Bilan

Lits froids: Evolène mise sur des mazots 4 étoiles

L’acceptation de l’initiative Franz Weber accentue la pertinence d’un projet original de rénovation de granges.

Les communes alpines vont devoir réfléchir autrement. Puisque le peuple suisse a choisi de limiter la proportion de résidences secondaires en acceptant l’initiative Franz Weber, construire de beaux chalets vendus à prix d’or n’est plus une option. Une possibilité est de miser sur l’existant. Cette idée, qui fait son chemin dans la commune d’Evolène, en Valais, précède le vote du 11 mars, mais sa pertinence n’en est qu’accrue aujourd’hui. Le principe imaginé par l’association Rev’Oleïnna est simple: rénover les mazots, granges et autres raccards abandonnés, dont le val d’Hérens regorge, et les louer. «Ce concept nous permet à la fois de mettre en valeur le patrimoine local et de limiter le nombre de lits froids, qui ne génèrent qu’une faible consommation dans l’économie locale», explique sa vice-présidente, Anne-Sophie Fioretto. Ces lits froids représentent 60% du total municipal, soit bien davantage que les 20% prévus par l’initiative populaire. Française d’origine, Evolénarde d’adoption, cette spécialiste du développement touristique porte ce projet avec trois propriétaires et un architecte, tous du coin. Le quintet a entamé sa réflexion sur la base d’un double constat. D’abord, «l’hôtellerie classique nécessite des investissements importants. Or, une commune comme Evolène ne peut pas régater avec les stations chics», expose Anne-Sophie Fioretto. Par ailleurs, les touristes se rendant dans le val d’Hérens recherchent justement cette authenticité. Il faut donc lier les deux contraintes.

Services traiteur et «bien-être»

Pour des séjours de courte ou de moyenne durée, Rev’Oleïnna veut offrir à la clientèle un hébergement haut de gamme, labellisé 4 étoiles, dans ces mazots rénovés dans le respect des traditions. Du confort et du design avec, en prime, un service hôtelier à la carte. Une nouvelle offre qui, en s’appuyant sur les commerçants locaux, comprendra aussi bien un service traiteur que des prestations «bien-être». Pour l’heure, Rev’Oleïnna a recensé quinze bâtiments d’intérêt dont le propriétaire a donné son accord de principe au projet. Deux options s’offrent à lui. Soit il rénove lui-même son bien puis le met en location via le réseau et empoche alors la majorité du revenu locatif. Soit il délègue la rénovation en sachant que le loyer qu’il percevra sera moindre. «Quoi qu’il advienne, les travaux devront respecter notre ligne architecturale», précise Anne-Sophie Fioretto. La transformation des quinze bâtiments, dont une partie de l’Hôtel Hermitage, un joyau historique, est évaluée à 12 millions de francs. Sous forme de prêts ou d’aides, la somme est à trouver auprès des différents partenaires privés et publics en charge de la promotion touristique et des régions de montagne. «Les travaux débuteront l’année prochaine en vue d’une mise en location dès 2014», espère la vice-présidente. A ce stade, l’association Rev’Oleïnna se muera en une société avec pour mission de commercialiser les mazots et d’assurer les services à la clientèle. Un tel concept existe déjà dans le Tessin, à Brontallo, dans le val de Bagnes et en Corse. Dans son dernier numéro 2011, Patrimoine Suisse consacre un dossier à la réaffectation des maisons paysannes en résidences principales ou en maisons vacances. Et avec l’entrée en force de l’initiative Franz Weber, il se pourrait bien que l’idée se propage hors du val d’Hérens.

Crédit photo: Sédrik Nemeth

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