Bilan

Le Viagra sera ouvert aux génériques à la fin juin

Le citrate de sildénafil? Vous le connaissez sûrement sous son appellation commerciale de Viagra. La petite pilule bleue va bientôt perdre son brevet; mais il faudra encore attendre pour les génériques.
C'est une petite pilule bleue à la forme de losange qui a nourri bien des phantasmes, ainsi que le tiroir-caisse de Pfizer, la société américaine qui l'a breveté en 1996 avant de le commercialiser avec le succès que l'on sait. Pourtant, l'entreprise new-yorkaise s'apprête à tourner la page, car son produit phare perd son brevet le 22 juin, pour le plus grand bonheur des génériques.

Viagra, c'est donc l'histoire d'un succès démentiel, qui a en a fait une des pilules les plus connues dans le monde aux côtés de l'aspirine. Un produit, goulûment copié, qui a aussi propulsé le nom de Pfizer au firmament des marques les plus célèbres à coup de gigantesques campagnes de marketing. Le Viagra a ouvert un nouveau marché au point d'en devenir l'appellation de référence et le symbole.

Son lancement fait l'effet d'une bombe outre-Atlantique. Qui se rappelle qu'à la fin des années 90, les gens se pressaient par milliers dans les cabinets médicaux aux Etats-Unis pour se faire prescrire la petite pilule bleue? Même si d'autres produits ont vu le jour depuis, aucun n'a pour le moment réussi à rivaliser en termes de célébrité, au point que le nom de Viagra est entré dans le vocabulaire de tous les jours.

Des marchés inondés de génériques de Viagra?

Bien entendu, Pfizer ne perdra pas tout du jour au lendemain et le groupe va continuer à bénéficier de la notoriété de son traitement pendant quelques années mais la concurrence des génériques va commencer à poindre, même si rien d'officiel n'est encore prévu. La plupart des grands groupes de la pharma ont désormais leur branche générique, comme Novartis avec Sandoz.

Ainsi que le rappelle Michael Nawrath, analyste pharma à la Banque cantonale de Zurich (BCZ), le spécialiste des génériques qui, le premier, dépose sa requête dispose d'une exclusivité de 180 jours, afin de stimuler l'intérêt des rivaux. «Au terme de cette période, les autres fabricants peuvent commercialiser leurs produits», explique l'analyste dans une interview auTages Anzeiger.

Des prix qui chutent massivement

Ce n'est pas la composition qui posera un problème, car Pfizer doit dévoiler la recette de son produit et les coûts de développement seront donc réduits au minimum. Michael Nawrath estime qu'il suffira de deux à quatre millions de francs, sans compter les coûts de commercialisation. Dans tous les cas, les prix chutent de 70 à 80%, sauf pendant les 180 jours d'exclusivité où les tarifs baissent de moitié en général.

Le marché devrait ainsi connaître une nouvelle phase de croissance. Le Viagra, qui n'était pas remboursé par les caisses maladies, coûtait environ 100 francs la boîte de quatre tablettes, et ce prix pourrait donc se réduire à 30 francs, voire plus bas encore.

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