Bilan

Les sociétés suisses ont fait preuve de réactivité face au franc fort

"J'ai été très impressionné par la grande réactivité des sociétés suisses (...) pour protéger leur rentabilité", a indiqué Carl Auffret, gérant auprès du gestionnaire d'actifs français DNCA Investments.

Carl Auffret a sélectionné Sika, Lonza, Implenia, Geberit, U-Blox et SFS parmi les valeurs suisses.

Crédits: Keystone

L'économie suisse a réagi prestement pour faire face à l'appréciation du franc intervenue en 2015. "J'ai été très impressionné par la grande réactivité des sociétés suisses et leur aptitude à économiser ou délocaliser pour protéger leur rentabilité", a indiqué à AWP Carl Auffret, gérant auprès du gestionnaire d'actifs français DNCA Investments. Le spécialiste garnit actuellement son portefeuille de quelque 13% d'actions d'entreprises suisses, troisième pays le plus important pour le groupe derrière la France et la Grande-Bretagne.

"Je recherche des sociétés de croissance et de qualité. La Suisse est le pays où on en trouve en plus grande quantité", souligne M. Auffret. Le Danemark, la Suède et l'Irlande figurent également dans les petits papiers du gérant. Pour ce dernier, la rapidité avec laquelle les entreprises helvétiques, même les plus importantes, publient leur chiffres annuels témoigne de la bonne gestion de celles-ci.

Spécialisé dans la gestion "croissance" en Europe, Carl Auffret qualifie la Suisse de marché-clé et d'incontournable, tout en reconnaissant que la cherté de certains titres peut s'avérer rédhibitoire dans une optique d'investissement. Il cite en exemple Givaudan et Lindt&Sprüngli, entreprises dont il vante au demeurant les mérites.

La levée du cours plancher EUR/CHF et l'appréciation du franc qui a suivi a "temporairement abîmé la visibilité" du marché suisse. La stabilisation des devises intervenu depuis a permis de dissiper le brouillard causé par les décisions de la Banque nationale suisse (BNS). "Le cours actuel euro/franc à 1,10 nous semble tout à fait viable pour les entreprises suisses", estime le gérant français.

Carl Auffret a sélectionné Sika, Lonza, Implenia, Geberit, U-Blox et SFS parmi les valeurs suisses. La surreprésentation des titres de groupes actifs dans la construction et les infrastructures s'explique par le regain de forme du secteur en Europe et aux Etats-Unis. "Le carnet de commandes d'Implenia m'a fait très forte impression", note le spécialiste.

LafargeHolcim peu convaincant

L'analyse est moins élogieuse au moment d'aborder le cas du cimentier LafargeHolcim. "Je ne suis pas convaincu qu'à court et moyen terme cette société soit capable de générer une croissance organique des ventes de 5%." Pour M. Auffret, ce seuil est indispensable pour déclencher une décision d'investissement. A la décharge du groupe helvético-français, le secteur du ciment se porte moins bien que son homologue de la construction.

Le chimiste du bâtiment Sika figure parmi les valeurs sous révision, en raison des incertitudes liées à la tentative de prise de contrôle du français Saint-Gobain. "Ce serait le pire des scénarios pour les actionnaires minoritaires", tranche le gérant. La société s'est rangé du côté des actionnaires minoritaires qui s'opposent à cette transaction en l'état.

Le sous-traitant de l'industrie pharmaceutique Lonza figure parmi les actions les plus représentées dans le portefeuille, grâce à ses activités dans le domaine de biotechnologies. DNCA est par ailleurs engagé "indirectement" dans Roche, par le biais de ses collaborations avec Lonza. Une prise de participation dans le géant pharma rhénan n'est pas exclue à l'avenir, selon Carl Auffret.

Ce dernier garde également un oeil sur les valeurs du luxe Swatch et Richemont, dont il vante le potentiel et la faible valorisation. Sans toutefois franchir le pas. "J'ai peu de visibilité à court sur la croissance à court terme de ces deux groupes en raison de leur surdépendance aux consommateurs chinois", explique Carl Auffret.

DNCA affichait au début de l'année des encours à hauteur de 19,4 mrd EUR. A mi-2015, le gestionnaire d'actifs a été racheté à hauteur de 71,2% par le géant français Natixis Global Asset Management.

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