Bilan

Les relations bilatérales et multilatérales, priorité pour les entreprises romandes

Sur fond de guerre commerciale et de guerre des changes, les entreprises romandes continuent de soutenir le multilatéralisme. Réunis à Genève mardi 27 août, les entrepreneurs des cantons romands ont évoqué leurs craintes et leurs aspirations.

Les orateurs se sont succédé sur la scène de l'Arena de Genève.

Crédits: DR

Ce sont plus de 3000 personnes qui se sont pressées mardi 27 août, à la rentrée des entreprises à l’Arena de Genève. L’événement a rassemblé l’ensemble des membres de la Fédération des entreprises romandes Genève (FER Genève), mais également des représentants du monde politique, économique et médiatique romands. Les orateurs ont rappelé les enjeux économiques pour les entreprises romandes dans un contexte de tensions internationales, de guerre commerciale entre les USA et la Chine, de danger d’un Brexit sans solution, de conflits sociaux en Russie et Hong-Kong ou encore des catastrophes écologiques, notamment en Amazonie.

«Dans le jeu des oppositions entre les grandes puissances, seul le multilatéralisme apporte aux petits et moyens pays la garantie de l’équité et de l’équilibre», affirme le directeur général de la FER Blaise Matthey. «Avec le nationalisme et le populisme contemporains, les équilibres politiques, économiques et sociaux sont en danger». Dans ce contexte, «la Suisse voit ressurgir le spectre d’un franc qui pourrait à nouveau atteindre des records historiques mettant en danger son industrie d’exportation ainsi que le commerce de proximité», constate quant à lui Ivan Slatkine, président de la FER Genève.

Soutien à l'accord-cadre avec l'UE

Blaise Matthey rappelle également que les membres de la FER, consultés récemment lors d'un sondage mené en interne, soutiennent très largement l’accord-cadre avec l’Union européenne alors que le président de la Confédération Ueli Maurer estime que le Conseil fédéral ne devrait pas signer cet accord trop rapidement. «Cet accord est certes bilatéral, mais avec une dimension multilatérale qui est l’un des éléments de la prospérité de notre pays», estime au contraire le directeur général de la FER qui ne comprend pas en quoi cet accord serait concrètement si néfaste pour la Suisse: «Il est politiquement, socialement, économiquement et juridiquement équilibré».

Blaise Matthey souligne aussi l’enjeu de la future initiative intitulée «Pour un pilotage démocratique de l’aéroport». «Cette initiative est trompeuse, ne vous laissez pas leurrer par ce texte. A vous de le rejeter», assène le directeur de la FER. L’aéroport de Genève constituant un atout clé de la dimension internationale et diplomatique du canton selon lui. Il insiste aussi sur l’enjeu du contre-projet à l’initiative fédérale pour des entreprises responsables. «Un contre-projet indirect, avec des objectifs de transparence clairs et raisonnables et sous condition de retrait de l’initiative est préférable. La Suisse n’a pas à juger unilatéralement la moralité des échanges commerciaux du reste du monde».

Les enjeux de mobilité

Ivan Slatkine se réjouit quant à lui du vote positif sur la réforme de l’imposition des entreprises RFFA en mai dernier, permettant de garantir des conditions cadre favorables à la prospérité du pays ainsi qu’un  soulagement pour la santé financière de l’AVS. L’éditeur s’étonne cependant du choix de la population genevoise quant à la réforme de la caisse de retraite de la fonction publique: «La fonction publique ne peut pas prétendre à des prestations qu’elle ne peut pas financer en comptant uniquement sur les contribuables genevois».

Le conseiller d’Etat en charge du département des infrastructures Serge Dal Busco s’est exprimé quant à lui sur les enjeux de la mobilité dans le canton de Genève et notamment sur la prochaine inauguration du Léman Express, véritable RER du Grand Genève, colonne vertébrale des infrastructures en matière de mobilité. Genève et sa région ayant besoin de grands projets pour se projeter dans le futur.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

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Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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