Bilan

Les dirigeants de Credit Suisse passent entre les gouttes

Les actionnaires de Credit Suisse ont approuvé le dividende de 0,10 franc par action, avec 92,3% des voix.

Les actionnaires de Credit Suisse ont approuvé le dividende de 0,10 franc par action, avec 92,3% des voix.

Crédits: Keystone

L'assemblée générale de Credit Suisse s'est déroulée sans accroc vendredi, en dépit des déboires liés aux fonds spéculatifs Archegos et Greensill. Le nouveau président António Horta-Osório a été adoubé par les actionnaires, qui ont aussi élu les autres candidats au conseil d'administration.

Les actionnaires de Credit Suisse ont approuvé le dividende de 0,10 franc par action, avec 92,3% des voix. Il avait initialement été proposé à 0,2926 franc, puis amoindri en raison des pertes en milliards causées par l'affaire Archegos.

Le président Urs Rohner, siégeant depuis 2011, a cédé la place à son successeur, le Portugais António Horta-Osório, élu avec 96,4% des voix. Les autres candidats ont obtenu entre 73 et 91% des suffrages. Le vice-président Severin Schwan, patron de Roche, a obtenu presque 84% des voix. Le fonds souverain norvégien réclamait sa révocation. Andreas Gottschling, président de la commission des risques au sein de l'organe de surveillance, a retiré sa candidature en amont de l'assemblée.

La grande banque avait préparé le terrain en retirant de l'ordre du jour la décharge au conseil et à la direction. Les bonus attribués à la direction ont également été biffés. Les rémunérations du conseil ont été validées à 82,4% et les salaires de la direction à 90,55%, malgré les oppositions des associations de conseil aux actionnaires Ethos et Actares.

Période difficile à venir

Dans son discours, le nouveau président du conseil d'administration, António Horta-Osório, a assuré que le numéro deux bancaire helvétique allait aux devants d'une "période difficile" et que des "discussions dures" auront lieu. La gestion des risques fait partie de ses priorités. "Les risques actuels et potentiels de Credit Suisse doivent faire l'objet d'un examen immédiat et attentif", a-t-il expliqué.

La débâcle d'Archegos a valu à Credit Suisse d'inscrire un débours de 4,4 milliards de dollars au premier trimestre et de tabler sur 600 millions supplémentaires au deuxième. Elle a aussi essuyé, sur les trois premiers mois de l'année, une perte avant impôts de 757 millions de francs. Par ailleurs, le groupe avance dans la liquidation des quatre fonds de financement de la chaîne d'approvisionnement (Supply Chain) de Greensill, qui disposaient de 10 milliards de dollars d'actifs.

Celui qui a dirigé la banque britannique Lloyds a assuré que le directeur général (CEO) de Credit Suisse, Thomas Gottstein, avait la confiance du conseil d'administration.

M. Gottstein a de son côté déclaré que la banque aux deux voiles entendait tirer les "bonnes conclusions" des récents évènements. Ces derniers ont causé une grande incertitude parmi les employés, les clients et les actionnaires et ont considérablement affaibli le cours de l'action, a admis le CEO.

Dans son discours, le président sortant Urs Rohner est quant à lui passé comme un chat sur la braise sur les récents évènements, se contentant de rappeler que les "incidents dramatiques actuels" seraient traités par le patron du groupe, et qu'il était "déçu et en colère", à l'image des collaborateurs, des clients et des actionnaires. M. Rohner n'a pas fourni plus de détails sur son départ de la banque.

Vers 16h15, Credit Suisse perdait 0,7% à 9,586 francs, dans un SMI en gain de 0,15%.

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