Bilan

Les éditeurs recourent devant le TAF contre l'alliance SSR-Ringier

Schweizer Medien va lancer un recours contre la coentreprise publicitaire SSR-Swisscom-Ringier auprès du Tribunal administratif fédéral, a-t-elle indiqué jeudi.

Les journaux réalisent en moyenne 65% de leurs revenus grâce à la publicité, rappellent les éditeurs romands, via l'association Médias Suisses.

Crédits: Keystone

La coentreprise publicitaire entre la SSR, Swisscom et Ringier reste en travers de la gorge des éditeurs. Schweizer Medien va lancer un recours contre cette alliance auprès du Tribunal administratif fédéral, a-t-elle indiqué jeudi.

Doris Leuthard, la conseillère fédérale en charge du Département de la communication (DETEC), a donné lundi son feu vert à ce rapprochement entre les trois entreprises. Toutefois la SSR ne peut pas diffuser de la publicité ciblée, contrairement aux télévisions privées, faute de base légale.

La ministre avait indiqué que les dispositions prises par le DETEC et l'Office fédéral de la communication (OFCOM) pouvaient être contestées devant le Tribunal administratif fédéral (TAF). L'association des éditeurs alémaniques Schweizer Medien, qui agit avec ce recours pour l'ensemble des associations représentant les médias privés, a saisi la perche: les recourants estiment notamment avoir été exclus de manière illicite de la procédure du DETEC.

Les adversaires de la joint-venture (JV) rejettent ainsi plusieurs principes publiés jeudi par les partenaires de la coentreprise au sujet de la commercialisation commune de la publicité.

Alliance ouverte à des tiers

Dans ce document, on apprend que la joint-venture est prête à commercialiser toutes les offres éditoriales (tv, radio, Internet, presse écrite), qui s'adressent au public suisse. La nouvelle société utilisera les données personnelles anonymisées regroupées, par exemple par âge et par sexe. La coentreprise accorde toutefois une grande importance à la protection des données, souligne-t-elle.

Parallèlement, la SSR, Swisscom et Ringier ne font pas mystère que les taux de commission de la coentreprise découleront "en principe" de critères d'économie d'entreprise. La politique des prix sera conçue en conséquence.

Les éditeurs ne l'entendent pas de cette oreille. Les "principes de base", publiés jeudi, montrent clairement, selon eux, que les tiers ne pourront pas s'associer au capital de la coentreprise. Ils devront se contenter de devenir de simples clients de la structure en échange du paiement d'une commission.

De plus, si les autres entreprises de médias décidaient de transférer la commercialisation de leurs espaces publicitaires à cette coentreprise, dominante sur ce marché, celles-ci entreraient stratégiquement dans une relation de dépendance vis-à-vis de Swisscom, la SSR et Ringier. Or les journaux réalisent en moyenne 65% de leurs revenus grâce à la publicité, rappellent les éditeurs romands, via l'association Médias Suisses.

Celle-ci revient aussi sur l'ordonnance radio et télévision (ortv), qui interdit à la SSR d'exploiter de la publicité en ligne. Médias Suisses estime qu'il appartiendra au Parlement de décider si, malgré l'existence d'une telle interdiction, la SSR pourra à l'avenir être autorisée à commercialiser de la publicité ciblée.

Cet examen par le Parlement devra logiquement avoir lieu avant que le Conseil fédéral ne puisse amender l'ortv ou adapter la concession de la SSR. Médias Suisse tient à ce que les parlementaires aient à l'esprit que "depuis de nombreuses années maintenant, les revenus de la SSR ne cessent de croître alors que ceux des médias privés diminuent invariablement."

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