Bilan

Les dirigeants zurichois ne craignent pas les investisseurs chinois

Les dirigeants des grandes entreprises de l'agglomération zurichoise ne craignent pas une trop grande importance des investissements chinois en Suisse, révèle une étude.

"Une nette majorité des interrogés se disent ouvertes à un approfondissement de la collaboration avec les entreprises chinoises", relève l'étude.

Crédits: keystone

Les dirigeants des grandes entreprises de l'agglomération zurichoise ne craignent pas une trop grande importance des investissements chinois en Suisse, révèle un sondage d'InvestinSwitzerland auprès de 1200 cadres d'entreprises du "grand Zurich". D'une façon générale, les sondés se montrent "sereins" à ce sujet, selon un communiqué publié lundi.

"Une très nette majorité des personnes interrogées se disent ouvertes à un approfondissement de la collaboration avec les entreprises chinoises", relève InvestinSwitzerland.

Dans le détail, les cadres interrogés sont partagés à la question de savoir si les investissements chinois en Suisse ont été favorables ou non jusqu'à présent. Un peu plus de 32% les estiment "positifs", 30% les jugent "négatifs" et 33% les voient de façon "neutre". Environ 4% n'ont pas d'avis.

Moins de 28% des cadres sollicités estiment que la Chine représente un investisseur "très important" pour le développement de l'économie en Suisse. Près de la moitié (46,6%) juge que l'Empire du Milieu a une importance moindre. InvestinSwitzerland explique cette évaluation par le fait que "les volumes de transactions et les ventes d'entreprises (suisses) à des Chinois sont restés plutôt faibles au cours du premier semestre 2018".

Pour l'instant, la reprise l'an dernier de Syngenta par le groupe chinois ChemChina n'a donc pas eu de prolongements majeurs dans d'autres secteurs.

"Faible niveau"

Selon le cabinet EY (ex-Ernst & Young), seules sept transactions impliquant la Chine ont été enregistrées au premier semestre en Suisse. La plus importante concerne la vente de l'entreprise industrielle thurgovienne Lista, pour 200 millions de dollars.

Les dirigeants zurichois estiment que les secteurs dans lesquels les entreprises chinoises devraient continuer à être autorisées à investir à l'avenir sont principalement l'industrie, le commerce, la restauration, l'hôtellerie et la finance. En revanche, les sondés ne se montrent pas favorables à une ouverture aux Chinois dans les infrastructures, les télécommunications et l'administration publique.

Les résultats de ce sondage sont publiés comme en écho aux récentes déclarations de Doris Leuthard. Dans une interview diffusée lundi par le journal Nordostschweiz, la conseillère fédérale s'inquiétait d'éventuels rachats d'entreprises suisses d'importance stratégique par des groupes chinois. Elle estimait que la Confédération devrait réfléchir à la question.

"Comme l'Allemagne le fait depuis longtemps, nous devons mener une discussion pour savoir comment agir face à la soif de rachat des entreprises chinoises", a déclaré Mme Leuthard.

Selon elle, Berne devrait réclamer la réciprocité, c'est-à-dire n'autoriser le rachat sans condition que dans le cas où des firmes suisses peuvent aussi procéder sans problème à des acquisitions en Chine.

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