Bilan

Les fabricants suisses maîtres des sports de neige

Les Suisses sont aussi bons dans les compétitions que dans la fabrication des équipements hivernaux. Plusieurs entreprises brillent à l'international pour leurs peaux de phoque, leurs skis, snows ou encore airbags.

Certains des groupes les plus imposants délèguent une partie de leur produit à des Suisses.

Crédits: DR

Des peaux de phoque aux skis en passant par les airbags : la Suisse est qualifiée en matière d’équipement de sport d’hiver. Les différents pôles d’innovation ont permis à plusieurs entreprises de fleurir. Parmi les plus en vue, il y a Nidecker, le fabricant de snowboard vaudois. Autre maison connue : Movement et Faction, qui trouvent tous deux leurs racines en Suisse et se focalisent largement sur le freeride et le freestyle. Entre les grands groupes qui concurrencent les géants du marché et les startups, il y a les petites entreprises qui dominent les niches. Parmi elles, les Neuchâtelois d’Alpride, actifs dans les airbags, ou encore les Vaudois de Pomoca, spécialisés dans les peaux de phoque.

«Nous fabriquons des peaux de phoque pour Salomon ou encore K2» affirme Josep Castellet, directeur de Pomoca. La particularité de son domaine est qu’il existe très peu de fabricants. «Nous sommes neuf au monde » ajoute-t-il. Pomoca est basé à Denges et existe depuis 85 ans. L’entreprise vaudoise domine actuellement le marché. Elle a connu les différentes étapes de fabrication des peaux et a su évoluer avec.

De son côté, Marc-Antoine Schaer dirige Alpride depuis presque 10 ans. Ses airbags se retrouvent dans différents sacs à dos, et notamment dans ceux de marques connues mondialement. «Il s’agit de notre plus grands part de marché » explique le Neuchâtelois avant d’expliquer : « C’est si pointu et cher à développer que plusieurs clients préfèrent nous passer commande ». Alpride a révolutionné les airbags en présentant un modèle électronique. La quasi-totalité des modèles fonctionnaient jusqu’alors avec des cartouches sous pression. L’avantage? «Il suffit de recharger le système avec une prise USB ou les piles AA, pas besoin de changer la cartouche sous pression.

Encourager le bon sens

«Un airbag à avalanche ne sauve pas de tout» avertit directement Marc-Antoine Schaer. Il se montre prudent lorsqu’il doit promouvoir son produit. Si l’airbag augmente réellement la sécurité, comme l’a montré une étude réalisée en 2014 par l’institut pour l'étude de la neige et des avalanches de Davos, il fait partie d’un tout. «Il faut toujours se former, lire les bulletins d’enneigement, connaître les techniques de montagnes» rappelle le directeur d’Alpride.

Made in Switzerland

Là où la Suisse est particulièrement intéressante est dans sa double force. Autant Pomoca qu’Alpride saluent la promotion de l’innovation. «C’est quelque chose qu’on ne va jamais sous-traiter» promet Marc-Antoine Schaer. «La Suisse est douée pour combiner les connaissances» ajoute Josep Castellet. Alpride est obligé d’assembler ses tissus au Vietnam, pour proposer un prix abordable. «Au final, c’est une question de compromis et de choix » admet son directeur, qui précise qu’une bonne partie du produit est fabriquée dans le canton du Jura.

Pomoca insiste de son côté sur l’importance des prototypes. «Il n’y a pas beaucoup d’études de tribologie [NDR : la science des frottements]» sourit Josep Castellet, qui prône les études empiriques. En d’autres termes: les prototypes sont testés dans la neige helvétiques, ce qui permet de directement se rendre compte des sensations de glisse. Et pour fabriquer cette matière bien particulière, l’entreprise vaudoise a mis au point ses propres machines.

Dépendance à l’or blanc

«Des fois, notre chiffre d’affaire diminue de 20% par rapport à l’an précédent, puis il augmente de 40% l’an d’après» raconte Josep Castellet. La dépendance à l’état d’enneigement est réelle. «On est comme tous les équipementiers » relativise Marc-Antoine Schaer. Les stocks se pensent avec une année d’avance, de manière à fabriquer tous les produits. «En septembre 2018, j’ai pris les commandes pour l’hiver 2019/2020» résume le directeur d’Alpride. Sans indication sur la météo, l’exercice se révèle particulièrement difficile. «S’il y a du stock en trop, les magasins ne recommanderont pas autant l’an d’après» glisse le patron de Pomoca.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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