Bilan

Les constructeurs automobiles se positionnent pour l'avenir

Toyota a annoncé un accord avec Uber, le service de transport en ligne. General Motors avait fait en janvier un rapprochement similaire avec Lyft. But de l’opération: créer des taxis autonomes.

L'industrie automobile est à l'aube de changements radicaux.

Toyota emboîte le pas de General Motors dans la course aux véhicules autonomes et parie sur Uber. En janvier dernier, General Motors avait annoncé un accord de 500 millions de dollars avec Lyft, le principal concurrent d'Uber sur le marché de réservations par Internet de véhicules avec chauffeur. Le but de cette opération était de créer à terme un réseau de véhicules autonomes à la demande.

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Selon la rumeur, la flotte de taxis autonomes de Lyft serait composée de voitures électriques Chevrolet Bolt construites par General Motors.

Les contours de l’accord entre Toyota et Uber restent flous. Les chauffeurs d’Uber pourront se procurer des véhicules du constructeur japonais en leasing et faire baisser le coût avec les revenus réalisés en conduisant pour Uber.

Mais le communiqué de presse publié mardi par Toyota laisse envisager une coopération plus étroite entre le constructeur japonais et la société de San Francisco. Les nouveaux alliés doivent notamment “explorer une collaboration qui débutera par des tests en matière de covoiturage”.

Opportunités pour les constructeurs

L’industrie automobile est à l’aube de changements radicaux en prévision de l’arrivée sur le marché des géants de la technologie comme Apple et Google. Du coup, les constructeurs tentent d’anticiper. “Les progrès technologiques représentent une énorme opportunité pour les constructeurs automobiles”, explique Alan Baum, un expert de l’industrie automobile à Detroit. “Ils ne veulent surtout pas être mis sur la touche par Apple ou Google”.

La vente de véhicules est au coeur du business model des constructeurs, souligne l’expert. Conséquence: leur interaction avec les consommateurs est périodique. “Le co-voiturage offre aux constructeurs la possibilité d’avoir une relation régulière avec leurs clients”, ajoute Alan Baum. “Ils ont donc un double intérêt. Ils veulent que les sociétés de taxis utilisent leurs véhicules et ils ont un moyen de générer une autre source de revenus auprès de clients qui préfèrent le co-voiturage à l’achat d’un véhicule.”

Le jour où Toyota a annoncé son accord avec Uber, Gett, le rival d’Uber en Europe, a révélé que Volkswagen avait investi 300 millions de dollars dans la compagnie basée à Tel Aviv. Il y a quelques semaines, Fiat Chrysler et Google avaient fait part de leur intention de produire une gamme pilote de minivans autonomes.

Les avancées technologiques en provenance de la Silicon Valley en matière de voitures électriques et autonomes forcent les constructeurs automobiles à agir vite avant que le marché ne soit profondément bouleversé par des compagnies comme Tesla qui misent sur les véhicules autonomes. A court-terme, le co-voiturage ne semble toutefois pas menacer les ventes de voitures aux Etats-Unis. En 2015, elles ont atteint un niveau record.

 

Jean-Cosme Delaloye

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