Bilan

«Les crédits méritent un dépoussiérage»

Avec l’arrivée de la famille Frey comme actionnaire majoritaire, Lendora, plateforme vaudoise de crédit entre particuliers, part à la conquête du marché du crédit à la consommation.

Céline Frey et Simon Pelletier envisagent de futures synergies entre Lendora et Firstcaution.

Crédits: Darrin Vanselow

Estimé à 11 milliards de francs par année – dont 7 milliards pour les leasings –, le marché du crédit à la consommation connaît un boom en Suisse. En effet, les mentalités et la manière de consommer ont changé, avec des acheteurs qui voient le recours au prêt comme une optimisation de leur trésorerie. Selon une étude de Moneyland.ch, 85% des Suisses ont au moins une fois contracté un emprunt – hypothèque, leasing ou autre forme de financement – dans leur vie. C’est sur ce marché que Simon Pelletier et ses associés se sont lancés en 2017 avec Lendora, première plateforme de crédit entre particuliers de Suisse romande.

Aujourd’hui, Lendora, qui rassemble emprunteurs et investisseurs privés directement en ligne, accueille un nouvel actionnaire de poids: Jean-Jacques Frey, dont la holding familiale La compagnie du Mont-Cervin est administrée par sa fille Céline. Cette dernière est également à la tête de Firstcaution, compagnie d’assurances spécialisée dans la garantie de loyer sans dépôt bancaire, acquise en 2015. D’origine bâloise, le patriarche, âgé de 73 ans, a bâti un petit empire dans l’immobilier commercial et dans le vin, qui compte de prestigieux domaines viticoles en France (Château La Lagune, Paul Jaboulet Aîné, Château Corton C, Champagnes Billecart- Salmon) dirigés par son aînée, l’œnologue Caroline Frey.

«La participation dans Lendora affirme la volonté de notre famille de renforcer sa présence dans les services financiers numériques», explique Céline Frey. La holding familiale, très sollicitée, n’entend cependant pas se diversifier davantage. «Nous préférons renforcer les sociétés dans lesquelles nous sommes déjà présents au capital», explique la Nyonnaise. «Entre Lendora et Firstcaution, nous envisageons de nombreuses synergies à moyen terme, ajoute le femme d’affaires. Nous partageons les mêmes valeurs et la même volonté de simplifier l’accès aux services financiers, en alliant digitalisation et personnalisation.» Simon Pelletier, CEO de Lendora, précise: «Plus que des investisseurs, c’est une vraie rencontre entrepreneuriale qui se matérialise avec l’entrée de Céline et Jean-Jacques au capital de notre société.»

Rendement net moyen de 5%

Depuis son acquisition, Firscaution connaît une croissance de 25 à 30% par an et compte aujourd’hui 60 000 clients et 300 millions de francs d’engagement. Quant à Lendora, depuis 2017, 120 millions de francs de demandes de crédit ont été formulées sur sa plateforme; mais la sélection reste drastique, puisque moins de 2% de celles-ci ont été publiées. La moyenne d’un prêt est de 30 000 francs pour une durée de cinq ans. La startup offre un rendement net moyen de 5% aux investisseurs et un taux d’environ 30% plus bas que ceux du marché aux emprunteurs.

«Nous proposons surtout à nos investisseurs une classe d’actifs inédite aux rendements intéressants à l’heure des taux zéro», souligne Simon Pelletier. Lendora propose, en partenariat avec Swissquote, un système de portefeuille virtuel qui rend l’investissement très facile. «Pose de panneaux solaires sur une villa, achat de voiture ou rachat de crédit... Le choix est large, explique l’entrepreneur. A terme, nous proposerons différents paniers thématiques à forte valeur ajoutée, comme l’écologie et la formation afin de donner du sens à l’investissement. (...) Nous souhaitons également élargir notre offre vers le crédit aux entreprises et aux indépendants, dont le marché représente 300 milliards par an en Suisse selon le Seco (Secrétariat d’Etat à l’économie , ndlr). Banques et acteurs classiques ne remplissent plus leur rôle. Ce que nous proposons, c’est une situation gagnant-gagnant dans une industrie qui mérite un vrai dépoussiérage», conclut Simon Pelletier.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

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Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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