Bilan

Les cours en ligne explosent avec le coronavirus

Alors que l’épidémie se propage, les écoles, gymnases, universités, écoles polytechniques fédérales, hautes écoles spécialisées réfléchissent à des solutions d’enseignement à distance.

Une solution idéale lorsque étudiants et enseignants n’ont pas la possibilité de se retrouver.

Crédits: Aluxum/Getty images

En Suisse, le coronavirus a accéléré la numérisation de l’enseignement. Parmi les premiers à réagir, la direction de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne a décidé, dès le 10 mars, que tous les cours de 150 personnes et plus – usuellement dispensés dans les grands auditoires - seraient donnés en ligne. Dorénavant, les professeurs enregistrent leurs cours. Ceux-ci sont ensuite disponibles en léger différé le jour où le cours devait normalement avoir lieu. Un forum permet aux étudiants de poser leurs questions. Ce sont 71 matières qui sont désormais proposées en ligne, impactant 5118 étudiants, principalement des étudiants de bachelor.

Trois jours plus tard, tout le monde suivait en annonçant la fermeture des établissements scolaires. Pourtant, le jour même de cette annonce, deux enseignants vaudois de 5P et de 9P ont tenu dans les médias des propos surprenants: «Si l’école ferme, on fera la sieste», a rigolé la première. «S’il n’y a pas d’école, il n’y a pas d’enseignement prévu à distance», a noté le deuxième.

Voilà le triste constat des cours en ligne dans les classes romandes: les enseignants, souvent réfractaires à ce type d’enseignement à distance, ne sont pas du tout préparés à un tel bouleversement.

Idem pour les parents. Il leur manque notamment des moyens informatiques. «Nous n’avons qu’un ordinateur familial. Nous ne savons pas comment nous allons le répartir entre nos trois enfants», s’inquiète une mère de famille.

Comment assurer le bon fonctionnement des enseignements et des apprentissages dans une telle situation de crise? Les institutions de l’enseignement supérieur, universités, écoles polytechniques fédérales, hautes écoles spécialisées réfléchissent à des solutions.

«La mise en ligne des cours devient urgente et le Covid-19 est une opportunité pour faire ce pas, estime Ariane Dumont, conseillère pédagogique et professeure d’anglais à la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion (HEIG-VD) d’Yverdon-les-Bains. Aujourd’hui, les enseignants proposent cette option, mais uniquement au cas par cas. Désormais, c’est une réflexion globale qui a lieu pour passer à des cours en ligne. Mais enseigner à distance est très différent. On ne peut basculer d’un mode à l’autre du jour au lendemain. La planification de ce type de dispositif est essentielle.»

Elle-même utilise la plateforme Perusall, sorte de classe virtuelle. Elle suit le travail des étudiants à distance, analyse les inter-actions qu’ils entretiennent en ligne les uns avec les autres. «A la HES-SO, 25 000 étudiants utilisent la plateforme Cyberlearn qui permet un accès en ligne à différents supports, poursuit Ariane Dumont. Enseigner à distance s’impose comme une solution idéale lorsque enseignants et étudiants n’ont pas la possibilité de se retrouver en présentiel.»

L’UniGE passera par Coursera

L’Université de Genève s’interrogeait aussi mi-mars sur la possibilité d’augmenter ses cours en ligne. «Nous proposons déjà 36 cours sur une plateforme, essentiellement pour le grand public. Les cours à distance en lien avec la gestion de portefeuille ou les droits de l’homme connaissent le plus de succès», constate Christelle Bozelle Giroud, responsable des Mooc à l’Université de Genève.

L’Université de Genève annonçait vouloir rediriger ses étudiants vers la plateforme Coursera, qui propose 3200 cours et 310 formations spécialisées en ligne assurés par des universités et de grandes écoles internationales: Universités Columbia, Johns-Hopkins, Stanford ou HEC Paris. «Ces cours pourraient être proposés gratuitement aux étudiants», ajoute Christelle Bozelle Giroud.

L’Université de Neuchâtel (UniNE) agit elle aussi à son niveau contre la propagation du Covid-19. Depuis le 9 mars, elle enregistre tous les cours donnés dans l’une des 22 salles équipées du système UbiCast. Les images sont ensuite diffusées sur une plateforme d’apprentissage en ligne dont bénéficient les étudiants.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

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