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L'Oréal: croissance en vue au 2e semestre, selon le patron

La pandémie a conforté la stratégie de L'Oréal, qui pourrait retrouver la croissance au second semestre, anticipe son PDG, Jean-Paul Agon, lors d'un entretien à l'AFP, à l'occasion du lancement du nouveau programme de développement durable de l'entreprise.

Crédits: Keystone

Alors que les mauvaises nouvelles économiques se succèdent à travers le globe dans tous les secteurs, le dirigeant du géant mondial des cosmétiques se dit confiant: il estime que la reprise de l'activité en Chine, désormais son deuxième marché, est de bon augure. Au premier trimestre, sous l'impact du Covid-19, le groupe avait pourtant vu ses ventes mondiales reculer de 4%, et suspendu ses objectifs financiers annuels.

Toutefois, "en Chine, nous allons être capables d'avoir une croissance sur le deuxième trimestre assez comparable à ce que l'on a d'habitude. Ce n'est peut-être pas un modèle qui sera répliqué partout, mais nous sommes confiants sur la capacité du groupe de repartir en croissance à compter de l'été", affirme M. Agon. "On constate que quand les magasins rouvrent, la consommation reprend".

Le dirigeant estime par ailleurs que la crise sanitaire a confirmé la stratégie de son entreprise, notamment pour le développement du e-commerce, tout en insistant sur "la transformation vers la durabilité" engagée à travers diverses actions, dont le nouveau programme "L'Oréal pour le futur".

"Pour nous, il n'y a pas de contradiction entre performance économique et responsabilité. Au contraire. C'est un cercle vertueux, et c'est probablement tous les efforts que nous avons fait pour nous transformer qui ont contribué aussi à la performance économique de L'Oréal", assure-t-il.

Les objectifs environnementaux que se fixe le groupe aux 36 marques sont pourtant difficiles à atteindre quand le secteur des cosmétiques est régulièrement pointé du doigt, que ce soit pour les contenants en plastique ou leurs formulations issues de dérivés de produits pétroliers.

Succession en 2021


"Il suffit de tout changer", soutient le PDG en réponse. "De transformer totalement la formulation des produits, de recourir à la 'green science', de s'assurer d'utiliser des matières premières naturelles et renouvelables", énumère-t-il.

D'ailleurs, les produits grand public du groupe "ont toujours été fabriqués là où on les vend, ce qui est lié à des critères économiques et de durabilité: il serait absurde de faire voyager des shampoings à travers le monde par bateau ou par avion".

Les produits des divisions Luxe et Cosmétique active de L'Oréal, fabriqués en France, sont toutefois largement exportés.

"La France, qui ne représente que 7% du chiffre d'affaires mondial, représente 25% de notre production industrielle mondiale. Nous continuons à investir, à développer la main d'oeuvre dans nos usines françaises", explique le PDG.

Les marchés financiers n'y trouvent rien à redire: l'action de L'Oréal a atteint son plus haut niveau historique il y a quelques jours, à plus de 282 euros. La décision de L'Oréal de maintenir la distribution de dividendes pour 2019, quand d'autres compagnies du CAC 40 les ont annulés ou réduits, peut d'ailleurs expliquer l'intérêt des investisseurs - même si elle a suscité des critiques.

"Les dividendes sont à mettre en relation avec les profits de 2019 qui étaient extrêmement élevés", défend M. Agon.

Aucune aide de l'Etat


En outre, le groupe n'a fait "appel à aucune aide de l'Etat, ni report de charges, ni aucun chômage partiel en France" durant la pandémie, rappelle le PDG, qui juge "positive (...) la contribution de L'Oréal dans le circuit économique par les dividendes".

M. Agon a par ailleurs confirmé que sa succession aurait bien lieu "dans le courant du premier semestre de l'année prochaine". Sans écarter la possibilité de dissocier les rôles de président et de directeur général.

"Mon prédécesseur Lindsay Owen-Jones, lorsqu'il m'a transmis la direction générale (en 2006, Jean-Paul Agon devenant PDG en 2011, ndlr) a conservé la présidence de L'Oréal pendant cinq ans, et tout le monde s'en est félicité, moi le premier, car cela permettait une transition en douceur. C'est un bon schéma", dit-il.

Avec une femme comme directrice générale? "La recherche de la succession se fait en interne auprès de candidats et de candidates. Aujourd'hui, parmi les patrons des marques de L'Oréal, il y a une majorité de femmes (...) il est tout à fait légitime qu'au plus haut niveau de l'entreprise, les femmes soient représentées", assure le dirigeant.

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