Bilan

Lobbyisme: les multinationales suisses dépensent 20,7 millions aux USA

Les deux géants pharmaceutiques Roche et Novartis sont les entreprises helvétiques qui dépensent le plus aux Etats-Unis pour défendre leurs intérêts.

En 2018, les entreprises sises aux Etats-Unis ont dépensé 3,4 milliards de dollars pour faire du lobbyisme.

Crédits: AFP/Getty

Combien d’argent, les sociétés helvétiques dépensent-elles en Suisse pour faire du lobbyisme auprès des acteurs politiques et de l’administration fédérale? On l’ignore. Le culte du secret domine. Si ces dernières sont présentes aux Etats-Unis, elles doivent en revanche jouer la carte de la transparence en vertu du Lobbying Disclosure Act de 1995. Cette loi oblige les entreprises qui font du lobbying à s’enregistrer auprès des autorités américaines, à publier les noms des sociétés de conseil mandatées et des personnes contactées, les montants dépensés et à indiquer leur motivation.

Selon les chiffres que vient de publier le Center for Responsive Politics, les sociétés du SMI (indice-vedette de la Bourse suisse) ont consacré 20,9 millions de dollars (20,7 millions de francs suisses) en 2018 pour défendre leurs intérêts outre-Atlantique. Cette somme est plus ou égale à celle de 2017.

Novartis dépassé par Roche

Après avoir dépensé un montant record en 2017 (8,7 millions de dollars), Novartis a réduit l’an dernier ses frais à 5,9 millions de dollars. Le géant pharmaceutique bâlois est dépassé par son concurrent Roche. Avec 6,4 millions de dollars, la multinationale rhénane figure sur la plus haute marche du podium. Parmi les motifs de leurs interventions: les programmes médicaux Medicare et Medicaid, les conditions de remboursement des médicaments biosimilaires, les droits d’importation, etc.

Dans la finance, les sommes engagées sont moins importantes: Zurich Insurance (2,4 mios), Swiss Re (1,4 mio), Credit Suisse (1,1 mio) et UBS (0,510 mio). Les deux plus grandes banques se sont surtout inquiétées des réformes des règles de régulation financière mises en œuvre après la crise de 2008.

De leur côté, les charges de lobbying de Nestlé, LafargeHolcim et ABB se sont élevées respectivement à 1,5 mio, 0,790 mio et 0,630 mio

11'000 lobbyistes accrédités au Congrès

Pour faire valoir leurs revendications, les multinationales helvétiques passent par le biais de leurs filiales américaines, lesquelles engagent des cabinets spécialisés dans le lobbying. Les montants qu’elles consacrent à cette activité peuvent fortement varier d’une année à l’autre en fonction des législations débattues par le Congrès.

Selon le Center for Responsive Politics, plus de 11'000 lobbyistes sont accrédités auprès du Congrès. En 2018, les dépenses des entreprises sises aux Etats-Unis ont atteint 3,4 milliards de dollars en 2018 dans ce domaine.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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