Bilan

Les sextoys valaisans qui multiplient les ventes

Société en plein boom, la firme valaisanne kisskiss.ch distributrice d'objets et de lingerie érotiques lance une campagne nationale avec la bénédiction de la Société Générale d’Affichage.

Les affiches de kisskiss.ch ont été posées ce début de semaine dans les villes suisses de Saint-Gall à Sion. La société réalise ses meilleures affaires dans la quinzaine précédant la Saint-Valentin.

“7e ciel assuré”. Sur fond rose, un sextoy s'étale en format mondial dans les villes de Suisse, de Saint-Gall à Sion, depuis ce début de semaine. “Il ne s'agit pas d'un vibromasseur mais d'un Womanizer. La tête se place au-dessus du clitoris sans le toucher et produit des effets de succion très puissants. L’appareil est d’un genre nouveau et terriblement efficace. C'est un coup de coeur et c'est pour ça qu'on l'a utilisé pour la campagne.”  Eloquent, Simon Jacquier (34 ans), l’un des trois associés fondateurs de kisskiss.ch basé à Sierre, montre un indéniable talent de vendeur.

“L’année dernière, nous avions fait une campagne d’affichage montrant des légumes de forme oblongue avec le slogan “5 fruits et légumes par nuit”. L’opération a dopé les ventes et nous avons reçu d’excellents retour.” Cette année, l’affiche est un tantinet plus explicite avec un sextoy clairement reconnaissable.

“Avant de développer un projet d’affiche, nous prenons contact avec la SGA, la Société Générale d'Affichage, afin d’être certains d’avoir son aval. Nous avons fait une mauvaise expérience avec un clip pour la télévision que nous avions produit en 2013. Le spot a été refusé par la RTS et n’a pu passer que sur la fenêtre helvétique de M6, après 22 heures.”

Porte-parole de la SGA, Nadja Mühlemann précise: "Par la loi, tous les produits légalement disponibles ont le droit de faire l'objet de campagne publicitaire. Dans les cas où un sujet pourrait heurter les sensibilités, nous consultons les autorités des communes qui sont nos partenaires contractuels afin d'obtenir leur approbation pour l'affichage dans l'espace public."

Les trois geeks informaticiens derrière kisskiss.ch se sont retrouvés dans les sextoys un peu par hasard. “Nous avions un site internet de vente de matériel informatique et pour diversifier nos affaires, nous avons lancé un site où on vendait notamment des huiles de massages. Nos fournisseurs, qui constataient une forte demande en sextoys, nous ont incités à en vendre aussi. Les nouveaux produits ont tellement bien marché qu’en 2009, nous avons fondé la société pour développer sérieusement ce business.”

Le chiffre d’affaires connaît une évolution exponentielle. Six ans plus tard, kisskiss.ch a créé sept nouveaux emplois dans la logistique, la traduction et la gestion du site.

Pic de ventes les dimanche de pluie

Les sextoys constituent un secteur qui a ses propres rythmes: “Nos réalisons nos meilleures affaires de l’année dans la quinzaine précédant la Saint-Valentin. De nombreux clients offrent des sextoys à leur partenaire à cette occasion. Les pics des ventes ont lieu les dimanche soirs, en particulier quand il pleut. On peut recevoir jusqu’à 300 ou 400 commandes en une journée. Là, on se précipite tous sur les stocks pour préparer les livraisons.”

Des activités somme toute anodines. “Au début, nous étions un peu timides lorsqu’il fallait expliquer ce que nous faisons. Mais tout le monde réagit très bien. Certains amis que l’on recroise à l’occasion sont carrément enthousiastes. Et nous venons de familles très ouvertes à qui cela n’a jamais posé de problèmes.”

Finalement, les sextoys se sont banalisés. Même en Valais.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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