Bilan

Les métiers de l’horlogerie évoluent

De nouveaux apprentissages permettent d’entrer dans ce secteur tandis que, dans les formations postgrades, une nouvelle chaire en design horloger est proposée à Genève.
  • Objectif de la réforme: «Une totale adéquation aux besoins industriels.»

    Crédits: Vacheron
  • Jean-Pierre Greff, directeur de la HEAD qui lance une chaire en design horloger.

    Crédits: Frautschi/EOL

La formation horlogère a entrepris sa réforme à l’aune de la loi fédérale sur la formation professionnelle (LFPr). Celle-ci, il y a dix ans, a posé les bases de la politique fédérale en matière de réglementation et de surveillance de la formation professionnelle. Arrivée aujourd’hui au bout du processus, la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse (CP) a annoncé que tous les métiers de la branche horlogère et microtechnique avaient été réformés.

Avec ce triple objectif: «Une totale adéquation aux besoins industriels, une offre cohérente entre les différents degrés de formation et des conditions idéales encourageant les entreprises à former toujours davantage.» Pour François Matile, secrétaire général de la CP, «les métiers horlogers sont désormais adaptés à la réalité des entreprises et à l’évolution technologique. Aux entreprises d’exploiter maintenant ces nouvelles filières pour former leur relève.»

L’un des intérêts de cette réforme initiée par la LFPr est de mieux répartir les métiers axés sur la pratique (2 ans sanctionnés par une attestation fédérale de formation professionnelle, AFP) et ceux exigeant des connaissances plus approfondies (3 ou 4 ans, CFC). Tant les candidats à la formation que les entreprises paraissent aujourd’hui y trouver leur compte.

Cette répartition offre en effet davantage d’ouverture aux jeunes (y compris ceux qui connaissent des difficultés scolaires mais qui se révèlent pleinement dans les activités pratiques) et ouvre, côté entreprises, l’employabilité à un public très large, aux qualifications diverses, et répondant aux besoins recherchés.

La réforme présentée par la CP touche 7 métiers représentant 13 filières d’apprentissage. Parmi les métiers réformés, celui, central, d’horloger qui propose aujourd’hui les options suivantes: opérateur en horlogerie en 2  ans et qui débouche sur une AFP; horloger de production (3  ans, CFC) et horloger (4  ans, CFC).

Parmi les autres métiers, notons par exemple que le métier de polisseur (qui a longtemps fait l’objet d’un manque chronique de main-d’œuvre) est désormais scindé en deux filières, une AFP de polisseur et un CFC de termineur en habillage horloger (CFC).

Nombre record d’apprentis

La pénurie de main-d’œuvre a été un problème récurrent chez les horlogers ces dernières années. Or aujourd’hui la CP se refuse à parler de pénurie d’horlogers. Alors que l’on prédisait il y a quelques années un manque de plusieurs milliers d’horlogers à l’horizon 2016, la situation semble aujourd’hui s’être détendue.

Par les croissances plus faibles enregistrées sur les marchés d’une part, et par les efforts supplémentaires consentis pour la formation par les entreprises elles-mêmes d’autre part. Après avoir beaucoup attendu, la branche semble en effet avoir pris la mesure de sa responsabilité dans cette problématique qu’est la formation.

Ainsi, à la rentrée de l’été 2014, 472 jeunes ont signé un contrat de formation dans l’un des métiers chapeautés par la CP. Des métiers qui couvrent toutes les étapes de la fabrication de la montre. «Alors que l’industrie a augmenté ses effectifs de 56% depuis 2004, les apprentissages affichent une progression de 75%, et la formation en entreprise (dite duale) de 150%, souligne la CP. La part de la formation duale sur les nouveaux contrats signés en 2014 dépasse pour la première fois la barre des 40%, en s’établissant à 43%. Un chiffre qui prouve que la branche continue à faire des efforts importants dans la formation.»

Dans une tout autre perspective, la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) de Genève vient d’annoncer la création en septembre prochain d’une chaire en design horloger. Financée par une fondation qui entend rester anonyme, cette nouvelle filière est presque une évidence pour Jean-Pierre Greff, directeur de la HEAD: «Avec divers représentants de l’horlogerie, nous avons fait le constat d’un vrai manque dans ce type de formation.»

Cette formation est un programme optionnel de spécialisation proposé tant dans le cursus bachelor (3 ans) que master (2  ans). La HEAD insiste sur le fait que ce programme est constitué de cours dédiés au design horloger et à la culture horlogère dans un cadre large, «celui du champ du design qui saura instiguer une sensibilité au produit horloger complétée par un bagage sur les enjeux marketing et stratégiques, la veille des tendances et une connaissance approfondie des enjeux patrimoniaux». Jean-Pierre Greff pense pouvoir intéresser et former 3 étudiants par an au niveau master, et le double au niveau bachelor.

Michel Jeannot
Michel Jeannot

FONDATEUR DE WTHEJOURNAL.COM

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Journaliste spécialisé, fondateur du site WtheJournal.com et des applications iPhone, iPad et Android associées, Michel Jeannot est à la tête du Bureau d’Information et de Presse Horlogère (BIPH), un team de journalistes collaborant avec une quinzaine de médias dans le monde, dont Bilan et le Figaro. Sa plume sûre et parfois acérée est aussi à l’aise sur les questions techniques que sur les enjeux liés à la branche et à son économie. Michel Jeannot est également éditeur et rédacteur en chef du magazine Montres Le Guide / Uhren von A bis Z / 顶级钟表鉴 (225 000 exemplaires).

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