Bilan

Les opérateurs suisses restent pour l'heure fidèles à Huawei

Huawei est depuis plusieurs mois dans le viseur de l'administration Trump: Washington estime que le géant des télécoms menace sa sécurité nationale en raison de ses liens étroits avec le gouvernement chinois, des accusations que le groupe rejette.

Dans moins de 90 jours, Huawei ne pourra plus disposer du système Android de Google, lequel équipe l'immense majorité des téléphones dans le monde.

Crédits: AFP

Alors que les déboires commerciaux s'accumulent pour Huawei après la décision de Washington de placer le géant chinois sur une liste noire, les opérateurs suisses n'entendent pas rompre avec le fabricant de smartphones et d'équipements de télécommunications. Les portables Huawei continuent pour l'heure de figurer au catalogue des trois principaux acteurs de marché helvétique.

Swisscom, Sunrise et Salt

En contact avec Huawei, Swisscom veut tout d'abord éclaircir la situation avec son fournisseur et les implications de la décision de Washington, explique Christian Neuhaus, le porte-parole du numéro un helvétique des télécommunications. Pour ses équipements de réseau, le géant bleu collabore avec le suédois Ericsson.

Sunrise, qui a pour sa part choisi Huawei pour la mise en oeuvre de son réseau 5G, entend aussi poursuivre sa collaboration avec le groupe chinois. A l'image de Swisscom, son dauphin entend "suivre attentivement l'évolution de la situation de Huawei", a indiqué une porte-parole de l'opérateur établi à Zurich.

Même son de cloche du côté de Lausanne chez le numéro trois du marché helvétique, Salt: "à la lumière des informations disponibles, nous n'allons pas adapter notre assortiment dans l'immédiat", explique à AWP un porte-parole.

Délai de 90 jours

Pour mémoire, le président Donald Trump a décidé la semaine dernière de bannir les exportations de produits technologiques américains vers certaines entreprises jugées "à risque", franchissant une nouvelle étape dans l'offensive tous azimuts engagée contre la Chine, dans un contexte de guerre commerciale et de rivalité technologique. Face aux inquiétudes du secteur aux Etats-Unis, Washington a ensuite accordé un délai de trois mois avant l'entrée en vigueur de la mesure.

Huawei est depuis plusieurs mois dans le viseur de l'administration Trump: Washington estime que le géant des télécoms menace sa sécurité nationale en raison de ses liens étroits avec le gouvernement chinois, des accusations que le groupe rejette. Dans moins de 90 jours, Huawei ne pourra plus disposer du système Android de Google, lequel équipe l'immense majorité des téléphones dans le monde.

Les smartphones Huawei actuellement en vente ne bénéficieront plus des mises à jour d'Android ainsi que des autres applications maison du géant californien. Le géant chinois ne pourra alors qu'utiliser la base libre de droits d'Android. Un système d'exploitation open source qu'Huawei utilise déjà en Chine, Google n'étant pas actif dans l'Empire du Milieu. Huawei a ainsi développé ses propres apps pour son marché local.

Sans Android

Mais sans Android, Huawei risque de peiner à convaincre les consommateurs occidentaux en particulier d'acheter ses appareils, dépourvus des applications Gmail (courriel), Maps (cartographie), Chrome (navigateur internet), YouTube (plateforme de vidéos) ainsi que des services de musique et de films Google Play Store, notamment.

Plusieurs Etats, notamment l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ont en outre exclu Huawei du déploiement de la 5G, mettant parfois en cause, à l'image des Etats-Unis, des failles sécuritaires voire des soupçons d'espionnage, ce que le groupe dément catégoriquement. Il y a quelques semaines, Sunrise avait affirmé ne pas avoir constaté d'irrégularité dans les appareils ou les logiciels de Huawei.

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