Bilan

Les start-up dans la santé à l'assaut du capital risque

Les entreprises nouvellement créées dans la santé peinent à assurer leur croissance en Suisse, malgré un tissu académique, industriel et économique propice à l'innovation.

Si l'Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne, hôte de l'évènement, voit naître une dizaine de nouvelles entreprises chaque année, son président Patrick Aebischer attend avec impatience d'assister à des exemple de croissance durable, voire d'introduction en Bourse, qui permettraient l'avènement d'un écosystème de la santé en Suisse et sur l'Arc lémanique (baptisé "health valley") en particulier.

Crédits: Keystone

Les entreprises nouvellement créées dans la santé peinent à assurer leur croissance en Suisse, malgré un tissu académique, industriel et économique propice à l'innovation. Les acteurs du secteur déploraient mardi, à la Journée de l'innovation et des PME 2015, un manque de propension du capital risque à investir dans ces sociétés, avec un appel du pied explicite aux fonds de pension, actuellement en butte à l'environnement de taux bas.

Accès au talents et encadrement de la collecte et l'exploitation de données médicales constituent l'autre enjeux majeur pour les start-up comme pour les groupes de plus grande envergure.

Si l'Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne, hôte de l'évènement, voit naître une dizaine de nouvelles entreprises chaque année, son président Patrick Aebischer attend avec impatience d'assister à des exemple de croissance durable, voire d'introduction en Bourse, qui permettraient l'avènement d'un écosystème de la santé en Suisse et sur l'Arc lémanique (baptisé "health valley") en particulier.

M. Aebischer relève toutefois la convergence entre la traditionnelle activité pharmaceutique, les nouvelles technologies et l'alimentation notamment, très dynamique dans la région.

Afin de pallier aux problèmes d'investissement dans les jeunes structures, le vice-président de Nestlé, Stefan Casticas, propose un coup de pouce des autorités pour limiter le risque liés à ces engagements. La mise en place de conditions fiscales attrayantes ou encore l'octroi de concessions en termes de propriété intellectuelle notamment pourraient améliorer la situation.

"En Suisse, le discours sur l'innovation reste très élitiste, mais il manque encore une prise de conscience de ce qu'elle peut amener en termes de croissance ou d'emploi", estime l'administrateur du géant agroalimentaire veveysan.

DONNÉES CONVOITÉES MAIS PROTÉGÉES

En termes de recherche, la médecine par les données constitue l'enjeux majeur pour l'avenir des traitements, juge M. Aebischer, prenant à témoin l'intérêt marqué de multinationales comme Google pour le secteur de la santé. Les freins réglementaires à la collecte et au traitement de ces informations restent nettement plus importants sur le Vieux continent que de l'autre côté de l'Atlantique, note André Hoffmann, vice-président de Roche.

"Si vous voulez que les gens vous accordent leur confiance pour leurs données médicales, il faut les convaincre que l'intérêt commercial ne prime pas sur l'intérêt public", prévient Pierre-Yves Maillard, conseiller d'Etat vaudois en charge de la santé et fervent promoteur de l'avènement de la "health valley". Pour que l'industrie puisse poursuivre son avancée dans le domaine, l'Etat doit établir un cadre rigide, qui vise à garantir l'indépendance de l'analyse et de la réflexion, défend l'élu.

"Les données médicales sont par définition secrètes, c'est leur utilisation qui doit être exploitable publiquement", souligne M. Hoffmann. L'intimité des données doit être garantie, acquiesce le directeur général de Sophia Genetics, Jurgi Camblong. Le développeur d'algorithmes d'analyses génétiques plaide pour la constitution de bases de données aussi vastes que possible, mais dont l'accès serait limité aux éléments permettant d'établir un diagnostic.

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