Bilan

L’instabilité économique affecte l’industrie des machines

Les publications des résultats comptables du premier semestre montrent que le volume d’activités a tendance à décroître. Le second semestre s’annonce encore plus difficile.

Les entrées de commandes reculent dans la plupart des entreprises.

Crédits: Keystone

Les entreprises helvétiques actives dans l’industrie des machines souffrent. Les résultats du premier semestre 2019 sont mitigés voire plus mauvais que prévus. «Cette situation nous préoccupe. Le force du franc, le Brexit, le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, la dégradation de la conjoncture en Allemagne qui représente environ un quart de nos exportations, constituent des facteurs de risques importants», affirme Philippe Cordonier, porte-parole de Swissmem, l’association faîtière de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux.

Chez Bobst, le chiffre d’affaires, le résultat opérationnel, le bénéfice net, les entrées de commande et le carnet de commandes ont reculé, alors que les prévisions de marge opérationnelle ont été revues à la baisse pour l’exercice 2019. Sis à Mex dans les environs de Lausanne, le leader mondial des machines d’emballage est affecté par l’instabilité économique, l’arrivée de concurrents et les nouvelles exigences des clients.

L'inquiétude de l'industrie automobile

«Notre secteur est touché par la demande des consommateurs et des propriétaires de marques de mettre au point des solutions d’emballages respectueuses de l’environnement. Cette tendance offre de nouvelles opportunités mais, aujourd’hui, elle freine les investissements des clients», constate la société vaudoise.

Dans le Jura bernois, Tornos a réussi à accroître fortement son bénéfice opérationnel et son résultat net, mais il a enregistré une chute de 40% de son carnet de commandes à 77 millions de francs en raison du recul de la demande dans l’industrie automobile. «Dans ce segment de marché, plusieurs facteurs tels que les différends commerciaux internationaux, les discussions concernant le moteur diesel, les retards d’autorisations en Allemagne ou l’évolution imprévisible de l’électromobilité ont provoqué des inquiétudes», écrit l’entreprise de Moutier dans son rapport semestriel. «Selon toute vraisemblance, ajoute-t-elle, l'inquiétude de l'industrie automobile continuera à porter préjudice aux entrées de commandes au cours du second semestre».

De son côté, le volume de commandes de Cicor, qui possède un site de production à Boudry (NE), a chuté de 19% à 112 millions de francs au cours des six mois de cette année. Dans son communiqué, le groupe industriel pointe du doigt une plus grande prudence des clients dans une conjoncture affaiblie, ainsi que quelques reports de projets. Il dit aussi que la vigueur du franc affecte sa rentabilité.

Ralentissement attendu au 2e semestre

Avec une perte nette, une baisse du chiffre d’affaires et du résultat d’exploitation, les résultats de Comet ont déçu. Sis à Flamatt (FR), le spécialiste des rayons X, hautes fréquences et faisceaux d'électrons a justifié cette déconvenue par un «environnement de marché difficile.» Le gel des nouvelles embauches et le non remplacement des personnes qui ont quitté l’entreprise ont entraîné une baisse de l’effectif (une centaine d’emplois en moins).

Installé à Domdidier (FR), Wago Contact a introduit le chômage partiel pour 260 employés. Active dans la fabrication de petites bornes d’interconnexion électrique, cette filiale du groupe allemand Wago, qui emploie au total 500 collaborateurs, souffre d’une baisse des entrées de commande depuis la fin 2018.

Pour le second semestre, l’association faîtière Swissmem s’attend à un nouveau ralentissement des affaires. Mais comme la branche est très hétérogène, celui-ci n’affectera pas toutes les entreprises dans une même ampleur. Si le franc continue de s’apprécier et que la conjoncture en Allemagne ne se redresse pas, une nouvelle vague de restructurations est prévisible.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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