Bilan

Les PME sont plus touchées par les standards et les règlements

Une hausse de 10% des standards affecte de 3,2% la valeur des exportations de PME, selon un rapport publié jeudi à Genève.

Les PME doivent d'abord chercher à être compétitives avant d'entrer dans les chaînes d'approvisionnement internationales.

Crédits: Keystone

Les obstacles non tarifaires au commerce touchent deux fois plus les petites et moyennes entreprises (PME) que les entités plus grandes. Une hausse de 10% affecte de 3,2% la valeur des exportations de petites sociétés, dit un rapport publié jeudi à Genève.

Ce taux n'atteint que 1,6% pour les groupes plus importants et 2,6% des moyennes entreprises. Les standards ont des conséquences sur chaque partie d'une activité économique, estime le Centre du commerce international (ITC) dans son rapport sur la compétitivité des PME. Ils concernent aussi bien les conditions de travail que les transports et d'autres domaines encore.

Les standards sont "répandus et divers" et sont importants pour le commerce de nourriture, de produits transformés et de produits technologiques. Pendant longtemps, "nous ne leur avons pas accordé l'attention que nous aurions dû", a reconnu devant la presse la directrice exécutive de l'ITC Arancha Gonzalez.

Les tarifs ne constituent en moyenne plus que 5% des obstacles au commerce pour les PME, 8 à 10% dans les pays en développement. En revanche, les standards et règlements sont responsables de 30 à 40% de leurs coûts.

Plus de 30 réglementations par pays

Face à une "culture de la norme" à prendre en compte, beaucoup de PME sénégalaises les voient par exemple encore comme des "contraintes", a expliqué le ministre du commerce Alioune Sarr. Certaines ont perdu des marchés pour ces raisons.

En Europe, des PME renoncent à des marchés en raison de la complexité de la réglementation, a expliqué de son côté la cheffe économiste de l'ITC, Marion Jansen. L'étendue du marché et celle de la différence entre les règles sont importantes.

Plus la chaîne d'approvisionnement est intégrée verticalement, plus les réglementations deviennent cruciales. Au total, plus de 58% des standards volontaires font référence aux Conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT). En moyenne, un pays abrite plus de 30 réglementations. Le nombre est bien moins élevé en Afrique et au Moyen-Orient.

Femmes ciblées

Le record de 106 est constaté dans l'Union européenne (UE). Mais ces dernières années, plus d'un tiers des nouveaux standards volontaires durables ont été lancés dans les pays en développement, dit Mme Gonzalez.

Les entreprises de ces pays, plus petites et moins productives, estiment par ailleurs plus difficile de respecter les standards. Particulièrement touchés, les nouveaux exportateurs sont aussi davantage exposés aux conséquences des réglementations.

Seuls ceux qui peuvent prendre en compte des coûts en augmentation se maintiennent. Le rapport de l'ITC montre également que les femmes propriétaires d'entreprises exportatrices font face à davantage d'obstacles en matière de standards.

Les PME doivent d'abord chercher à être compétitives avant d'entrer dans les chaînes d'approvisionnement internationales. Le coût de la conformité aux réglementations en diminuera d'autant. Sa charge dépend du soutien aux PME dans leur environnement d'affaires immédiat, dans la législation et dans les institutions nationales.

Intégration régionale

Le rapport recommande aux responsables politiques de sensibiliser davantage les entreprises aux standards et les encourager à les respecter. Ils doivent renforcer les infrastructures techniques, améliorer la gouvernance et multiplier les mécanismes internationaux de facilitation du commerce.

Les gouvernements qui ont moins de ressources doivent cibler les secteurs qu'ils veulent soutenir avec des infrastructures techniques nouvelles ou davantage reconnues internationalement. L'intégration régionale peut contribuer.

L'Afrique du Nord et le Proche-Orient pourraient améliorer leurs exportations de produits alimentaires frais et transformés. L'Asie/Pacifique pourrait faire mieux sur les technologies de l'information, l'Amérique latine et les Caraïbes sur les produits frais et l'équipement pour les transports.

En Afrique subsaharienne, produits frais, métaux et produits pourraient davantage être exportés. Les deuxièmes et les troisièmes sont également en cause dans l'est de l'Europe et en Asie centrale.

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