Bilan

Les résultats de Migros en baisse sous le coup des devises

En 2015, l'abandon du taux plancher, le recul des prix et le tourisme d'achats ont augmenté la pression sur la Migros.

Les supermarchés en Suisse, coeur de métier du groupe, ont dégagé des recettes stables de 11,7 milliards.

Crédits: Keystone

Le géant suisse de la distribution Migros a vu sa rentabilité se contracter l'année dernière, sous le coup de la chute des prix et d'effets négatifs de change, a-t-il annoncé mercredi. La direction s'attend à contrebalancer cette tendance en 2016 et à dégager des recettes en légère hausse, malgré une pression continue du tourisme d'achat.

"La Suisse a fait face à une année difficile, avec notamment l'abandon du taux plancher et le recul des prix. La retenue des consommateurs et le tourisme d'achats ont augmenté la pression" sur la coopérative, a énuméré le président de la direction générale Herbert Bolliger, lors d'une conférence de presse à Zurich.

"L'environnement de marché a été difficile, mais nous avons été en mesure d'augmenter la fréquentation des clients dans le commerce de détail et de gagner des parts de marché", a ajouté M. Bolliger. Ce dernier s'est également félicité de la "forte croissance dans l'e-commerce".

En 2015, le bénéfice d'exploitation (Ebit) a chuté de 12,8% à 981,6 mio CHF et la marge s'est affaissée d'un demi point à 3,6%. Le résultat net s'est établi à 791,1 mio, en repli de 4,2% sur un an. Le groupe a adapté sa comptabilité en 2015, passant de la norme IFRS à Swiss Gaap Fer. Ce changement a eu pour conséquence un ajustement à la baisse du bénéfice net 2014 à 826 mio CHF, contre 870 mio précédemment annoncés.

Le chiffre d'affaires, déjà dévoilé en janvier, a été confirmé à 27,4 mrd CHF en quasi stagnation (+0,1%). Le recul des prix constaté dans les dérivés du pétrole, les voyages et l'électronique, ainsi que des effets négatifs de change de 1% ont pesé à hauteur de 1 mrd CHF sur les recettes, a rappelé le groupe. Dans le détail, l'évolution négative des prix a comprimé les recettes de 731 mio CHF et les effets de change de 284 mio, selon le rapport annuel du groupe. Hors ces éléments, les ventes ont progressé de 3,4%.

Les supermarchés en Suisse, coeur de métier du groupe, ont dégagé des recettes stables de 11,7 mrd. À l'étranger, les enseignes du groupe en France ont enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 12,8% à 120,6 mio EUR, ce qui représente une baisse de 1,1% en francs. En Allemagne, les ventes de Tegut ont pris 1,1% (-11,2% en francs) à 980,9 mio EUR.

En Suisse, les régions frontalières ont particulièrement souffert du tourisme d'achats, notamment le Tessin avec un recul des ventes de 4,9% et Genève avec une baisse de 4,1%.

Parmi les différentes enseignes de la coopérative, le discounter Denner a vu ses ventes légèrement reculer de 0,4% à 2,9 mrd CHF. Les magasins Globus ont subi une contraction des recettes de 3,3% à 928,7 mio, malgré l'intégration des boutiques Schild. Le voyagiste Hotelplan a vu son chiffre d'affaires se contracter de 7,1% à 1,3 mrd, sous le coup des effets négatifs de change et des troubles géopolitiques.

La banque Migros a pour sa part bouclé 2015 sur un bénéfice net de 226,3 mio CHF, en légère hausse (+0,5%) par rapport à l'exercice précédent.

Développer le secteur médical

La coopérative a revu ses investissements à la baisse en 2015. Ils ont reculé de 17,4% à 1,4 mrd CHF. Le nombre d'employés a par contre progressé de près de 3% à 100'373 postes, franchissant pour la première fois la barre des 100'000. Cette progression est la conséquence des acquisitions réalisées par Migros, notamment de Santémed, Lüchinger+Schmid et Digitec Galaxus.

Pour cette année, M. Bolliger table sur une légère croissance du chiffre d'affaires si la paire de devises EUR/CHF ne bouge pas. La pression du tourisme d'achat devrait persister.

"L'abandon du taux plancher (en janvier 2015) a provoqué d'important bouleversements qui nous ont coûté beaucoup d'argent. Nous avons anticipé des baisses de prix, sans pour autant profiter des mêmes effets à l'achat", a précisé M. Bolliger à AWP.

"Mais il s'agit d'éléments exceptionnels. Les sociétés (du groupe Migros) se trouvent dans une bonne situation et nous allons compenser (ces éléments) cette année", a-t-il ajouté.

Concernant l'activité au premier trimestre, M. Bolliger a précisé qu'elle se situait "au niveau de l'année dernière". Selon le président, la coopérative subit "toujours une évolution négative des prix dans (son) coeur de métier ainsi que dans l'électronique".

Après avoir pris l'année dernière une participation majoritaire dans les portails de commerce électronique Digitec et Galaxus, Migros veut désormais croître "principalement de manière organique" dans ce domaine.

En 2015, Migros a renforcé sa présence dans le secteur médical avec la reprise par sa filiale Medbase de 70% du réseau de centres de soins Santémed. L'objectif est désormais de relier sur une plateforme numérique les différentes prestations médicales du groupe. Ce dernier veut par ailleurs développer ce secteur en Suisse, notamment en Romandie où il est encore faiblement présent dans le domaine de la santé.

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