Bilan

Les serial-bistrotiers récidivent à Lausanne

Christophe Roduit et Anne Pittet s’apprêtent à redonner vie au Grand-Café de Montbenon. Histoire du succès d’un joyeux tandem, qui ouvrait son premier établissement il y a dix ans.
  • Christophe Roduit veille sur les travaux dans la Brasserie de Montbenon qui ouvrira courant décembre.

    Crédits: François Wavre/Rezo
  • Le Café de Grancy a ouvert il y a dix ans

    Crédits: Dr
  • Le Saint-Pierre a suivi cinq ans après.

    Crédits: Dr

Dix ans que le Café de Grancy, dans le quartier sous-gare de Lausanne, ne désemplit pas. Cinq ans que le Saint-Pierre, à un jet de Sugus du pont Bessières, est bondé chaque jour. Et quelques mois, alors qu’elle n’a même pas ouvert ses portes, que la Brasserie de Montbenon (anciennement Grand-Café) attire régulièrement des centaines de clients lors de garden-parties clandestines.

A la base de cette aventure: le tandem Christophe Roduit et Anne Pittet. Et les deux amis se sont associés, pour chaque lieu, avec d’autres personnes, contaminées par leur enthousiasme. En 2003, l’idée d’un bistrot trottait dans la tête de Christophe Roduit, qui avait traversé les années 1990 entre musique – bassiste dans le groupe pop Chewy – création avec Olivier Meylan de l’Abraxas - boîte de nuit pulliérane et racine du Festival Pully For Noise - et remplacements réguliers des gérants de Pizza Hut pour la Suisse romande.

En rentrant d’un voyage à Stockholm, inspirée par «tous  ses restos cool», Anne Pittet le convainc de reprendre un café. «Le quartier sous-gare de Lausanne ne faisait pas partie des lieux que l’on regardait, se souvient Christophe. Et Thierry Vial (CEO d’Inédit Publications, ndlr) m’a parlé du Café de Grancy. On est allés voir, c’était moribond! Mais le lieu nous est apparu comme une évidence.» Le prix (150 000 francs + 150 000 francs de travaux) est «superraisonnable», et la patente est en poche. Le duo rencontre alors François Grognuz, qui devient leur – talentueux! – chef de cuisine. 

20 collaborateurs

Le sens de l’esthétique d’Anne et les envies de faire «autrement» engendrent un cocktail qui séduira dès le jour de l’ouverture. Brunchs, mobilier portant les noms de célébrités (on peut boire l’apéro – ou un vin chaud? – sur la chaise Jean-Claude Duss…), soirées loup-garou, soirées chalet d’alpage, wi-fi gratuit (une rareté à l’époque), restaurant non-fumeurs pendant les repas bien avant l’interdiction totale, bibliothèque, jeux de société…

«On voulait un lieu dans lequel nous-mêmes on se sentait bien. On avait dressé une liste de 120 idées débiles!» Aujourd’hui, une vingtaine de personnes travaillent à plein temps au Grancy. Avec les collaborateurs, les patrons sont sur un mode «cool. Mais on reste très clairs. La personne doit pouvoir s’autogérer. Quand tu as une base claire, les gens osent se poser et cela crée une vraie équipe.»

Cinq ans plus tard, nouvelle rencontre, nouvelle envie. C’est avec Stephan Mandrax (DJ Mandrax) que le tandem cherche un lieu au centre-ville. «On est entrés dans un bistrot qui s’appelait le Saint-Géry. On a dit: «Bonjour, vous seriez intéressés à vendre?» Le gars a dit oui.» Cette fois, la mise est plus élevée: 350 000 francs + 250 000 francs d’investissements supplémentaires. Mais le bistrot est royalement situé.

Le Saint-Pierre naquit le 1er octobre 2009, avec ses tapas délicieuses, ses cartes à cocher, ses plateaux apéro-fromages baptisés «J’pensais pas conclure ce soir» (l’esprit des Bronzés, encore!) et ses assiettes de charcuterie «Dans le cochon tout est bon», le mix des deux donnant évidemment «J’pensais pas conclure avec un cochon».

«C’est François Grognuz qui a fait le concept, souligne Christophe Roduit. Pour trouver les idées, on se fait des bouffes, des week-ends où on passe des heures à refaire nos bistrots!» Le profil du San Pedro pour les intimes, c’est plutôt bar, soirées DJ, blind tests musicaux, mais aussi brunchs pour les fidèles du dimanche. Cinq ans que le lieu ne désemplit pas, et qu’il faut s’armer de patience pour obtenir une table à l’heure de l’apéro puisque les réservations ne font pas partie du jeu. 

La plus belle terrasse de Lausanne

Et ensuite? C’est reparti pour un tour avec un projet de taille: faire renaître le fameux Grand-Café de Montbenon, déjà rebaptisé Brasserie de Montbenon. Roduit, Pittet et trois de leurs amis se sont associés et ont gagné la mise au concours de la Ville de Lausanne. En travaux depuis de longs mois, la brasserie a pourtant déjà un certain nombre d’adeptes.

Ceux qui savent que «les patrons du Grancy et du Saint-Pierre» sont aux commandes et qui n’auraient loupé sous aucun prétexte les soirées organisées durant l’été dans les jardins avec vue imprenable sur le lac. Garden-parties, silent-parties, bal de la Saint-Firmin… Autant d’événements qui ont attiré une foule impressionnante alors que les portes de l’établissement n’étaient pas encore ouvertes.

Pour l’intérieur de ce bâtiment datant de 1908, Christophe Roduit explique avoir choisi de «garder le balcon pour présenter des projets artistiques, pour des vernissages, ou des dégustations de vin. On mettra cet endroit à disposition pour des événements privatifs.»

Alors qu’en bas le restaurant remettra au goût du jour «des mets qui sont maltraités. Le vol-au-vent, le cordon-bleu… On va travailler avec des producteurs de la région. Il y aura un côté léché, avec des mets de brasserie. Et on a plein d’envies de soirées. Montbenon est un lieu qui vit, il y a environ 300 manifestations par an avec la salle de spectacle, le cinéma, les festivals. Il y a des synergies à créer!» A tester d’ici peu, puisque courant décembre et comme le dit si bien Jean-Claude Duss, «y a une ouverture»! 

Camille Destraz

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."