parcouraient une petite distance à pied, soit une sédentarité diminuée.

Une batterie de tests

C'est à la fin du repas que les chercheurs ont réalisé leurs analyses: mémoire sémantique, contrôle cognitif, traitement des erreurs, expressions faciales, questionnaire sur l'humeur du moment,... Résultat: les personnes ayant pris plaisir à manger au restaurant étaient plus aptes à se relaxer, à laisser se relâcher leurs fonctions cognitives, permettant ainsi de maîtriser davantage leur palette d'expressions faciales, et donc d'augmenter potentiellement leur créativité et leur rapport aux autres.

Loin de constituer une perte de temps et d'efficacité, le repas de midi pris ailleurs que devant son écran d'ordinateur peut se révéler bénéfique: amélioration des relations entre collègues, augmentation de la créativité, fonctions cognitives reposés et donc plus efficaces dans l'après-midi,...

Le repas avec les collègues serait bénéfique

Pour un salarié, se relaxer peut permettre une plus grande productivité dans les activités créatives et aider à réduire le stress et le surmenage au travail. De plus, partager un repas avec ses collègues aiderait à accroître la productivité et le bien-être professionnel. Par contre, lorsque les missions d'un travailleur consistent en la répétition d'une activité de contrôle attentif d'un processus de production, une longue pause déjeuner peut se révéler néfaste.

C'est ce dernier aspect que certains ont décidé de retenir, négligeant l'impact positif d'une vraie pause repas sur la créativité pour se concentrer uniquement sur la baisse de concentration que celle-ci pouvait entraîner, comme c'est le cas dans ce reportage vidéo.



Le Huffington Post, qui fait état de cette étude, rappelle un sondage réalisé par Right Management, une société spécialisée dans les ressources humaines, en 2011: un employé américain sur trois seulement s'octroie une pause repas, et donc 65% des employés mangent à leur bureau voire ne mangent pas du tout. Si cette proportion semble particulièrement élevée aux Etats-Unis et sans doute moins forte en Europe, la tendance est là.

«Une réduction du contrôle cognitif est un désavantage quand il s'agit de maîtriser ses capacités et apporter une attention pointue aux erreurs, comme, par exemple, lors du traitement de données numériques. Mais dans d'autres situations, une atténuation du contrôle cognitif peut être avantageux, comme lorsque l'on doit se montrer sociable et créatif», selon les chercheurs qui ont mené l'étude.
Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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