Bilan

Les écoles hôtelières ont la tête dans les étoiles

Des étudiants de Glion et des Roches suivront dès la rentrée 2020 une formation au sein de l’Ecole Ducasse à Paris, écho aux alliances entre l’EHL et Joël Robuchon ou encore Swiss Education Group et Anton Mosimann.

L’Ecole Ducasse accueillera les élèves de Glion et des Roches durant deux semaines.

Crédits: Pierre Monetta

Mardi 3 mars, le chef français Alain Ducasse – à la tête d’une vingtaine de restaurants et 18 étoiles au guide Michelin – n’est pas seulement venu à Glion pour apprécier la cuisine raffinée du restaurant de l’école hôtelière, trois toques et 16/20 au Gault&Millau. Alliées au sein de Sommet Education depuis juin 2019, Glion, Les Roches et l’Ecole Ducasse ont détaillé les premières synergies entre les entités. Les bachelors en management de l’hospitalité des deux écoles hôtelières de Glion et des Roches – troisièmes mondiales de leur branche au classement de référence QS publié récemment – iront suivre deux semaines de formation au sein des laboratoires de l’Ecole Ducasse. Une immersion qui inclura la rencontre de producteurs et professionnels de la haute gastronomie. Cette nouveauté «nous rapproche de notre ADN hôtelier», a estimé Benoit-Etienne Domenget, CEO de Sommet Education.

Ce n’est pas la première fois qu’une institution académique romande s’associe à un grand chef. Le partenariat initié entre l’Ecole hôtelière de Lausanne et Joël Robuchon avait donné lieu à une série de conférences à Lausanne et le parrainage d’une volée du certificat «Culinary and restaurant management» créé il y a quatre ans. Depuis le décès du grand chef français, Philippe Gobet – un proche et l’un des 5 meilleurs ouvriers de France actifs au sein de l’école – est devenu «ambassadeur de l’excellence».

Du côté du Bouveret, Anton Mosimann – des années doublement étoilé et chef attitré de cinq premiers ministres britanniques – intervient régulièrement et met à disposition des ouvrages de sa collection privée auprès de l’académie culinaire du Cesar Ritz, qui fait partie du Swiss Education Group au même titre que plusieurs écoles hôtelières dont SHMS (Caux et Leysin) ou encore HIM à Montreux.

«Un gage de crédibilité»

Florent Rondez, CEO de Swiss Education Group, met en avant un clair bénéfice en termes d’image: «Travailler avec des cuisiniers renommés permet de développer le branding à l’international. Quand un grand chef accepte de prêter son nom, c’est un gage important de crédibilité et de reconnaissance pour une formation.»

Si la recherche de «l’excellence» est unanimement mise en avant, les objectifs pédagogiques en revanche varient. Alain Ducasse vise «une compréhension globale des enjeux et métiers de la gastronomie» pour les futurs managers (lire l’interview ci-contre). L’EHL se différencie de Sommet Education et Swiss Education par la volonté de préserver sa marque sans jouer la carte du cobranding , comme le détaille Shérif Mamdouh, directeur de la communication: «Ce qui est important à soulever est que l’EHL restera toujours l’EHL. Nous ne sommes pas dans une optique de croissance par acquisition et travaillons pour que ces «stars» croisent le chemin de nos élèves. Plus que le vœu de se rapprocher de la pratique des arts culinaires ou de profiter du prestige d’une autre marque, ce que nos étudiants en retirent sont des leçons de vie inspirantes, des conseils pratiques sur le management, l’opportunité d’échanger avec de grands leaders au parcours exceptionnel.»

Des stars de la gastronomie

Pour Swiss Education Group, qui propose depuis plusieurs années un bachelor of arts in hospitality business management et un master en arts culinaire au sein du Cesar Ritz, l’inspiration procurée par les grands noms de la gastronomie revêt une importance particulière, selon Florent Rondez: «Il est clair qu’il y a un trend de la haute gastronomie qui se voit au travers des émissions culinaires et de chefs très médiatisés, dans des métiers auparavant peu glamour. En montrant de telles success stories, les élèves peuvent s’identifier et se dire qu’aujourd’hui on peut devenir une star dans le domaine.»

Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

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Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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