Bilan

Les métiers du droit en marche vers l'ubérisation

Le secteur juridique est en passe d'être métamorphosé par les transformations liées à la révolution digitale. Pour accompagner ces changements, des entrepreneurs ont créé la "Swiss LegalTech Association" à Zurich.
  • L'association veut regrouper avocats, entrepreneurs, investisseurs, milieux académiques et politques.

  • Cofondateur de l'association, Christoph Küng, expert fiscal, a lancé la start-up Skuani.

  • Egalement cofondateur, Antoine Verdon figure parmi les initiateurs de la start-up LegalHub.

Après la librairie, les médias, l’hôtellerie, les taxi ou encore les services financiers, c’est au tour du secteur juridique d'être métamorphosé par les transformations liées à la révolution digitale. « Dans tous les domaines de la société, on observe une automatisation des tâches répétitives. Et le droit ne fait pas exception à cela. Internet permet maintenant d'effectuer les documents juridiques standard de manière systématique. Par la suite, les tâches des juristes seront certainement encore davantage automatisées, dès que le progrès technique et le cadre légal l'autoriseront », décrypte Antoine Verdon, cofondateur avec Christoph Küng, de la Swiss LegalTech Association (SLTA) lancée le 8 juin à Zurich. 

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La STLA veut réunir la communauté concernée par les LegalTech, pour « legal technologies », et par l'"ubérisation" du droit. « Nous passons beaucoup de temps avec des avocats et des entrepreneurs aux prises avec ce tournant technique. Nous avons ressenti le besoin de formaliser cet écosystème avec l’objectif de créer des synergies entre entrepreneurs, avocats, investisseurs et milieux académiques. Nous souhaitons aussi jouer un rôle d’interlocuteur pour le législateur qui cherche des informations sur les questions techniques en relation avec le domaine juridique », poursuit Antoine Verdon.

Ex-responsable des investissements en capital-risque chez Centralway, le Lausannois installé à Zurich est cofondateur de la start-up LegalHub qui fera son apparition sur le net cet été. Cette plateforme destinée principalement aux PME permettra de créer toute une série de documents juridiques en ligne pour des tarifs avantageux. La technologie de production des documents est basée sur la blockchain (qui sert aussi de fondement au bitcoin). « Nous négocions actuellement des partenariats avec des cabinets d’avocat et des distributeurs », dévoile l'entrepreneur.

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Quant à Christoph Küng, c’est un ancien de la Banque Cantonale de Zurich qui a travaillé notamment comme expert fiscal pour une compagnie des Big4. Il figure parmi les fondateurs de Skuani, une start-up lancée en août 2015 qui met en relation individus privés et experts en fonction des demandes. Une sorte d’Uber du droit qui vous oriente en 4 clics vers le bon spécialiste. Le service est gratuit pour le client, alors que les professionnels payent pour figurer dans la banque de données. La société qui travaille déjà avec 250 avocats et experts vient de clore une première ronde d’investissement. 

Ross : l’avocat virtuel

La SLTA réunit comme membres fondateurs Thomas Fischer, Michel Jaccard, partenaire chez id est avocats, Marc Bloch Sommer, CEO Swisslex, ou encore le conseiller national radical Philippe Nantermod. La création de l'association fait figure de jalon helvétique dans l’émergence des LegalTech. Ces technologies doivent amener dans le droit les mêmes boulversements que les FinTech dans l’industrie de la finance. Et nous n’en sommes qu’au début. Aux Etats-Unis, l’étude BakerHostetler a annoncé l’engagement de « Ross », un avocat 100% virtuel basé sur l’intelligence artificielle d’IBM Watson. Ce personnage fictif recèle un énorme potentiel en valeur ajoutée, grâce à sa capacité de passer en revue des quantités d’information et d’en retirer les éléments pertinents pour traiter d’un cas particulier.

     

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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