Bilan

L'incertitude demeure pour les employés d'Easyjet en Suisse

Les conséquences de la restructuration annoncée jeudi par Easyjet demeurent encore incertaines pour les opérations helvétiques. La compagnie aérienne britannique veut consulter le personnel en Suisse avant de prendre une décision. A l'échelle du groupe, un tiers de l'effectif - soit environ 4500 postes - est menacé.

A l'échelle du groupe, un tiers de l'effectif - soit environ 4500 postes - est menacé.

Crédits: Keystone

"Nous lancerons un processus de consultation des employés dans les prochains jours. Nous ne pouvons pas préjuger de ce qui en ressortira", indique jeudi à AWP un porte-parole d'Easyjet en Suisse. La compagnie emploie quelque 1000 employés dans le pays, sur un effectif global de 15'000 personnes.

Interrogé lors d'une conférence de presse à Genève Aéroport sur les conséquences pour le personnel d'Easyjet en Suisse, Jean-Marc Thévenaz, directeur d'Easyjet Suisse, a indiqué qu'il était trop tôt pour se prononcer. Il a toutefois souligné que le marché suisse était important pour la compagnie. D'ailleurs, sur les dix avions qui revoleront en Europe à partir du 15 juin, deux le feront depuis Genève, a-t-il relevé.

L'impact pour l'aéroport de Genève, principal site d'Easyjet en Suisse, reste pour l'heure inconnu. Fin 2019, la compagnie représentait une part de marché de 44,8% à Cointrin pour 585 employés. Avant l'éclatement de la pandémie, 80 destinations étaient desservies au départ de Genève sur un total de 157 depuis la Suisse.

La position est également dominante à l'aéroport de Bâle-Mulhouse, où Easyjet pèse pour près de 60% du trafic aérien. L'activité à Zurich est moindre par rapport aux pôles rhénan et genevois.

En termes de flotte, 14 appareils frappés du logo orange et blanc sont stationnés à Genève, contre 12 sur le tarmac d'Euroairport, selon des indications fournies en 2019.

Licenciements inévitables, selon le SSP


Côté syndical, on déplore une "annonce brutale" faite avant toute consultation avec le personnel, preuve d'une certaine "désinvolture" d'Easyjet. "Je vois les réactions des employés d'Easyjet avec qui je suis en contact sur les réseaux sociaux, les gens sont sous le choc", affirme Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical auprès du Syndicat des services publics (SSP) à Genève.

Partenaire social du transporteur en vertu d'une convention collective de travail, le SSP exige dans les plus brefs délais la tenue de négociations devant aboutir à un plan social pour les employés concernés. "Il y aura des licenciements", souligne M. Pouranpir, qui concède cependant comprendre la "situation difficile" des compagnies aériennes.

Le groupe Easyjet a annoncé dans la matinée la suppression de 4500 postes, soit près d'un tiers de ses effectifs. Il a pris cette mesure afin de faire face au choc de la pandémie de coronavirus. La compagnie à bas coûts, dont l'activité est à l'arrêt depuis des semaines, entend préserver ses finances et s'adapter à un trafic aérien plus faible sur une longue période.

En Suisse, la compagnie n'a pas obtenu d'aide publique pour surmonter les difficultés liées à la pandémie de Covid-19. Fin avril, Easyjet Suisse a néanmoins exhorté la Confédération à stimuler la demande pour le transport aérien, notamment par une annulation temporaire des taxes pour le secteur ou une baisse des redevances aéroportuaires.

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