Bilan

Les 10 révolutions de la vie au bureau

Certains changements surviennent tout doucement, d’autres sont imposés brutalement. Qu’est-ce qui a modifié nos fonctionnements au travail ou est en passe de tout bouleverser?

Plébiscitée par les spécialistes, la sieste n’est pourtant pas encore bien acceptée dans les entreprises.

Crédits: Paul Bradbury/Getty Images

Il y a vingt ans, l’apparition du Mac et du PC modifiait radicalement nos vies professionnelles. Cinq ans plus tard, c’était au tour du téléphone portable de bouleverser nos fonctionnements. Quelles innovations technologiques ou évolutions des habitudes sociales ont changé notre quotidien au travail ces dernières années? Quelles sont les idées émergentes qui pourraient faire exploser les schémas connus jusqu’ici? Tour d’horizon en 10 points de ce qui contribue à révolutionner la vie au bureau.

1. La mobilité

Avec la démocratisation du laptop et du smartphone, on emporte son bureau dans une sacoche, on bosse depuis la maison, le train, le bistrot du coin. On peut recevoir des messages professionnels vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, et avec l’apparition de la tablette numérique il est devenu quasiment inexcusable de ne pas pouvoir travailler dans n’importe quel contexte.

Dans tout ce processus, quelque chose de très positif a émergé: le télétravail. Travailler depuis la maison un ou deux jours par semaine se négocie de plus en plus facilement. On évite les longs trajets, on reste au calme… et on peut faire la lessive en avançant sur les dossiers importants!

2. Le jobsharing

Deux personnes pour un seul poste, c’est possible, et c’est même chaudement recommandé par certains spécialistes. Meilleure productivité, moins d’absence, deux réseaux pour le prix d’un, remplacements mutuels en cas de maladie, etc. Une vraie stratégie constructive pour l’entreprise qui le pratique.

L’idée fait son chemin depuis quelques années, et en Suisse le Bureau fédéral de l’égalité entre hommes et femmes en loue tous les bienfaits, notamment via le site web www.go-for-jobsharing.ch. Et puisque ce fonctionnement pourrait modifier certaines structures de manière bénéfique, pourquoi ne pas faire pareil au niveau du management? Dans ce cas, il s’agira de topsharing.

3. L’interdiction de fumer

Depuis 2010, finies les volutes de fumée dans les bureaux, finie la fumée passive. Non seulement on respire mieux à sa place de travail, mais les fumeurs ont gagné la pause-cigarette. Une occasion de s’aérer ou de se retrouver au fumoir avec les autres accros à la nicotine. La nouvelle loi a donc certainement poussé les collègues à se rencontrer plus souvent et à parler au lieu de communiquer uniquement par e-mail. La cigarette électronique va-t-elle remodifier ces habitudes? A vérifier ces prochaines années…

4. Le congé maternité

Le congé paternité n’est pas encore prévu dans les changements de fonctionnement de travail, mais voilà presque dix ans que le congé maternité a – enfin! – été accepté par le peuple suisse. Soit quatorze semaines pour s’occuper de son bébé après sa naissance, contre huit petites semaines jusque-là. Pour les jeunes papas, les congés payés varient entre deux et dix jours en moyenne.

Régulièrement, des organisations remettent sur le tapis l’idée d’un congé paternité de quatre semaines. Pas de quoi bouleverser radicalement le quotidien au bureau, mais certainement un pas dans la direction des pères qui ont envie de garder une vie de famille équilibrée… 

5. La sieste

On a fait l’éloge de la sieste partout dans les médias. On prône tous les avantages de la turbosieste, vingt minutes chrono, même en pleine journée de travail. Tout le monde semble s’accorder sur cette manière de recharger les batteries. Simple, efficace, bon marché, et bonne pour la santé. Avec cette prise de conscience, certaines entreprises ont peut-être acquis quelques lits de camp pour accueillir les victimes d’attaque de paupières, mais tout de même… En Suisse, rares sont les lieux où la sieste est vue d’un bon œil. 

6. Le bureau debout

Alors que la chaise bien confortable est encore le must dans les bureaux, les employés de certaines entreprises disent merci aux ergothérapeutes qui encouragent le fait de travailler debout. Ou du moins de varier les positions… Moins de problèmes de dos, meilleure circulation du sang dans les jambes: les avantages sont prouvés. Par contre, équiper un poste avec un bureau qui monte ou descend au gré des envies coûterait en moyenne trois fois plus cher qu’un poste classique.

7. Les réseaux sociaux

Avant, il y avait les collègues que l’on connaissait bien, ceux que l’on croisait vaguement et ceux qu’on ne voyait qu’aux fêtes de fin d’année. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, on connaît la forme des doigts de pied (avec vue sur la mer) du collègue du marketing, on apprend que la responsable RH est gaga de ses petits-enfants (ce qui la rend tout à coup plus humaine), et plus besoin d’aller à la cafétéria pour apprendre le divorce de son assistante.

On connaît beaucoup mieux la vie privée de ses collègues. Et, en étant un brin observateur et en naviguant sur LinkedIn, on repère rapidement ceux qui préparent le terrain pour postuler à la concurrence, en remettant à jour leur profil et en réseautant à tout bout de champ.

8. Skype

Encore un outil qui rapproche les gens tout en restant tranquillement assis (ou debout… voir point 7) à son bureau. Gratuit, facile d’utilisation, Skype a révolutionné le monde de la conférence téléphonique en 2003. Un bon moyen de parler en tête à tête tout en évitant la perte de temps dans les transports. Mais lorsqu’on utilise Skype depuis chez soi, un jour de télétravail (voir point 1), mieux vaut avertir son conjoint pour éviter qu’il ne passe devant la caméra en sortant de sa douche. 

9. Le temps partiel pour les hommes

Ils restent beaucoup moins nombreux à le demander (ou à l’obtenir?) que les femmes, mais le pourcentage d’hommes qui travaillent à temps partiel a, mine de rien, quasiment doublé en vingt ans. Ils étaient 7,7% en 1991 et 13,2% en 2013, selon l’OFS (contre 58,6% des femmes en 2013). C’est donc une douce révolution pour les employés masculins, qui peuvent prendre le temps de respirer en pleine semaine de travail.

10. L’intrapreneuriat

Il consiste à laisser à ses employés une matinée ou une journée par semaine pour développer un projet personnel, que ce soit étroitement lié au poste qu’ils occupent ou au contraire très éloigné. Ce qui permet au collaborateur de s’épanouir en développant ses propres idées, et à l’entreprise de compter sur des talents supplémentaires.

La démarche est encore nouvelle – Google fait partie des sociétés qui encouragent cette perspective – mais pourrait bien faire des petits dans les années à venir. Valorisation des talents tout en les gardant au sein de l’entreprise, dynamisation, et possibilité de développer le projet en cours sur un mode start-up… 

Camille Destraz

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